Des militantes féministes manifestent à Paris pour demander la panthéonisation de Gisèle Halimi

Publié le par France 3 Île-de-France par PDB

Des collectifs féministes ont organisé un happening ce dimanche devant le Panthéon, pour réclamer l’entrée de Gisèle Halimi dans le monument. Une demande déjà exprimée par le vote d'une résolution au Conseil de Paris, mardi dernier.

Gisèle Halimi, en novembre 2008. L’avocate et femme politique franco-tunisienne, figure du féminisme, est décédée le 28 juillet dernier à l’âge de 93 ans. • © THOMAS PADILLA/MAXPPP/MAXPPP

Gisèle Halimi, en novembre 2008. L’avocate et femme politique franco-tunisienne, figure du féminisme, est décédée le 28 juillet dernier à l’âge de 93 ans. • © THOMAS PADILLA/MAXPPP/MAXPPP

"Aux grandes femmes la matrie reconnaissante !", "Merci Gisèle Halimi pour notre farouche liberté", "La justice dans la peau", "Mon corps, mon choix, mon droit"… Mettant en avant des slogans féministes, antiracistes et anticolonialistes, une dizaine de manifestantes se sont rassemblées pour demander l’entrée au Panthéon de Gisèle Halimi, ce dimanche à Paris.

Un happening organisé à l’appel de plusieurs collectifs féministes, comme les Effronté·es ou les Grenades.

Parmi les 78 personnalités transférées au Panthéon, on compte à ce jour cinq femmes. Un manque de parité dénoncé les militantes, réunies devant une large banderole noire portant comme inscription le hashtag "#GisèleHalimiAuPanthéon".

"Exigeons qu’à cette grande femme militante féministe, anticolonialiste, anti-LGBTphobie, qu’a été Gisèle Halimi, soit exprimée la reconnaissance de notre République"

"Exigeons qu’à cette grande femme militante féministe, anticolonialiste, anti-LGBTphobie, qu’a été Gisèle Halimi, soit exprimée la reconnaissance de notre République", a réclamé la conseillère de Paris Danielle Simonnet (LFI), présente en écharpe bicolore lors de la mobilisation.

Décédée le 28 juillet à l’âge de 93 ans, Gisèle Halimi est une figure du féminisme français. L’avocate et femme politique a consacré une large partie de sa vie à la cause des femmes et à la défense du droit à l'avortement. En 1972 à Bobigny (Seine-Saint-Denis), elle avait défendu Marie-Claire Chevalier, une mineure jugée pour avoir avorté à la suite d'un viol. Un procès qui précède de trois ans la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse (IVG), avec la loi Veil du 17 janvier 1975.

L’intellectuelle franco-tunisienne a aussi cosigné en 1971 le célèbre manifeste des 343 femmes affirmant publiquement avoir avorté. Proche de François Mitterrand, elle a également été élue députée de 1981 à 1984. Gisèle Halimi a par ailleurs cofondé l’Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (Attac).

Une panthéonisation réclamée par le Conseil de Paris cette semaine

Les collectifs à l’origine du happening organisaient aussi une "manifestation en ligne", invitant à partager plus possible le hashtag "#GisèleHalimiAuPanthéon" sur les réseaux sociaux.

Une pétition en ligne demandant la panthéonisation de Gisèle Halimi réunissait enfin plus de 32 000 signatures, ce dimanche.

Mardi dernier, le Conseil de Paris a par ailleurs adopté une résolution, portée par le groupe communiste, pour également réclamer l'entrée au Panthéon de l'avocate et femme politique. En septembre dernier, Emmanuel Macron avait annoncé un hommage national aux Invalides, suite au décès de Gisèle Halimi. Dans le contexte de l'épidémie de coronavirus, la date n'a pas encore été fixée. 

Publié dans Articles de Presse

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