Documentaire : Klaus Barbie, un procès pour mémoire

Publié le par Réforme par Philippe Clanché

Ce dimanche 11 octobre, France5 diffuse Klaus Barbie, un procès pour mémoire, qui revient sur ce procès qui a marqué le pays.

 Klaus Barbie lors de son procès en 1987 à Lyon - ©Marc-Riboud

Klaus Barbie lors de son procès en 1987 à Lyon - ©Marc-Riboud

Au printemps 1987, la France a vécu un moment d’histoire. Klaus Barbie, bourreau des Juifs et des résistants, était jugé devant la Cour d’assises de Lyon. Un procès hors normes, suivis par les médias du monde entier, et, grande première, entièrement filmé. Ce documentaire présente des images des audiences et redonne la parole, 30 ans après, à de grands acteurs (avocats, jurés) et à des journalistes de l’époque. « Nous allions découvrir une face de l’humanité et pas la bonne », résume l’un d’eux.

Coup d’éclat de Barbie

On suit les débats de l’intérieur du palais de justice. On revit le coup d’éclat de Barbie, défendu par le sulfureux Jacques Vergés, qui demande à retourner dans sa cellule, jugeant son arrestation illégale et son procès illégitime. « Cela confirme sa lâcheté », assène à la barre une femme torturée par la Gestapo, aux ordres du prévenu absent du box. Car survient alors le moment le plus terrible du film, comme du procès, les témoignages des parties civiles. Victimes torturées, déportés, enfants de disparus racontent ce qu’ils n’avaient jamais dit, à une société française qui ignorait l’étendue de l’horreur. Au nom des parties civiles, plutôt que charger l’accusé, Serge Klarsfeld se lance dans une litanie de noms qui tétanise le spectateur. On entend sonner le glas quand Jacques Vergés veut entamer la défense du bourreau. Reconnu coupable de dix-sept « crimes contre l’humanité », après un délibéré de 6 heures, Klaus Barbie est condamné à perpétuité et finira ses jours en prison. « Le livre d’histoire est écrit », conclut, soulagé, Alain Jakubowicz, alors jeune avocat.

Parfois insoutenable, ce documentaire est à montrer partout. Et surtout à celles et ceux qui voudraient minimiser les crimes du passé ou ne pas croire possible un retour de la barbarie. Pour eux, les réalisateurs ont conservé une scène.  « Je vous demande de la vigilance, ce n’est pas terminé », lance aux caméras la directrice de la maison d’Izieu, absente ce jour de 1944 où les soldats ont emporté vers la mort son mari, 7 adultes et 44 enfants cachés juifs.

À voir : Klaus Barbie, un procès pour mémoire, dimanche 11 octobre à 22h25, sur France 5.

Publié dans Articles de Presse

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