11 novembre : des anciens combattants frustrés mais compréhensifs face aux restrictions

Publié le par France 3 Hauts-de-France par Gontran Giraudeau

Comme le 8 mai dernier, les cérémonies de commémoration de l'Armistice se dérouleront mercredi 11 novembre sans invité, ni troupe, ni public. Des mesures sanitaires pour protéger les anciens combattants qui comptent parmi les Français les plus fragiles face à la covid-19.

© France3 Picardie

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"Nous sommes amenés, comme nous avions dû le faire au printemps, à prendre des mesures aussi douloureuses que nécessaires", assure avec gravité Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants dans une lettre aux associations d'anciens combattants.

Dans sa missive, la ministre précise les mesures décidées par le gouvernement :

  • pas d'invité, ni troupe, ni public
  • une seule personne autorisée à représenter les associations d'anciens combattants
  • deux porte-drapeaux au maximum autorisés par cérémonie (si possible les plus jeunes)
  • 10 personnes au maximum peuvent participer (dont les élus)
  • mesures de distanciation et port du masque obligatoires

"La flamme ne s'éteint pas"

Ces mesures déjà prises lors des cérémonies du 8 mai en plein confinement ne choquent pas Pierre Mascitti, président de l'association des anciens combattants de Villers-Cotterêts (Aisne) : "Les plus jeunes d'entre nous ont 80 ans, donc nous ne sommes pas mécontents qu'on nous protège. Ces restrictions sont la preuve qu'on prend en considération la génération la plus fragile. Ce n'est pas du mépris."

Pour M. Mascitti, ancien de la guerre d'Algérie et responsable associatif depuis quarante ans, le plus important est que la cérémonie, même restreinte, ait lieu avec un porte-drapeau :"C'est un symbole, un emblème, le minimum acceptable. Nous sommes un peu frustrés, mais nous aurions été encore plus frustrés si tout avait été annulé. Du moment qu'il y a une cérémonie, la flamme ne s'éteint pas".

"C'est tout à fait normal, il faut la faire malgré tout", assure aussi Jean-Paul Dignoire. A 62 ans, il s'apprète à vivre à Naours dans la Somme sa première cérémonie en tant que membre du Souvenir français : "Je vais lire le message de l'association. Nous serons en petit comité. Ce baptême sera un peu comme une répétition ! Ca ira mieux l'année prochaine."

Cérémonies restreintes et collectes annulées

Comme le rappelle Hélène Luisin, directrice de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) de l'Aisne, les hommages aux anciens combattants sont traditionnellement des moments "où l'on se voit, on s'embrasse, on se congratule. Mais en ce moment on ne peut pas. L'objectif est de se retrouver plus tard et en bonne santé".

Le confinement a d'autres conséquences pour les anciens combattants : "cette année, nous n'avons pas pu collecter pour les Bleuets de France", explique Hélène Luisin. En effet, les collectes sur la voie publique ont été annulées. Elles sont destinées à soutenir les anciens combattants, les veuves de guerre, les pupilles de la nation, les orphelins et les victimes d'acte de terrorisme.

Une collecte en ligne a donc été lancée sur le site de l'ONACGV. Cette année, la campagne est orientée en particulier au profit de l’hôpital d’instruction des armées Bégin. 

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