La Haye: coup d'éclat de Ratko Mladic pour le dernier jour de son procès en appel

Publié le par RFI par notre correspondante à Bruxelles, Laxmi Lota

Ce 26 août avait lieu le dernier jour du procès en appel de Ratko Mladic à la Haye. L'ancien général, surnommé « le boucher de Bosnie , avait été condamné à la prison a vie en 2017 pour génocide, crime contre l'humanité et crime de guerre, pendant le conflit en Bosnie entre 1992 et 1995. Sa défense assure qu'il était très loin de Srebrenica au moment des faits. Ratko Mladic a pris la parole à la toute fin de l'audience. 

Ratko Mladic, à l'annonce du verdict de son procès au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, le 22 novembre 2017. ICTY/Handout via REUTERS

Ratko Mladic, à l'annonce du verdict de son procès au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, le 22 novembre 2017. ICTY/Handout via REUTERS

« J'aimerais dire quelque chose au nom du peuple serbe ». C'est ainsi que Ratko Mladic a débuté ses propos qui devaient durer selon l'ancien genéral , 30 minutes. Mais la cour lui a rappelé qu'il n'en avait que dix. Ratko Mladic a ensuite pointé du doigt la procureure, la désignant comme « cette femme blonde, pour l'appeler ainsi, qui, pendant deux jours, a parlé de moi en utilisant un langage de serpent, de diable ».

« Je suis un homme ordinaire »

Ratko Mladic a remis en cause le tribunal, affirmant être l'enfant des puissances de l'Ouest. L'accusé a expliqué qu'il était un soldat professionnel et qu'on ne pouvait pas le condamner. « Chère madame, a-t-il déclaré, je ne suis pas un saint, je suis un homme ordinaire. C'est ce que j'ai dit pendant la guerre. Mon destin m'a mené à défendre mon État ».

Alors que la juge lui indiquait que son temps de parole était écoulé, l'ancien général serbe a lancé : « Je suis en vie et en bonne sante ! Votre accusation est tombée a l'eau ! » Pendant ce procès en appel, on a vu l'homme de 78 ans se recoiffer souvent. Il n'a jamais reconnu ses responsabilités dans les crimes commis. La décision du tribunal est annoncée pour le printemps prochain.

En 2017, celui qui avait été surnommé « le boucher de Srebrenica » avait été condamné pour crime de guerre, crime contre l’humanité, en particulier pour le très long siège de Sarajevo, quarante-quatre mois - 1 425 jours - au cours desquels plus de 5 000 victimes civiles sont mortes sous les bombes, a priori en grande partie des forces serbes qui entouraient la ville.

Surtout, Ratko Mladcć a été condamné pour le génocide, le massacre de Srebrenica à l’été 1995, où plus de 7 000 hommes musulmans ont été tués après la chute de l’enclave et sa prise par les forces serbes. Avec son alter ego politique Radovan Karadzic déjà condamné en 2016 à 40 ans de prison pour ce même massacre de Srebrenica, il est considéré comme un « architecte de la politique de nettoyage ethnique » d'une partie de la Bosnie, selon le procureur Serge Brammertz du Tribunal pénal international.

Publié dans Articles de Presse

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