Aux États-Unis, l'incroyable découverte d'un butin de guerre volé aux Français

Publié le par Le Point

VIDÉO. À partir de 1940, à Lille, l'occupant allemand s'est emparé de dizaines de cartes finalement retrouvées, rapporte « La Voix du Nord ».

Aux États-Unis, l'incroyable découverte d'un butin de guerre volé aux Français

Elles ont aujourd'hui peu de valeur marchande, mais représentent un pan de l'Histoire de France : des cartes volées par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale à Lille ont refait surface 70 ans plus tard aux États-Unis, raconte La Voix du Nord.

Dès juillet 1940, des unités de la Wehrmacht s'emparent de fonds de cartes géologiques du nord de la France, de Belgique, ou encore d'Algérie. Des atouts potentiellement stratégiques, en plein conflit mondial, notamment pour établir des bunkers souterrains ou exploiter les richesses du sol. En avril 1942, les Allemands s'emparent même, avant de l'envoyer à Berlin, du fonds de cartes de la bibliothèque universitaire, de la Société géologique du Nord (SGN) et de l'Institut géologique de Lille.

En 2014, le professeur Philippe Taquet, de l'Académie des sciences, rapporte au directeur de la SGN l'existence d'un article paru dans une revue universitaire américaine. On y voit une photo de carte géologique portant le nom de l'organisme lillois. « Cela prend un peu de temps, mais nous décidons de conduire une mission aux États-Unis, à l'université de Reston, en Virginie, où la photo avait été prise », explique à La Voix du Nord Patrick Auguste, chercheur au CNRS.

« Leur valeur marchande est aujourd'hui relative »

Il se rend alors sur place, fin 2019, avec Laure Delrue, conservatrice à l'université de Lille. Ils doivent examiner quelque 750 000 cartes. « Et puis on tombe sur une première carte, une carte d'Algérie, avec le tampon de l'université de Lille ! » poursuit Patrick Auguste. Le duo en identifie finalement 87 provenant de Lille, et d'autres dérobées par la Wehrmacht dans toute l'Europe, ou encore en Russie.

Démarre alors une autre mission : se faire restituer les cartes. L'option d'une demande de restitution officielle est sur la table « mais pour le moment, comme nous avons de bonnes relations avec les Américains qui nous ont accueillis, ouvert les portes de leur bibliothèque, on préférerait trouver un accord à l'amiable », ajoute Patrick Auguste. D'autant plus, poursuit le chercheur, que « ces cartes ont surtout une valeur patrimoniale, historique. Leur valeur marchande est aujourd'hui relative. Les Américains le savent ». Dès lors, « maintenant que nous avons les preuves de leur provenance, un refus de leur part serait malvenu », espère le chercheur.

Publié dans Articles de Presse

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