Das Boot: bataille de l’Atlantique et guerre totale sur Starzplay

Publié le par Le Figaro par Constance Jamet

CRITIQUE - Dans la saison 2 de la série allemande événement, les convictions et les loyautés des soldats du Reich se fracturent toujours plus. Décryptage avec une de ses vedettes, le comédien francophile Stefan Konarske .

Wrangel (Stefan Konarske) a une mission délicate: poursuivre un sous-marin dont la fidélité au IIIe Reich fait doute. Stephan Rabold/Starzplay

Wrangel (Stefan Konarske) a une mission délicate: poursuivre un sous-marin dont la fidélité au IIIe Reich fait doute. Stephan Rabold/Starzplay

Téméraire de s’attaquer à un classique du film de guerre et de sous-marin. Avec sa première saison polyglotte où brillait la comédienne luxembourgeoise et révélation de Phantom Thread Vicky Krieps, la série événement allemande Das Boot nous avait bluffés l’été passé. Du huis clos cinématographique de Wolfgang Petersen, elle gardait le quotidien d’un U-Boot en mission, en pleine escalade de la bataille de l’Atlantique, et élargissait son focus sur les destins des soldats nazis stationnés dans le port de La Rochelle occupée.

Sur terre, comme sur mer, les compromis, les désillusions, les tentations, l’attentisme sont le lot de tous: des civils aux bas gradés en passant par les huiles de la Gestapo. Un officier radio se découvrait père d’une petite fille née d’une liaison avec une jeune juive ; sa sœur, secrétaire du SS en charge de la ville de Charente-Maritime, s’éprenait d’une résistante ; un commandant de sous-marin trop prudent était victime de la mutinerie de ses hommes.

Somptueux et épique

Aussi ambigu et minutieux qu’Un village français, Das Boot continue de débattre dans sa seconde saison des liens toxiques entre patriotisme et endoctrinement nazi. Somptueux et épiques, ces huit nouveaux épisodes, à découvrir sur la plateforme SVOD StarzPlay, interdisent de se reposer sur ses lauriers. Dès le premier, un des personnages clés commet un faux pas létal. D’autres sortent de l’ombre, comme le commandant de U-Boot Ulrich Wrangel. «Il m’a fallu du temps pour arriver à faire le lien entre les saisons», avoue au Figaro son interprète, le francophile Stefan Konarske (Le Jeune Karl Marx). «Observateur et mutique qui restait souvent allongé dans sa cabine, il devient central et donneur d’ordres et va aller de plus en plus loin dans son duel et sa folie», décrypte le comédien, qui garde un souvenir impressionné du tournage de cinq mois entre Munich, La Rochelle, Manchester, Liverpool, Prague et Malte. Quatre morceaux de sous-marin ont été reconstitués sur les plateaux en République tchèque. À Malte, une piscine à débordement a permis de recréer vagues et vents pour les scènes en extérieur. Wrangel a une mission délicate: poursuivre un sous-marin dont la fidélité au IIIe Reich fait doute.

Plus âpre, plus sombre, plus spectaculaire… Das Boot s’enfonce en cet hiver 1942 dans une bataille navale et une guerre totale sans merci. Sur les flots, toutes les manœuvres sont permises. À La Rochelle, la Gestapo poursuit ses traques et interrogatoires. Cette saison suit aussi des sympathisants hitlériens jouant les agitateurs à New York et troublés par les sirènes du rêve américain. D’où l’impression parfois de suivre trois séries différentes. Mais Das Boot n’oublie jamais de regarder cette Seconde Guerre mondiale à hauteur d’hommes. «Je n’ai pas voulu jouer Wrangel comme un méchant pur et simple», note Stefan Konarske . «Pour en arriver à ce degré d’aveuglement, il est forcément passé par de nombreuses étapes, rencontres et événements qui l’ont forgé pour le pire»

L’héritage du conflit est encore prégnant. «Je viens d’une famille où l’on parle peu de cette période. Ma grand-mère, très timide, n’a jamais évoqué cette période. Je me suis demandé ce qui s’était passé», relève Stefan Konarske . Et de raconter: «C’est en déménageant, en 1997, en France où j’ai passé mon baccalauréat que j’ai été confronté avec la responsabilité d’être allemand. J’étais dans un village de la Somme, avec lequel la commune où j’habitais outre-Rhin était jumelée. Ma venue a paniqué une vieille dame qui s’est enfermée chez elle et disait: ‘Je ne veux pas que les Allemands soient de retour». 

Publié dans Articles de Presse

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