Squarcini Bernard

Publié le par Mémoires de Guerre

Bernard Squarcini, né le 12 décembre 1955 à Rabat (Maroc), est un haut fonctionnaire français, ancien commissaire de police et préfet, consultant indépendant pour le groupe LVMH. Il occupe les fonctions de directeur central du renseignement intérieur du 2 juillet 2008 au 30 mai 2012. Bernard Squarcini a été notamment chargé, au cours de sa carrière, du renseignement antiterroriste en Corse, au Pays basque et sur l'islam radical. 

Squarcini Bernard

Formation et débuts

Bernard Squarcini est le cousin de Michel Scarbonchi. Après avoir passé sa jeunesse à Digne, Bernard Squarcini fait ses études supérieures à l'université Aix-Marseille III, où il obtient un diplôme en criminologie en 1976 et une maîtrise en droit public en 1977. En 1983, il est adjoint au directeur régional des Renseignements généraux (RG) en Corse. En 1988, il est directeur départemental des RG des Pyrénées-Atlantiques. En 1989, il est chef de la division « enquêtes et recherches » à la Direction centrale des Renseignements généraux (DCRG). En 1993, il devient sous-directeur des recherches à la DCRG, tout en étant parallèlement, à partir de 1994, directeur central adjoint des RG sous la direction d'Yves Bertrand. En 1999, il devient le plus jeune inspecteur général de la police nationale, poste qu'il occupe jusqu'en 2004. 

Arrestation d'Yvan Colonna

Bernard Squarcini fut notamment l'un des artisans de l'arrestation en 2003 d'Yvan Colonna, l'assassin présumé du préfet Claude Érignac, alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur. En janvier 2004, d'après certaines sources, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, aurait souhaité nommer Bernard Squarcini au poste de directeur central des Renseignements généraux, mais Jacques Chirac préféra finalement nommer le préfet Pascal Mailhos. En février 2004, il a été nommé préfet délégué pour la sécurité et la défense auprès du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il succéda à ce poste à Roger Marion, nommé préfet délégué pour la sécurité et la défense auprès du préfet de la région Nord-Pas-de-Calais. 

Directeur de la DST puis de la DCRI

Le 27 juin 2007, Bernard Squarcini a été nommé en Conseil des ministres Directeur de la surveillance du territoire (DST), en remplacement de Pierre de Bousquet de Florian. Le 2 juillet 2008, il est nommé à la tête de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) née de la fusion, effective au 1er juillet 2008, de la DST et de la DCRG. Le 30 mai 2012, il est remplacé à ce poste par son ancien adjoint Patrick Calvar et devient préfet hors cadre. Il quitte la police le 28 février 2013 et créé son cabinet Kyrnos Conseil. Il est aussi embauché par le cabinet d'intelligence économique Arcanum en juin 2013. En novembre 2013, Bernard Squarcini publie avec Étienne Pellot un ouvrage intitulé Renseignements français : nouveaux enjeux, dans lequel il expose sa vision d'une feuille de route pour réformer les services de renseignement français et créer une loi cadre pour l'activité du renseignement, ainsi que des infractions spécifiques afin de lutter contre l'islam radical. 

Dans le secteur privé

Depuis 2013, il exerce les fonctions de consultant indépendant au sein de la société Kyrnos Conseil qu'il a créée. Il a comme client principal le groupe LVMH, pour lequel il est officiellement chargé de la lutte contre l'importation de produits de luxe de contrefaçon. Il est également associé au cabinet de consultants Arcanum Global. 

Affaires

Affaire Clearstream 2

Cité dans les listings de l'affaire Clearstream 2, Bernard Squarcini s'est constitué partie civile en mai 2006. Parce que son nom figure sur le faux listing aux côtés de la chanteuse ajaccienne Alizée et de Laetitia Casta, il évoque à la barre un « racisme anticorse » au sommet de l'État.

Affaire Woerth-Bettencourt

Le 17 octobre 2011, alors qu'il est toujours directeur de la DCRI, Bernard Squarcini est mis en examen par la juge Sylvia Zimmermann pour « atteinte au secret des correspondances », « collecte illicite de données » et « recel du secret professionnel », dans le cadre de l'« affaire des fadettes ». Le 12 décembre 2012, la cour d'appel de Paris annule deux des trois chefs de mise en examen de Bernard Squarcini. Il reste mis en examen pour « collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite ». En juin 2013, il est renvoyé en correctionnelle pour ce dernier chef d'accusation. Le 8 avril 2014, il est condamné à 8 000 euros d'amende. Il ne fait pas appel du jugement. 

Rapports avec LVMH

En 2012, peu après son départ de la direction de la DCRI, Bernard Squarcini demande à la section L2 de mettre en place un important dispositif de surveillance, destiné à identifier l'auteur d'un chantage visant Bernard Arnault, le propriétaire du groupe LVMH. Un salarié du groupe de luxe sera finalement identifié et licencié0. Le Canard Enchaîné fait le rapprochement entre cette opération clandestine aux frais de l'État et le généreux contrat signé par LVMH avec Bernard Squarcini dès l'arrivée de la gauche au pouvoir. En outre, l'enquête judiciaire ayant conduit à sa mise en examen révèle que peu de temps après son embauche par LVMH, Squarcini a fait suivre à sa hiérarchie une synthèse de la plainte déposée contre LVMH par Hermès, après l'avoir obtenue de Christian Flaesch, alors directeur de la police judiciaire. Entre 2015 et 2016, il aurait supervisé l'espionnage de François Ruffin et des journalistes de Fakir pour le compte de LVMH. 

Mise en examen multiple

Le 26 septembre 2016, il est placé en garde à vue dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Paris notamment pour « violation du secret de l’instruction », « entraves aux investigations », « trafic d’influence » et « compromission ». Après deux jours de garde à vue, Squarcini est mis en examen pour de nombreux chefs d'accusation tels que « violation du secret de l'enquête », « trafic d'influence », « détournement de fonds publics », « compromission », « entrave aux investigations », « faux en écriture publique et usage », « recel de violation du secret de l'instruction », « atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l'autorité publique ».

Un contrôle judiciaire très strict lui interdit de paraître dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret, d’entrer en contact avec les autres protagonistes de l’affaire et avec tout fonctionnaire de la direction centrale de la police judiciaire et des services de renseignement. Ce contrôle l'empêche jusqu’à nouvel ordre d'exercer une activité privée de conseil en sécurité en lien avec la lutte contre la contrefaçon. Cette interdiction est directement liée aux activités que menait Squarcini pour le compte du groupe de luxe LVMH, dans le cadre d'une procédure judiciaire concernant un conflit opposant LVMH à la société Hermès.

Par ailleurs, il est reproché à Squarcini d'avoir transmis à Michel Gaudin, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, des informations relatives à l’affaire Cahuzac, ainsi que d'avoir placé sur écoute un fonctionnaire du service des courses et jeux qui enquêtait sur le cercle de jeu Wagram, arguant de sa proximité supposée avec les services secrets algériens. L'enquête judiciaire a aussi mis en lumière les importants passe-droits obtenus de la DGSI par Squarcini après qu'il n'était plus en fonction, tels que la suppression de l'inscription au fichier « S » du milliardaire russe Andreï Skoch, des autorisations de séjour pour deux femmes russes proches d'Alexandre Djouhri, la recherche de dizaines de noms dans les fichiers confidentiels, ou encore une intervention en faveur de la femme de Bernard Arnault.

En outre, des perquisitions à son domicile et dans un coffre de banque ont permis de retrouver des documents couverts par divers secrets, relatifs notamment à l'affaire HSBC, l’oligarque russe Dmitri Rybolovlev, l'affaire Cahuzac, la société Veolia, le dossier Bettencourt, l’affaire Merah, le dossier des Renseignements généraux sur Alexandre Djouhri, ainsi que l'appartement de Ségolène Royal cambriolé en 2008. En Octobre 2019 La justice a élargi son enquête à des faits de "vol" après une plainte de François Ruffin député de la Somme et du journal Fakir. En Juillet 2020 Mediapart publie sur son site internet des écoutes téléphoniques où Bernard Squarcini utilise la police et les renseignements au profit de LVMH. Armes, passeports, notes confidentielles de l’Élysée, enquête fiscale, procédure judiciaire.... 

Prix et récompenses

  • Chevalier de la Légion d'honneur
  • Commandeur de l'ordre national du Mérite
  • Croix d'officier de l'ordre national du Mérite civil d'Espagne
  • Croix d'argent du Mérite de la Guardia civil (Espagne)
  • Croix du Mérite policier (Espagne)
  • Grand-croix de l'ordre d'Isabelle la catholique (Espagne)
  • Officier du Mérite italien

Publications

  • Bernard Squarcini et Étienne Pellot, Renseignement français : nouveaux enjeux, Éditions Ellipses, 19 novembre 2013, 312 pages, (ISBN 978-2-7298-83386)
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