Meurtre Toscan du Plantier : plus aucune chance de voir Ian Bailey rejugé en France

Publié le par Sud Ouest avec AFP

L’Irlande n’a pas fait d’appel contre le refus d’extrader en France Ian Bailey, dans l’affaire du meurtre de Sophie Toscan du Plantier. Bailey a été condamné à 25 ans de prison en son absence.

Sophie Toscan du Plantier a été assassinée à Noël 1996 en Irlande. © Crédit photo : Archives AFP

Sophie Toscan du Plantier a été assassinée à Noël 1996 en Irlande. © Crédit photo : Archives AFP

L’État irlandais n’a pas fait appel du refus d’extrader vers la France le Britannique Ian Bailey, condamné en son absence à Paris à 25 ans de prison pour le meurtre de Sophie Toscan du Plantier, a indiqué mardi son avocat, mettant fin aux chances de le voir rejugé en France. 

"Sauf événement extraordinaire, c’est la fin du cauchemar de l’extradition" pour Ian Bailey, a déclaré son avocat Frank Buttimer. Le conseil de l’État irlandais, qui agit pour la France dans le cadre de cette procédure, a fait savoir à la Haute Cour de Dublin qu’il n’entendait pas contester le refus de la justice irlandaise d’extrader Ian Bailey vers la France, a expliqué M. Buttimer.

Condamné le 31 mai 2019 en son absence par la cour d’assises de Paris, qui a délivré un mandat d’arrêt contre lui, Ian Bailey, journaliste indépendant de 63 ans, a toujours clamé son innocence. Condamné en son absence à Paris selon la procédure du "défaut criminel", Ian Bailey était privé de la possibilité de faire appel du verdict. Mais s’il se constituait prisonnier ou s’il était arrêté en France, il aurait droit à un nouveau procès.

Le 12 octobre dernier, la justice irlandaise a refusé pour la troisième fois la demande des autorités françaises d’extrader Ian Bailey. Comme lors des deux premiers refus, la Haute Cour de Dublin a notamment invoqué l’absence de réciprocité en la matière.

Deux fois en garde à vue

"La famille n’est absolument pas étonnée de constater que la justice irlandaise n’a pas envie de se dedire", a déclaré Me Marie Dosé, l’une des avocats de la famille de la victime. Elle "en prend acte, mais rappelle avec force que le meurtrier de Sophie Toscan du Plantier a un nom et a été lourdement condamné par la justice française", a déclaré l’avocate. Selon son confrère Me Laurent Pettiti, "la question est de savoir si malgré tout la Cour suprême ne peut s’auto-saisir".

Très vite suspecté par la police irlandaise, Ian Bailey avait été placé deux fois en garde à vue en 1997 et 1998, mais jamais poursuivi en Irlande – où il vit toujours – faute de preuves suffisantes.

Le corps de la productrice française de 39 ans et épouse du producteur de films Daniel Toscan du Plantier, décédé en 2003, avait été découvert au matin du 23 décembre 1996 par une voisine, en contrebas de sa maison isolée de Schull, sur la côte sud-ouest de l’Irlande. Surprise chez elle, la jeune femme avait fui dans la lande et s’était considérablement débattue. Son crâne a été fracassé par une pierre plate et un parpaing.

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