50 ans après sa mort, De Gaulle reste incontournable

Publié le par Dernières Nouvelles d'Alsace par Nathalie Mauret

Le cinquantenaire de la mort du général de Gaulle, qui s’est éteint à Colombey-les-Deux-Églises le 9 novembre 1970, sera célébré ce lundi. Un demi-siècle après son décès, Charles de Gaulle reste une référence à droite mais aussi à gauche.

Charles de Gaulle, alors président de la République, lors d’une interview le 7 juin 1968. Photo Archives AFP

Charles de Gaulle, alors président de la République, lors d’une interview le 7 juin 1968. Photo Archives AFP

« L’année de Gaulle est l’occasion de célébrer l’esprit de résistance, l’esprit de la République et l’esprit de la nation incarnés par la figure du Général », précise l’Élysée. Emmanuel Macron, qui possède une photo du général sur son bureau, offerte par Jacques Chirac, était loin d’être né en novembre 1969. Pourtant de Gaulle est une référence pour l’actuel chef d’Etat comme pour la quasi-totalité de la classe politique.

De l’extrême gauche à l’extrême droite l’admiration est partagée. Jean-Luc Mélenchon, leader de la France insoumise, pourtant pourfendeur de la Ve  République, le cite en référence notamment pour sa vision indépendante de la France. Marine Le Pen, dont le parti (RN, ex-FN) s’est historiquement construit sur l’anti-gaullisme, se réclame aujourd’hui des valeurs gaullistes.

Un message moderne

Un demi-siècle après sa disparition, le général de Gaulle jouit d’une telle aura que personne ne peut la contester. C’est la grâce du temps qui passe. « Son message très fort et jadis parfois incompris et combattu est moderne et utile au pays. Il est aujourd’hui reconnu pour l’universalité du regard qu’il avait sur la France et la façon qu’il avait de la porter », analyse, Stéphane Viry, député LR des Vosges et président de l’amicale des députés et anciens députés gaullistes.

Tous les présidents de la République, de droite comme de gauche, ont rendu hommage au père fondateur de la Ve  République. Forcément, la filiation est plus naturelle à droite.

Une ombre pour 2022

Tous les candidats à la primaire de la droite en 2016 ont évoqué la figure de De Gaulle, y compris François Fillon, qui proposait le programme le plus libéral mais voulait endosser la droiture gaullienne. « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? » avait-il lancé en meeting de campagne. L’attaque visait Nicolas Sarkozy mais elle a relancé sa candidature et a contribué à sa victoire lors de la primaire.

À l’aube de la campagne présidentielle de 2022, tous les candidats, de tous les bords politiques, prendront soin de se draper dans le gaullisme. C’est devenu une figure obligée à l’ombre de laquelle les prétendants à l’Élysée se glissent volontiers.

Histoire

Parmi ses répliques très directes, en voici quelques-unes qui ont marqué l’Histoire…

Paris

« Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! » : cette phrase est prononcée le 15 août 1944, jour de la libération de Paris.

Compris

« Je vous ai compris » : le 4 juin 1958, il prononce cette phrase à Alger, depuis le balcon du gouvernement général, devant la foule des « pieds-noirs » qui l’acclame.

Québec

« Vive le Québec libre » : le 24 juillet 1967, il prononce ces mots lors d’une visite officielle au Québec et déclenche une crise diplomatique. Il est contraint d’avancer son retour.

Dictateur

« Croit-on à 67 ans que je vais commencer une carrière de dictateur ? », s’offusque le général de Gaulle le 19 mai 1958, une semaine après son retour au pouvoir.

Chienlit

« La réforme, oui ; la chienlit non »… À propos des événements de 68, le 19 mai.

Je ne vais pas mal

« Je ne vais pas mal, mais rassurez-vous, un jour je ne manquerai pas de mourir », répond le général à un journaliste qui lui demande comment il va le 4 février 1965.

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