Allemagne : Bruno Dey l'ancien gardien d'un camp nazi condamné à deux ans de prison avec sursis

Publié le par La Dépêche du Midi avec AFP

Le tribunal de Hambourg a condamné jeudi, Bruno Dey à deux ans de prison avec sursis pour complicité dans des milliers de meurtres perpétrés entre 1944 et 1945 à Stutthof en Pologne. Le procès de cet ancien garde du camp, âgé de 83 ans, est un des derniers portés sur les atrocités commises sous le IIIe Reich

L'ancien garde du camp nazi de Stutthof est arrivé en faauteil roulant et accompagné de sa famille pour le dernier jour de son procès. POOL - FABIAN BIMMER

L'ancien garde du camp nazi de Stutthof est arrivé en faauteil roulant et accompagné de sa famille pour le dernier jour de son procès. POOL - FABIAN BIMMER

Le prévenu est "reconnu coupable de complicité dans 5232 cas de meurtres et tentatives de meurtres" a déclaré la présidente du tribunal de Hambourg, Anne Meier-Göring, le jeudi 23 juillet. Bruno Dey, ancien garde du camp de Stutthof en Pologne est donc condamné à deux ans de prison avec sursis. Le nonagénaire, âgé de 17 ans au moment des faits a été jugé sur la base de la législation pour mineurs. Le parquet avait réclamé trois ans de prison et la défense un non-lieu.

Lundi, Bruno Dey avait déclaré avoir pris conscience de "toute l'ampleur de la cruauté" des actes commis sous le régime nazi. Il présentait également ses excuses "auprès de ceux qui sont passés par cet enfer de folie". En revanche, il se défendait de toute culpabilité justifiant  qu'il n'avait jamais "directement fait de mal à quelqu'un".

La tâche de l'accusé consistait à observer depuis un mirador les prisonniers et empêcher leur fuite, révolte et libération. Le tribunal d'Hambourg a lui estimé qu'il a été "un soutien de cet enfer créé par des hommes".

Le camp de Stutthof, situé à 40 km de Gdansk en Pologne, est le premier camp nazi construit hors d'Allemagne, gardé par des SS et des auxiliaires ukrainiens. Selon le mémorial de la Shoah, Yad Vashem, plus de 65 000 personnes sont mortes à Stutthof, parmi les 115 000 prisonniers passés par ce camp. Les victimes sont essentiellement des femmes juives des pays baltes et de Pologne déportée à partir de 1944. Elles ont succombé à Stutthof d'une balle dans la tête, d'un gazage au  Zyklon B ou de travaux forcés. Le procès de Bruno Dey est l'un des derniers portés sur les atrocités commises sous le III Reich.

Publié dans Articles de Presse

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