Ratko Mladic, le « boucher des Balkans », de retour devant la justice

Publié le par Le Point avec AFP

Le procès en appel de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie s'ouvre ce mardi à La Haye. Il avait été condamné à la détention à perpétuité.

Ratko Mladic, au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, en novembre 2017. © Nihad Ibrahimkadic / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

Ratko Mladic, au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, en novembre 2017. © Nihad Ibrahimkadic / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

C'est la défense qui ouvrira le procès en appel de Ratko Mladic, l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, mardi 25 août. Puis ce seront aux procureurs de répondre. Ratko Mladic pourra prendre la parole mercredi, pendant dix minutes, en fin d'audience. Mais sa présence est incertaine, des problèmes de santé ayant été invoqués. Ce procès se déroule devant le Mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI), qui a repris les travaux du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) après sa fermeture.

Surnommé le « boucher des Balkans », Mladic a été condamné en première instance en 2017 par le TPIY à la détention à perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité pour son rôle dans la guerre en Bosnie (1992-1995), qui a fait quelque 100 000 morts et 2,2 millions de déplacés. Mladic a notamment été condamné en première instance pour son rôle dans le siège de Sarajevo et le génocide de Srebrenica en 1995, pire tuerie sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale, où plus de 8 000 hommes et garçons musulmans ont été tués par les forces serbes de Bosnie.

La défense et l'accusation ont toutes deux fait appel. Dans son jugement, le TPIY avait acquitté Mladic du chef de génocide dans plusieurs autres municipalités, ce qui constitue l'essentiel de l'appel interjeté par le procureur. À cause de la pandémie, les familles de victimes ne se rendront pas à La Haye.

Un nouveau report demandé

« C'est la première fois que nous n'assistons pas à un événement important se déroulant au tribunal à La Haye », a déclaré à l'Agence France-Presse Munira Subasic, présidente de l'association des Mères de Srebrenica. Toutefois, Munira Subasic ne souhaite pas un autre report du procès : le MTPI « ne doit pas perdre la motivation et doit achever sa mission », estime-t-elle. « Nous espérons que Mladic sera reconnu coupable de génocide pour des crimes commis dans d'autres municipalités aussi, pas seulement pour ceux commis à Srebrenica », ajoute-t-elle.

La défense a à maintes reprises demandé un nouveau report, arguant que Mladic « n'est pas en mesure de participer de manière significative aux procédures » en raison d'un « état de santé en déclin et de capacités cognitives endommagées ». Contacté par l'Agence France-Presse, le fils de l'ancien chef militaire a lui aussi affirmé que la santé de son père ne lui permettait pas de se préparer aux audiences. « Il n'a pas l'énergie nécessaire » et sa mémoire peut lui jouer des tours, a expliqué Darko Mladic, mais le MTPI a jugé que les conditions n'étaient pas remplies pour justifier un nouveau report.

Mladic est l'un des principaux dirigeants jugés par la justice internationale pour les crimes commis pendant les guerres en ex-Yougoslavie, outre l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic et l'ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, mort dans sa cellule à La Haye d'une crise cardiaque en 2006, avant l'achèvement de son procès. Karadzic, condamné à quarante ans de prison en première instance pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a finalement été condamné en appel à la prison à vie en 2019.

Publié dans Articles de Presse

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