Municipales à Marseille : Michèle Rubirola élue maire, la ville bascule à gauche

Publié le par Sud Ouest avec AFP

Michèle Rubirola, arrivée en tête aux élections de dimanche, vient d’être élue à Marseille. La sénatrice Samia Ghali a décidé de retirer sa candidature et d’apporter son soutien à la candidate de gauche.

 Michèle Rubirola, candiate pour le Printemps marseillais, était arrivée en tête lors des élections de dimanche dernier. Crédit photo : Maxppp

Michèle Rubirola, candiate pour le Printemps marseillais, était arrivée en tête lors des élections de dimanche dernier. Crédit photo : Maxppp

À Marseille, le suspense prend fin. Michèle Rubirola vient d’être élue pour succéder à Jean-Claude Gaudin et fait ainsi basculer la ville à gauche.

Après une semaine folle, le conseil municipal de Marseille devait élire samedi un nouveau maire. L’ambiance était tendue marquée par des tractations âpres autour de la sénatrice ex-PS Samia Ghali, qui a finalement décidé de retirer sa candidature, et le départ théâtral des élus RN dès les premières minutes de la séance. 

"Les magouilleurs"

Dimanche dernier, Michèle Rubirola était élue, mais n’obtenait le soutien que de 42 élus sur les 101 qui composent le conseil municipal. Nécessitant donc un second tour entre les élus. Derrière elle, Guy Teissier, candidat LR a obtenu 41 voix. Enfin, le troisième personnage de cette saga est Samia Ghali et les huit élus qui la soutiennent. La sénatrice tenait un rôle clé car elle tardait à donner ses indications de vote. Ce samedi en début d’après-midi, elle a décidé de retirer sa candidature pour soutenir Michèle Rubirola.

En fin de matinée, après une suspension de séance demandée par les candidates du Printemps marseillais et de Marseille avant tout, les deux femmes avaient entamé des discussions. Ce qui n’était pas pour plaire au leader RN, Stéphane Ravier qui pointe du doigt "les magouilleurs, les marchands de tapis et ceux qui confisquent la démocratie". Une allusion à peine voilée aux tractations autour du camp Ghali, la sénatrice n’ayant cessé de faire monter les enchères pour son soutien lors des dernières 24 heures. Avant de dénoncer : "La ville de Marseille est prise en otage par une élue qui ne représente que 2,89 % des Marseillais". Un autre candidat potentiel s’était retiré juste avant le vote : Lionel Royer-Perreaut, maire LR des 9e et 10e arrondissements de la ville, a levé au dernier moment sa menace de se présenter, expliquant avoir reçu la garantie de Guy Teissier qu’il n’accepterait aucune voix du RN.

"On a gagné, on veut les clés !"

Pour le deuxième tour de vote, puis le troisième, qui lui se déroulera à la majorité relative, c’est donc Samia Ghali qui détenait les clefs du bureau de maire avec sa vue imprenable sur le Vieux Port et la "Bonne Mère", Notre Dame de la Garde. Après avoir demandé au Printemps Marseillais le poste de première adjointe, elle avait annoncé dans la nuit sa volonté de reprendre sa totale liberté de vote, afin de "faire le meilleur choix pour les quartiers populaires". Une décision motivée par le "refus incompréhensible" du Printemps, et les "oukases" de Michèle Rubirola et Benoît Payan, son bras droit socialiste, qui ont expliqué ne pas vouloir céder au "chantage" de la sénatrice.

Malgré ses 38,3% des suffrages au second tour dimanche, loin devant les listes LR (30,8%), Michèle Rubirola, 63 ans, médecin dans des quartiers populaires et écologistes de la première heure, est donc encore loin d’être assurée d’être la première femme à la tête de la deuxième ville de France. 

Publié dans Articles de Presse

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