24 octobre 1940, la poignée de main entre Pétain et Hitler

Publié le par Mémoires de Guerre

Le 24 octobre 1940 à la gare de Montoire dans le Loir-et-Cher, le maréchal Pétain rencontre Adolf Hitler. C’est dans le wagon du Führer que germera l’idée de la collaboration.

 24 octobre 1940, la poignée de main entre Pétain et Hitler

La rencontre se déroule dans le wagon du train d'Adolph Hitler dans la petite gare de Montoire-sur-le-Loir. C’est le vice-président français Pierre Laval qui a eu l'idée de ce rendez-vous en apprenant qu’Hitler revenait en train d’Hendaye où il était allé rencontrer Franco, dictateur en Espagne.

"Pendant son séjour en France le Führer a reçu monsieur Laval, ministre des Affaires étrangères et le maréchal Pétain. Les honneurs militaires furent rendus aux deux hommes d'Etat français".

Une entrevue évoquée en images dans le Journal des Actualités mondiales, quelques semaines plus tard, le 13 novembre 1940. Le reportage ne montre pas la célèbre poignée de main. Cette poignée de main très médiatisée symbolise officiellement l'entrée dans la "collaboration" entre la France défaite et l'Allemagne victorieuse. Le vieux maréchal s'en expliquera dans une allocution radio quelques jours plus tard, le 30 octobre 1940 : "C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française, une unité de dix siècles, dans le cadre d'une activité constructive du nouvel ordre européen, que j'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration (...). Cette collaboration doit être sincère...".

Script du discours

"Français, j'ai rencontré, jeudi dernier, le chancelier du Reich. Cette rencontre a suscité des espérances et provoqué des inquiétudes. Je vous dois à ce sujet quelques explications. Une telle entrevue n'a été possible, quatre mois après la défaite de nos armes, que grâce à la dignité des Français devant l'épreuve, grâce à l'immense effort de régénération, auquel ils se sont prêtés, grâce aussi à l’héroïsme de nos marins, à l'énergie de nos chefs coloniaux, au loyalisme de nos populations indigènes. La France s'est ressaisie. Cette première rencontre, entre le vainqueur et le vaincu, marque le premier redressement de notre pays.

C'est librement que je me suis rendu à l'invitation du Führer. Je n'ai subi, de sa part, aucun "dictât", aucune pression. Une collaboration a été envisagée entre nos deux pays. J'en ai accepté le principe. Les modalités en seront discutées ultérieurement. A tous ceux qui attendent aujourd'hui le salut de la France, je tiens à dire que ce salut est d'abord entre nos mains. A tous ceux que de nobles scrupules tiendraient éloignés de notre pensée, je tiens à dire que le premier devoir de tout Français est d'avoir confiance. A ceux qui doutent comme à ceux qui s'obstinent, je rappellerai qu'en se raidissant à l'excès, les plus belles attitudes de réserve et de fierté risquent de perdre de leur force. Celui qui a pris en main les destinées de la France a le devoir de créer l'atmosphère la plus favorable à la sauvegarde des intérêts du pays.

C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française, une unité de dix siècles dans le cadre d'une activité constructive du nouvel ordre européen, que j'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration. Ainsi, dans un avenir prochain, pourrait être allégé le poids des souffrances de notre pays, amélioré le sort de nos prisonniers, atténuée la charge des frais d'occupation. Ainsi pourrait être assouplie la ligne de démarcation et facilités l'administration et le ravitaillement du territoire. Cette collaboration doit être sincère. Elle doit être exclusive de toute pensée d'agression. Elle doit comporter un effort patient et confiant. L'armistice, au demeurant, n'est pas la paix. La France est tenue par des obligations nombreuses vis-à-vis du vainqueur. Du moins reste-t-elle souveraine. Cette souveraineté lui impose de défendre son sol, d'éteindre les divergences de l'opinion, de réduire les dissidences de ses colonies. Cette politique est la mienne. Les ministres ne sont responsables que devant moi. C'est moi seul que l'histoire jugera. Je vous ai tenu jusqu'ici le langage d'un père. Je vous tiens aujourd'hui le langage du chef. Suivez-moi. Gardez votre confiance en la France éternelle".

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