Anniversaire de la mort de De Gaulle : Macron en visite à Colombey

Publié le par Le Point

Le président de la République s'est rendu ce lundi à Colombey-les-Deux-Églises, où le général de Gaulle est mort le 9 novembre 1970, il y a 50 ans.

Emmanuel Macon à Colombey-les-Deux-Églises, en octobre 2018 (photo d'illustration). © VINCENT KESSLER / POOL / AFP

Emmanuel Macon à Colombey-les-Deux-Églises, en octobre 2018 (photo d'illustration). © VINCENT KESSLER / POOL / AFP

« Résilience et volonté. Cet esprit fut incarné par Charles de Gaulle, engagé pour la France dans les moments de douleurs comme dans ceux de gloires. Cet esprit est un héritage, celui de la France », a écrit sur Twitter Emmanuel Macron, ce lundi 9 novembre. Un message publié 50 ans après la mort du général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises, village de Haute-Marne où il s'était retiré et où s'est rendu le président de la République ce lundi.

Dans la vidéo jointe à son tweet, Emmanuel Macron soulignait en voix off que de Gaulle avait une « confiance inébranlable dans le destin de la France », « nous dit que la France est forte quand elle se tient unie », et a incarné « cette force d'agir, cet esprit français ». À cause de l'épidémie du Covid-19, le cinquantenaire de la mort du Général a été célébré sobrement, sans public, en présence seulement d'une trentaine de personnes, dont des membres de la famille de Gaulle.

Recueillement et cérémonie militaire

Emmanuel Macron s'est rendu avec son épouse dans le bourg de 700 habitants où le général de Gaulle passait ses vacances et où il a vécu les derniers mois de sa vie, après son départ de l'Élysée en 1969. Le chef de l'État n'a pas prononcé de discours et ne s'est pas exprimé.

Le couple présidentiel s'est d'abord rendu à la Boisserie, la résidence familiale devenue en partie un musée. Puis il s'est recueilli sur la tombe blanche où Charles de Gaulle repose, aux côtés de son épouse Yvonne et de sa fille Anne, dans le cimetière qui jouxte l'église. Il a participé ensuite à une cérémonie militaire devant la Croix de Lorraine, immense monument en granit rose de 43,50 m dominant les vignes environnantes, qui ont été survolées par la patrouille de France. La messe du souvenir qui se déroule chaque année a été annulée en raison de l'épidémie.

« Chacun s'est approprié sa part »

Après 1970, le « pèlerinage du 9 novembre » était devenu un rendez-vous incontournable pour les élus gaullistes. Les présidents Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy n'y ont pas dérogé, tandis que le socialiste François Hollande ne s'est rendu qu'à une reprise à Colombey durant son quinquennat. Pour Emmanuel Macron, ce second déplacement dans le village de Haute-Marne depuis son élection marque la fin des célébrations de l'année de Gaulle, organisée pour les anniversaires de sa naissance il y a 130 ans, de l'appel du 18 Juin il y a 80 ans et de sa mort. En son souvenir, l'Assemblée nationale a observé une minute de silence à l'ouverture de sa séance.

Ces célébrations ont donné à Emmanuel Macron l'occasion de se mettre dans les pas du fondateur de la Ve République, devenu aujourd'hui une figure tutélaire célébrée de l'extrême droite à l'extrême gauche, chacun revendiquant une partie de son héritage. « Chacun s'est approprié sa part, même les communistes. Tous ceux qui font référence à la politique du général de Gaulle respectent sa Constitution, celle de la Ve République », remarque son fils Philippe de Gaulle, âgé de 98 ans, interrogé par Paris Match. Pour l'Élysée, Charles de Gaulle « incarne avec force et vigueur l'esprit de la nation française : il a réussi à rassembler les Français pour qu'ils fassent preuve de résilience et de volonté face aux épreuves ».

Figure d'une richesse inépuisable

Autant de valeurs auxquelles fait appel, dans ses discours, Emmanuel Macron face aux « épreuves » actuelles que sont l'épidémie du Covid-19 et les attaques terroristes des dernières semaines. C'est dans cet esprit que le chef de l'État présidera aussi cette semaine les cérémonies de l'armistice du 11 novembre 1918, marquées par le centenaire de l'inhumation du Soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe et l'entrée au Panthéon de l'écrivain Maurice Genevoix, auteur de Ceux de 14 sur les combattants de la Grande Guerre.

La droite, héritière du gaullisme, lui rendra hommage mardi avec le dépôt d'une gerbe au pied de la statue de Charles de Gaulle, avenue des Champs-Élysées, par le président LR du Sénat Gérard Larcher, le président du parti Christian Jacob et les chefs de file au Parlement, Damien Abad à l'Assemblée et Bruno Retailleau au Sénat.

Cinquante ans après sa mort, Charles de Gaulle reste une figure d'une richesse inépuisable : une vingtaine de livres lui ont été consacrés depuis la rentrée, et la télévision multiplie les émissions, dont l'ambitieuse série De Gaulle, l'éclat et le secret, diffusée actuellement par France 3. « L'attraction qu'il exerce encore est incontestable : il suffit de regarder les sondages. Sa popularité en tant qu'homme du 18 Juin est sans équivalent dans l'histoire », souligne Éric Roussel, auteur de De Gaulle, monument français.

Publié dans Articles de Presse

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