Un tableau, dérobé par un soldat allemand durant la guerre en Normandie, restitué à la France

Publié le par actu

Rapporté par un soldat allemand en garnison en Normandie en 1944, un tableau vient d'être restitué à l’ambassade de France à Berlin par son fils. Et ce 75 ans après les faits.

Un tableau, dérobé par un soldat de l’aviation allemande alors en garnison en Normandie en 1944, vient d’être restitué à l’ambassade de France à Berlin par son fils. Et ce 75 ans après les faits. (©Ambassade de France à Berlin)

Un tableau, dérobé par un soldat de l’aviation allemande alors en garnison en Normandie en 1944, vient d’être restitué à l’ambassade de France à Berlin par son fils. Et ce 75 ans après les faits. (©Ambassade de France à Berlin)

Une affaire à la Monuments Men. Mardi 23 juillet, Peter Forner, un allemand de 80 ans, a restitué à l’ambassade de France à Berlin un tableau de Nicolas Rousseau. Une oeuvre d’art, rapportée par son père de Normandie quand il était alors soldat de la Luftwaffe. Au micro de nos confrères de RFI, l’Allemand tenait à souligner, lors de la cérémonie de remise officielle du tableau, et non sans émotion  : 

    Je souhaite partir en ayant la conscience à peu près tranquille et après avoir rendu quelque chose qui ne m’appartient pas, ou a peut-être même été volé. 

Ce tableau, une huile datant du XIXe siècle et figurant un paysage bucolique, pourrait en effet venir de la région. Un conditionnel d’usage car dans les faits, le tableau a encore beaucoup de secrets à révéler avant de retrouver son véritable propriétaire. 

Ce que l’on sait 

Alfred Forner, le père d’Alfred, alors stationné en Normandie, bénéficie en 1944 d’une permission. Mais avant de rentrer au pays, un de ses officiers supérieurs lui demande de ramener pour lui un tableau signé Rousseau. Julien Acquatella, responsable en Allemagne de la CIVS, la Commission pour l’indemnisation des victimes de spoliations intervenues du fait des législations antisémites en vigueur pendant l’Occupation, raconte, selon France-Bleu : 

    Alfred Forner se rend donc à l’adresse indiquée et là il découvre une habitation en ruine. Il décide alors de garder le tableau chez lui. 

Et ce avant de mourir quelques mois plus tard au front. Julien Acquatella poursuit : 

    Notre objectif, et celui de Peter Forner, est de retrouver le propriétaire légitime ou ses ayants droit, mais nous ne savons pas où ce tableau a été volé, ni à qui. Nous savons juste qu’Alfred Forner a été stationné dans un château près de Dreux.

Des biens spoliés 

Difficile d’estimer si l’huile du XIXe siècle fait partie de la grande spoliation des œuvres d’art perpétrée par le régime nazi ou si, et c’est bien possible, celle-ci n’est que le butin d’un simple larcin. En effet, de 1933 à la capitulation allemande, des services de confiscation nazis ont méthodiquement organisée le pillage et la confiscation de collections publiques et privées dans tous les pays où flottait la croix gammée.

Pas moins de 650 000 œuvres d’art ont ainsi été volées aux familles juives. En 2019, 100 000 n’ont pas encore été restituées.

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article