Décès de Jean-Louis Servan-Schreiber à l’âge de 83 ans

Publié le par L'Union

D’après « Paris-Match », le journaliste et essayiste Jean-Louis Servan-Schreiber est mort des suites de la Covid-19 à l’âge de 83 ans.

Jean-Louis Servan-Schreiber le 22 novembre 2010. - Archives AFP / BERTRAND GUAY

Jean-Louis Servan-Schreiber le 22 novembre 2010. - Archives AFP / BERTRAND GUAY

Le journaliste et essayiste Jean-Louis Servan-Schreiber est mort samedi 28 novembre à l’âge de 83 ans, des suites de la Covid-19, rapporte Paris-Match.

Jean-Louis Servan-Schreiber avait fait ses débuts aux « Échos ». Puis il avait rejoint son frère Jean-Jacques Servan-Schreiber, qui dirigeait « L’Express », rappelle Le Figaro.

Il avait participé à la création du magazine économique « L’Expansion » en 1967.

Adolescent, il rêve de devenir psychanalyste

Parfois éclipsé par son charismatique frère aîné, Jean-Louis Servan-Schreiber s’est imposé comme un puissant patron de presse à l’américaine, à la tête de « L’Expansion » et de « Psychologies » notamment.

Dans cette dynastie aux racines prussienne et juive, à côté d’Émile, Robert, Jean-Claude, Marie-Claire, Brigitte (Gros), Christiane (Collange) et bien sûr Jean-Jacques, fondateur de « L’Express » et esprit brillant, le benjamin est lui aussi parvenu à se faire un prénom.

Né le 31 octobre 1937 à Boulogne-Billancourt, Jean-Louis rêve, adolescent, de devenir psychanalyste.

Mais, dans ce clan, la presse est une affaire de famille. Aussi, à sa sortie de Sciences-Po en 1960, il intègre tout naturellement, comme journaliste, le quotidien économique « Les Échos », cofondé par son père, avant de rejoindre « L’Express » de son frère.

Fasciné par les États-Unis

Fasciné par les États-Unis où il séjourne régulièrement – il enseignera même à l’université de Stanford –, Jean-Louis en importe une certaine vision du management et de la presse. Les deux frères transforment l’hebdomadaire en premier « newsmagazine » de France.

L’héritier décide vite de voler de ses propres ailes en créant son entreprise de presse, en 1967. Ce sera, au côté de Jean Boissonnat, « L’Expansion », qui devient un groupe puissant et incontournable de la presse économique (« L’Entreprise », « La Vie financière », « La Lettre de l’Expansion », « La Tribune »…).

Initiales JLSS

Dans les années 1970, le jeune loup à la raie impeccable et à l’allure de premier de la classe se fait aussi connaître du grand public en intervieweur du « Questionnaire », émission mensuelle sur TF1.

Il interroge notamment le président Valéry Giscard d’Estaing. On le retrouve aussi à la même époque chroniqueur sur France Inter et Europe 1.

« Je fais du surf sur les évolutions sociales. Quand un phénomène émerge, je crée un journal », explique en 1979 Jean-Louis Servan-Schreiber, qui se voit comme « architecte en journal ».

Il reprend «Psychologies» en 1997

Après le succès de son groupe économique, il reprend en 1997 « Psychologies », dont il fait, avec sa seconde épouse Perla, un grand succès.

« Pendant 30 ans, j’ai expliqué à des hommes comment réussir. Aujourd’hui, j’explique à des femmes comment être bien. C’est plus agréable », déclare-t-il à « Libération ».

La diffusion passe vite de 75 000 à 350 000 exemplaires et, en dix ans, le titre devient, derrière « Marie-Claire », le deuxième mensuel féminin haut de gamme français en diffusion et en recettes de publicité. Il le vendra ensuite au groupe Lagardère.

Essayiste prolifique

Ce touche-à-tout amateur de yoga et qui « s’organise par hédonisme » est également un essayiste prolifique. Avec à son actif 17 ouvrages (« Le Pouvoir d’informer », « L’Art du temps », « Le Retour du courage »…), dont plusieurs best-sellers.

Chez les Servan-Schreiber, les initiales sont une tradition. À côté de JJSS (décédé en 2006), le cadet JLSS aura lui aussi réussi à imposer les siennes.

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