Municipales à Marseille. Michèle Rubirola est élue maire, la ville bascule à gauche

Publié le par Ouest-France avec AFP

Après une journée folle à Marseille, le conseil municipal a élu Michèle Rubirola maire de la cité phocéenne, ce samedi 4 juillet, dans une ambiance tendue, marquée par des tractations âpres autour de la sénatrice ex-PS Samia Ghali, et le départ théâtral des élus RN dès les premières minutes de la séance. Elle est la première femme maire de Marseille.

Michele Rubirola, le 4 juillet 2020. | SEBASTIEN NOGIER / EPA / MAXPPP

Michele Rubirola, le 4 juillet 2020. | SEBASTIEN NOGIER / EPA / MAXPPP

Après un conseil municipal hors du commun, Michèle Rubirola, tête de liste de l’union de la gauche Printemps marseillais, a été élue maire de Marseille ce samedi 4 juillet avec 51 voix. Son opposant, Guy Teissier, le candidat des Républicains a recueilli 41 voix. Ce « troisième tour » s’est déroulé dans une ambiance tendue, marquée notamment par le départ du sénateur RN, Stéphane Ravier et de son équipe. Seuls 92 élus ont donc voté et la majorité absolue a été fixée à 47 voix au lieu de 51 voix. Avant le deuxième tour de vote, la sénatrice Samia Ghali a fini par retirer sa candidature, laissant ses voix au profit du Printemps marseillais.

« Je suis soulagée de voir que la volonté du peuple de Marseille a été respectée »

Médecin, élue écologiste, Michèle Rubirola, 63 ans, est devenue samedi la première femme maire de Marseille, faisant basculer à gauche la ville tenue depuis 25 ans par le LR Jean-Claude Gaudin, après une saga électorale à rebondissements.

« Je suis soulagée de voir que la volonté du peuple de Marseille a été respectée », a déclaré Michèle Rubirola, la voix empreinte d’émotion juste après son élection.

Le Printemps marseillais, union longtemps jugée improbable des forces de gauche dans la deuxième ville de France, était arrivé largement en tête au second tour avec 38 % de suffrages, le camp des Républicains, emmené par Martine Vassal ne décrochant que 30 %.

Mais en raison du système électoral à Paris, Lyon et Marseille, où l’élection du maire se joue par secteur, Michèle Rubirola n’était pas assurée de prendre la tête de la ville.

Elle a promis de « réduire la fracture territoriale », dans une ville divisée entre quartiers très paupérisés et riches. « Ce projet, c’est celui d’une ville plus verte, plus juste et plus démocratique », a-t-elle lancé.

La sénatrice ex-PS Samia Ghali se dit fière de « ne pas avoir rendu Marseille triste »

« À tous ceux qui ne sont pas allés voter, je veux leur dire qu’on agira toujours dans l’intérêt général, quelles que soient nos différences », a insisté Michèle Rubirola alors que l’abstention a culminé à près de 65 % lors du second tour, le 28 juin.

Elle s’est aussi adressée aux « enfants d’immigrés de plusieurs générations : vous êtes chez vous ».

La sénatrice ex-PS samia Ghali, dont les neuf voix, qui étaient loin d’être acquises au début du conseil municipal, ont permis à Michèle Rubirola d’être élue, s’est quant à elle dite « fière de ne pas avoir divisé Marseille » et de « ne pas avoir rendu Marseille triste ».

Un conseil municipal aux multiples rebondissements

Ce conseil municipal a été marqué par de nombreux rebondissements. Peu de temps avant le début de la séance du conseil municipal, le deuxième candidat Les Républicains, Lionel Royer-Perreaut a annoncé qu’il ne briguerait finalement pas le poste d’édile. Il y a deux jours, il avait créé la surprise et fait voler en éclat l’unité de la droite en annonçant qu’il se présentait, ne pouvant accepter des arrangements en cours selon lui entre Guy Teissier et le Rassemblement national.

Quelques minutes après l’ouverture de la séance, c’est au tour du sénateur du Rassemblement national Stéphane Ravier d’annoncer son départ. Le candidat a déclaré que lui et ses colistiers ne participeraient pas au vote et ne présenteraient pas de candidat. Selon nos confrères du journal La Provence , les neuf élus RN ont quitté la séance avant le premier tour de vote. L’équipe a suivi le vote depuis l’espace Villeneuve-Bargemon sur un écran. La séance a été suspendue pendant une dizaine de minutes.

La séance suspendue plus de trois heures

Lors du premier tour de vote, personne n’a réussi à obtenir la majorité absolue des suffrages. Juste avant de lancer le deuxième tour, Benoît Payan et Samia Ghali ont réclamé une nouvelle interruption de séance. Celle-ci a été accordée par la présidente, Marguerite Pasquini. La suspension a duré plus de trois heures.

Publié dans Articles de Presse

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