Meurtre de Sophie Toscan du Plantier : La justice irlandaise rejette la demande d'extradition de Ian Bailey

Publié le par 20 Minutes par J.-L.D. avec AFP

MANDAT D'ARRET Il s'agit du troisième refus de la justice irlandaise d'extrader le journaliste de 63 ans 

Dublin, le 17 Juillet 2020. Ian Bailey arrive à la Haute cour pour une audience. — PAUL FAITH / AFP

Dublin, le 17 Juillet 2020. Ian Bailey arrive à la Haute cour pour une audience. — PAUL FAITH / AFP

La justice irlandaise a rejeté ce lundi la demande d’extradition vers la France du britannique Ian Bailey, condamné à Paris en son absence à 25 ans de prison pour le meurtre de Sophie Toscan du Plantier en Irlande en 1996. Un procès que le suspect avait qualifié de « parodie de justice ».

« Je refuse la remise » de Ian Bailey à la France, a déclaré le juge Paul Burns. Il s’agit du troisième refus de la justice irlandaise d’extrader le journaliste de 63 ans après 2012 et 2017. Placé deux fois en garde à vue par la police irlandaise, Ian Bailey n’a jamais été mis en examen et continue de clamer son innocence dans cette affaire. La justice irlandaise a notamment invoqué l’absence de réciprocité en la matière pour expliquer son refus d’extradition.

Ian Bailey « extrêmement soulagé »

Le corps de la productrice française de 39 ans et épouse du producteur de films Daniel Toscan du Plantier, décédé en 2003, avait été découvert au matin du 23 décembre 1996 par une voisine, en contrebas de sa maison isolée de Schull, sur la côte sud-ouest de l’Irlande. Surprise chez elle, la jeune femme avait fui dans la lande et s’était considérablement débattue. Son crâne a été fracassé par une pierre plate et un parpaing.

Le Britannique est « extrêmement soulagé », a réagi son avocat Frank Buttimer. « Il a toujours exprimé sa tristesse et sa sympathie envers la famille de Sophie Toscan du Plantier et a dans le même temps toujours maintenu qu’il est innocent ». Lors de l’audience à Dublin en juillet, sa défense avait contesté la compétence de la justice française dans cette affaire.

Un « fiasco » d’enquête pour la famille de la justice

La défense avait aussi souligné que les poursuites et la condamnation françaises s’étaient basées sur l’enquête irlandaise, alors même que le procureur irlandais, qui avait « une vue d’ensemble sur cette enquête », avait refusé d’inculper Ian Bailey et reconnu « que l’affaire lui avait été préjudiciable ».

Police scientifique qui tarde à arriver sur les lieux, témoin clef qui se rétracte : dès le début, l’enquête avait été émaillée de nombreuses difficultés, le procureur irlandais de l’époque la qualifiant même de « complètement biaisée ». En 2014, la famille de la victime avait qualifié cette enquête de « fiasco », dénonçant un « déni de justice ».

Etranges égratinures

La justice française a quant à elle estimé qu’il existait « des éléments de preuves suffisants » pour condamner Ian Bailey malgré l’absence de preuve scientifique le reliant au crime – le corps de la victime avait été laissé dehors sous une bâche plus d’une journée, dans ce comté où le dernier meurtre remontait à 1922.

Ian Bailey a été vu porteur « d’égratignures significatives » sur les avant-bras, le dos des mains et le front, similaires à celles retrouvées sur le corps de la victime et pouvant correspondre à des épines de ronces.

Dinde, appel et futur procès ?

Le Britannique les a toujours imputées à la découpe d’un arbre de Noël et de dindes le 22 décembre, mais plusieurs témoins ont affirmé qu’il n’avait pas ces griffures dans la soirée, alors qu’il jouait du tambour traditionnel dans un pub, manches relevées. Il a surtout « de manière non équivoque, auprès de trois témoins, déclaré être l’auteur du crime », avait relevé la justice française.

Condamné à Paris selon la procédure du « défaut criminel », Ian Bailey était privé de la possibilité de faire appel du verdict. Mais s’il se constituait prisonnier ou s’il était arrêté en France, il aurait droit à un nouveau procès.

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