Denis Tillinac, un homme fidèle en amitié et à la Corrèze

Publié le par La Montagne par Blandine Hutin-Mercier et Emilie Auffret

Écrivain et ancien journaliste originaire d’Auriac en Corrèze, Denis Tillinac s’est éteint dans la nuit de vendredi à samedi, à l’âge de 73 ans. Pour ses amis corréziens, il était avant tout un bon vivant et un fidèle.

 Denis Tillinac était ancré à Auriac, en Xaintrie. © Agnès GAUDIN .

Denis Tillinac était ancré à Auriac, en Xaintrie. © Agnès GAUDIN .

Comme un symbole, c’est le jour même du premier anniversaire du décès de Jacques Chirac, son ami très proche depuis plus de 50 ans, que Denis Tillinac s’est éteint, à l’âge de 73 ans. Dans la nuit de vendredi à samedi, alors qu’il participait au salon Livres en Vignes, au Clos-de-Vougeot, en Bourgogne.

Un lieu symbolique encore pour cet homme de lettres, journaliste et écrivain, qui deviendra au début des années 1990 et jusqu’en 2007, le directeur des Éditions de La Table Ronde, à Paris.

« Animateur de l'Ecole de Brive »

Sa bibliographie est riche, des dizaines d’essais, romans, biographies, poésies et nouvelles ; il devait évoquer son dernier livre, Dictionnaire amoureux du Général (Plon) lors de la prochaine Foire du livre de Brive.

Sur le quai du Train du Livre, à Brive, en discussion avec la présidente de la Foire du livre Laure Adler en 2009 (photo Franck Boileau).

Sur le quai du Train du Livre, à Brive, en discussion avec la présidente de la Foire du livre Laure Adler en 2009 (photo Franck Boileau).

C’est d’ailleurs lors de la première Foire du livre qu’il a rencontré un autre écrivain corrézien, Michel Peyramaure. À ses côtés, il sera l’un des animateurs de la fameuse École de Brive.

« Il avait un sens de l’amitié, affective et utile, se souvient ce dernier. C’était un très joyeux personnage, qui blaguait, gesticulait, dansait, et qui, parfois, se plongeait dans ses réflexions et révélait un caractère plus sombre, un peu mélancolique. Il avait le goût des voyages, le sens du détail et de l’humour, toujours. »

Le sens de l'humour et la passion du rugby

C’est aussi de son « sens de l’humour » dont se souvient l’écrivain Claude Michelet, qui l’a rencontré en 1975. « Il savait rire. C’était un vrai ami. » Leurs aventures littéraires les ont même menés jusqu’au bout du monde.

« Nous nous sommes retrouvés sur un salon du livre en Nouvelle-Calédonie », indique l’auteur se rappelant aussi d’« un vrai gaulliste comme il y en a peu ».

Fan de foot, se souvient encore Michel Peyramaure, Denis Tillinac était aussi un grand amateur de rugby. Supporter du Sporting-Club de Tulle dans les années 80, aficionado du CA Brive la décennie suivante, il a notamment écrit Rugby blues.

Fidèle à la Corrèze

Denis Tillinac est né et a grandi à Paris, mais il était « un Corrézien de la seconde génération, comme Chirac », avouait-il lui-même. Toute sa vie, il est resté très attaché au village d’Auriac, en Xaintrie, région dont sa mère était originaire.

Denis Tillinac à Tulle.

Denis Tillinac à Tulle.

Journaliste à ses débuts à La Dépêche du Midi, à Tulle, dans les années 1970, il a suivi toute l’ascension du jeune député d’Ussel. « Il aurait pu écrire Les amours de Chirac », ironise Michel Peyramaure.

« Écrivain, il avait gardé son âme de journaliste. Il était un bon vivant, homme de passion et de convictions », reprend François David, le commissaire de la Foire du livre de Brive. « Sous ses côtés bougons, c’était un grand cœur, qui aimait les gens. »

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