VIDÉO - Il y a 75 ans, la bombe atomique explosait sur Hiroshima

Publié le par France Bleu par Aurore Jarnoux, France Bleu

Le 6 août 1945, les Etats-Unis lâchaient une bombe atomique sur Hiroshima, une ville située dans l'ouest du Japon, faisant 140.000 morts.

Le 6 août 1945, une bombe atomique explosait sur Hiroshima.  AFP - HANDOUT / HIROSHIMA PEACE MEMORIAL MUSEUM / US ARMY / AFP

Le 6 août 1945, une bombe atomique explosait sur Hiroshima. AFP - HANDOUT / HIROSHIMA PEACE MEMORIAL MUSEUM / US ARMY / AFP

"Une intense boule de feu", voilà ce que les habitants de Hiroshima ont aperçu en premier le matin du 6 août 1945. Un bombardier américain venait de larguer la première bombe atomique de l'Histoire sur la ville située dans l'ouest du Japon. Trois jours plus tard, le cauchemar se répétait à Nagasaki.

Ces deux bombes nucléaires sont les seules à avoir été utilisées en temps de guerre. Elles ont entraîné la mort de 140.000 personnes à Hiroshima, 74.000 à Nagasaki, entre le mois d'août et la fin de l'année 1945. Suite à ces attaques sur Hiroshima et Nagasaki, le Japon a capitulé le 15 août 1945, mettant ainsi fin à la Seconde Guerre mondiale.

Une puissance proche de 15.000 tonnes de TNT

La bombe, appelée "Little Boy", a explosé à environ 600 mètres au-dessus de Hiroshima. Elle avait une puissance proche de 15.000 tonnes de TNT. "Fat Man", celle qui s'est abattue sur Nagasaki, était encore plus forte, sa puissance étant estimée à 21.000 tonnes de TNT.

A l'épicentre de la bombe, la température est montée à 7.000 degrés, provoquant de graves brûlures, pour beaucoup mortelles, dans un rayon d'environ trois kilomètres. L'éclair des explosions a également entraîné des lésions oculaires irréversibles.

La catastrophe nucléaire a fait 140.000 morts à Hiroshima. AFP - Hayashibara Group / Collection ChristopheL via AFP

La catastrophe nucléaire a fait 140.000 morts à Hiroshima. AFP - Hayashibara Group / Collection ChristopheL via AFP

Après les explosions, un rayonnement thermique a provoqué de très nombreux incendies, dévastant Hiroshima et Nagasaki sur plusieurs kilomètres carrés. Plus de la moitié des décès seraient dus aux brûlures et aux incendies, la plupart des maisons étant en bois à l'époque.

Les survivants exposés à un risque accru de cancer

De nombreux habitants ont également été tués par des débris volants, ou l'effondrement des bâtiments. Les explosions atomiques ont aussi émis des radiations nocives à court et long terme. La "maladie des rayons" a touché beaucoup de survivants : des syndromes "d'irradiation aiguë" - vomissements, maux de tête, diarrhées, hémorragies, perte de cheveux - pouvaient entraîner la mort en quelques semaines ou mois.

Les "hibakusha" (les survivants de la bombe, en japonais) ont eux été exposés pour le restant de leur vie à un risque accru de développer certains cancers. Beaucoup ont subi des discriminations : en effet, de nombreux Japonais ont cru à tort pendant des décennies que "la maladie des rayons" était héréditaire, voire contagieuse. 

Le combat antinucléaire des "hibakusha"

On dénombre encore aujourd'hui environ 136.700 "hibakusha", leur âge moyen est d'un peu plus de 83 ans, selon le ministère japonais de la Santé. Nombreux d'entre eux sont devenus de fervents militants des causes pacifiste et antinucléaire.  

    Il ne se passe pas un jour sans que je pense à mon père.

A 74 ans, Jiro Hamasumi fait partie des plus jeunes survivants. Sa mère était enceinte de lui lorsque la bombe a explosé à Hiroshima. Son père, qui travaillait près de l'épicentre, a été tué, très probablement sur le coup. Ce qu'il sait du bombardement lui a été raconté par ses proches : la lumière aveuglante, le bruit assourdissant de l'explosion de la bombe et l'horreur qui a suivi, "la chaleur et l'odeur de chair brûlée". Mais il a consacré des décennies à se battre contre l'arme nucléaire, comme de nombreux survivants.

En 2016, Barack Obama a été le premier président américain en exercice à visiter Hiroshima. Il avait alors plaidé pour un monde sans armes nucléaires, sans toutefois s'excuser au nom des Etats-Unis pour la tragédie japonaise d'août 1945. Et en 2019, le pape François s'est lui aussi rendu à Hiroshima et Nagasaki pour redire "non" à l'arme atomique.

Publié dans Articles de Presse

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