Joe Biden déclaré vainqueur de l’élection présidentielle américaine

Publié le par La Croix par Anne-Bénédicte Hoffner

Analyse Après quatre journées intenses de dépouillement et de multiples rebondissements, le candidat démocrate a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle américaine. Les résultats dans l’État de Pennsylvanie lui ont permis de remporter le précieux sésame des 270 grands électeurs. Mais la route est encore longue jusqu’à l’Inauguration Day le 20 janvier. 

Joe Biden après son discours le soir de l’élection présidentielle, le 4 novembre 2020. ANGELA WEISS/AFP

Joe Biden après son discours le soir de l’élection présidentielle, le 4 novembre 2020. ANGELA WEISS/AFP

Après quatre jours d’un dépouillement plus que tendu, Joe Biden a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle américaine du mardi 3 novembre. Après avoir remporté la majorité des voix dans l’État de Pennsylvanie, il a atteint le seuil des 270 grands électeurs nécessaires à son élection comme 46e président des États-Unis.

Une attente fébrile a précédé cette annonce : en Géorgie, en Pennsylvanie ou encore en Arizona les écarts ne cessaient de se resserrer ces dernières heures entre les deux candidats. C’est finalement l’annonce des résultats dans l’État de Pennsylvanie qui a fait pencher la balance. Faute d’une autorité indépendante ou fédérale compétente pour valider les résultats, c’est à la presse américaine, et en particulier à l’agence de presse Associated Press, que revient ce rôle.

À 77 ans, Joseph Biden, vétéran de la vie politique américaine est proche de remporter son pari, après trente-six années au Sénat, huit à la Maison-Blanche comme vice-président de Barack Obama. Il a été deux fois candidat malheureux à l’investiture du Parti démocrate.

Une longue suite d’obstacles

Pour autant, l’affaire n’est pas encore réglée et il lui reste d’importants obstacles à franchir avant de devenir, le 20 janvier 2021, le successeur de Donald Trump. Les avocats de ce dernier ont engagé une série de recours qui maintiennent l’incertitude et le président sortant semble bien décidé à se battre jusqu’au bout, quitte à transformer la Maison-Blanche en camp retranché.

La Géorgie, où le démocrate Joe Biden et le président républicain Donald Trump sont dans un mouchoir de poche, a annoncé vendredi 6 novembre un recomptage des votes. « Nous sommes sûrs qu’on trouvera des bulletins irréguliers et que le président Trump l’emportera in fine » dans cet État, avait prévenu quelques heures avant, dans un communiqué, Matt Morgan, un responsable de l’équipe de Donald Trump.

« Il y avait de nombreuses irrégularités en Pennsylvanie, notamment le fait que des responsables électoraux ont empêché nos observateurs légaux bénévoles d’avoir vraiment accès aux centres de dépouillement », a-t-il ajouté. La justice a donné raison au camp Trump sur ce sujet précis. Au Nevada, où Joe Biden était en avance mais le dépouillement également toujours en cours, « il semble que des milliers de personnes aient voté par correspondance de manière irrégulière », a encore estimé le responsable de la campagne du président sortant, sans pour autant apporter de preuve pour étayer cette affirmation.

La date fatidique du 14 décembre

La route est donc encore longue pour Joe Biden. Mardi 3 novembre, les électeurs américains ont désigné les grands électeurs de leur État. Leur nombre, dans chacun des cinquante États, correspond au nombre d’élus au Congrès de Washington : soit deux sénateurs, auxquels s’ajoute un nombre de députés proportionnel au nombre d’habitants de l’État. La liste arrivée en tête rafle toute la mise

Le premier lundi qui suit le deuxième mercredi de décembre, soit le 14 décembre de cette année, ce sera au tour de ces 538 grands électeurs de voter pour élire le président. Tous les recours juridiques devront être épuisés à cette date, obligeant les différents échelons (celui du comté, celui de l’État, et enfin l’éventuel échelon de la Cour suprême fédérale) à aller vite.

Mais il faut désormais tout envisager, y compris l’impossibilité pour les 538 grands électeurs de désigner un vainqueur avec 270 voix. Si aucun candidat n’atteint la majorité au sein du collège électoral, la Constitution passe la main à la Chambre des représentants. Complexité supplémentaire, dans ce cas très spécifique, celle-ci ne vote pas par représentant mais par État : chaque délégation d’État étant dotée d’une voix. Or les démocrates ont gardé le contrôle de la Chambre des représentants mais là aussi, sans raz-de-marée bleu.

De nombreux rebondissements sont encore possibles avant que le président élu fasse son discours d’investiture devant le Capitole une main sur la Bible, le 20 janvier à midi lors de l’Inauguration Day.

Publié dans Articles de Presse

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