Tableau volé sous l'Occupation recherche propriétaires

Publié le par Le Point

Le fils d'un soldat allemand a restitué une œuvre volée par son père durant la Seconde Guerre mondiale. Le tableau sera exposé à Verdun, relate « Le Figaro ».

« Nous cherchons à réparer une injustice ! Ces objets spoliés ont tous une valeur extrêmement forte, ils ont tout un tas de choses à nous raconter », explique le responsable de l’antenne berlinoise de la commission d’indemnisation des victimes de spoliations. FREDERIC MERCENIER / MAXPPP / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPP

« Nous cherchons à réparer une injustice ! Ces objets spoliés ont tous une valeur extrêmement forte, ils ont tout un tas de choses à nous raconter », explique le responsable de l’antenne berlinoise de la commission d’indemnisation des victimes de spoliations. FREDERIC MERCENIER / MAXPPP / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPP

Une mystérieuse petite huile sur toile a trouvé résidence au Centre mondial de la paix, des libertés et des droits de l'homme à Verdun, dans la Meuse. La présence dans un tel lieu de cette œuvre bucolique, qui représente une femme accroupie au bord d'une rivière, a de quoi surprendre. Il faut se plonger dans le destin même du tableau, aussi tragique que celui de la ville qui l'accueille désormais, pour comprendre. La toile a en effet été spoliée par un soldat de la Luftwaffe durant la Seconde Guerre mondiale. Soigneusement accroché à un mur blanc au sein de ce qui fut jadis un palais épiscopal, le tableau compte profiter de sa nouvelle notoriété pour retrouver son propriétaire, relatent nos confrères du Figaro.

L'œuvre a été remise en 2019 à l'ambassade de France à Berlin par Peter Forner, le fils du fameux soldat. Un hommage a d'ailleurs été rendu à cet homme aujourd'hui décédé à l'occasion de la remise du tableau dans les salons d'honneur de l'ambassade. Il « avait pris l'initiative, au crépuscule de sa vie, de faire ce geste, qu'il avait eu l'humilité de présenter comme naturel, mais qui ne l'était pas », s'était ainsi ému le ministre conseiller Guillaume Ollagnier. Employé de l'aéroport de Tegel, construit par la France, le descendant du soldat avait posé une seule condition à son geste : que l'œuvre ne quitte pas un salon bourgeois pour se retrouver dans un vulgaire entrepôt. Peter Forner a été exaucé.

Nous cherchons à réparer une injustice !  

Point d'histoire de gros sou dans ce transfert, puisque l'œuvre attribuée à Nicolas Rousseau, élève de l'école de Barbizon, est estimée à 3 000 euros. Mais la symbolique est forte. « Nous cherchons à réparer une injustice ! Ces objets spoliés ont tous une valeur extrêmement forte, ils ont tout un tas de choses à nous raconter », confirme dans les colonnes du Figaro Julien Acquatella, responsable de l'antenne berlinoise de la commission d'indemnisation des victimes de spoliations. En 2018, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe avait d'ailleurs appelé à « faire mieux » pour la restitution des biens culturels spoliés sous l'Occupation.

Dans le cas du tableau de l'école de Barbizon, le plus dur reste à venir. « C'est un travail d'enquête minutieux et difficile » qui attend Julien Acquatella et son équipe. Ces derniers vont tenter de « reconstituer le parcours du soldat Forner, dont on sait que le bataillon a séjourné au château de Fermaincourt et entre la Normandie et Saint-Omer [...] Les services d'archives recherchent également dans la généalogie du peintre pour tenter de savoir qui aurait pu hériter de cette œuvre et la transmettre. »

Philippe Hansch, directeur du Centre mondial de la paix, des libertés et des droits de l'homme, pense pouvoir apporter sa petite pierre à l'édifice. « Un indice enfoui au fond de la mémoire d'un visiteur pourrait nous aider à résoudre l'énigme de l'ayant droit », espère-t-il.

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article