Voici tout juste 80 ans, Churchill, de Gaulle et Pétain se réunissaient dans un château proche de Briare

Publié le par La République du Centre par Philippe Renaud

Connue sous le nom de Conférence de Briare, cette réunion s’est déroulée voici quatre-vingts ans, jour pour jour. Elle a marqué une fracture profonde entre les alliés français et britanniques, face à l’offensive allemande. 

 Le château du Muguet, à Breteau, a accueilli des sommités, les 11 et 12 juin 1940. BOUGOT Thierry

Le château du Muguet, à Breteau, a accueilli des sommités, les 11 et 12 juin 1940. BOUGOT Thierry

C’est un épisode de la Seconde Guerre mondiale que peu de Loirétains ont en mémoire : les 11 et 12 juin 1940 – voici tout juste quatre-vingts ans – de Gaulle, Churchill, Reynaud et Pétain se sont réunis dans l’élégant château du Muguet, à Breteau, une petite commune située à une douzaine de kilomètres de Briare.

Cette rencontre au sommet a pris le nom de Conférence de Briare. Elle a marqué une fracture décisive entre la France et le Royaume-Uni sur la stratégie à adopter face à l’ennemi d’outre-Rhin.

Un "De Havilland Flamingo" escorté de douze chasseurs Hurricane

Un an plus tôt, à l’aube du déclenchement de la guerre, Français et Britanniques ont créé le Conseil suprême interallié, aux fins de mettre au point une tactique militaire commune.

Cependant, en mai et juin 1940, l’offensive menée par la Wehrmacht inflige de lourdes pertes à l’armée française. Le 10 juin, le gouvernement se replie à Tours.

Le lendemain, le Premier ministre britannique, Winston Churchill, provoque la conférence de Briare afin de sonder les intentions de ses alliés.

Son avion, un "De Havilland Flamingo", est escorté de douze chasseurs Hurricane lorsqu’il se pose sur le petit aérodrome de Briare. À son bord, se trouvent également le ministre de la Guerre, Anthony Eden, le maréchal John Dyle, chef d’état-major de l’armée et les généraux Spears et Easley.

La réunion débute à 19 heures dans les salons du château du Muguet, qu’occupe depuis la veille le général Weygand, à la tête des armées françaises, dont le quartier général est établi sur le domaine de Vaugereau, à Briare.

L’opposition de Philippe Pétain

Côté français, ont pris place, autour de la table, le tout nouveau secrétaire d’état à la Guerre et à la défense nationale, Charles de Gaulle, le Président du Conseil – pour quelques jours encore – Paul Reynaud, le vice-président du Conseil fraîchement nommé, Philippe Pétain, et quelques généraux.

Churchill souhaite très clairement que la France poursuive la lutte contre l’offensive allemande. Il reçoit le soutien de Reynaud et de Gaulle qui envisagent de se replier en Afrique du Nord ou bien en Bretagne, afin d’installer « un réduit breton », où seraient concentrés les forces combattantes et le gouvernement de la France.

Cette stratégie se heurte cependant à l’opposition de Pétain et de Weygand qui sont favorables à la signature d’un armistice avec l’Allemagne et reprochent à Churchill de ne pas vouloir engager son aviation dans la bataille.

Le lendemain matin, 12 juin, le chef de la marine française, l’amiral François Darlan, se joint aux discussions qui ont repris. Il assure que la flotte française ne tombera jamais aux mains de l’ennemi.

Quoi qu’il en soit, la réunion ne permet pas de trouver un accord. Et l’ultime conférence organisée, le lendemain, à la préfecture de Tours, sonnera le glas du Conseil suprême interallié.De fait, dix jours plus tard, le 22 juin 1940, l’armistice est signé en forêt de Compiègne.

Une plaque à l'aérodrome

Une plaque commémorative, apposée à l’aérodrome de Briare, rappelle que, « le 11 juin 1940, Winston Churchill s’est posé à bord de son Flamingo jaune pour se rendre à Breteau au Conseil suprême franco-britannique où il rencontra le général de Gaulle ».

Publié dans Articles de Presse

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