Marée blanche. Enlèvements, assassinats... Le port du Havre gangréné par le trafic de cocaïne

Publié le par Atlantico

Une enquête du Monde montre comment le port normand est devenu la première porte d'entrée de la cocaïne en France. 

Marée blanche. Enlèvements, assassinats... Le port du Havre gangréné par le trafic de cocaïne

Le Monde a publié ce samedi 15 novembre une enquête passionnante sur le port du Havre, secoué depuis plusieurs mois par des actes ultraviolents liés au trafic de drogue en provenance d’Amérique du Sud.

Dans ce bastion de la CGT depuis 1950, où l'on est embauché de père en fils, "les dockers sont facilement corruptibles et, une fois sous la coupe d’organisations criminelles, il leur est difficile de faire machine arrière", témoigne un fonctionnaire des douanes. Longtemps, ils ont pratiqué "la « grappille », le pillage de conteneurs", écrit le journal. "Avec le temps, les régimes de bananes ont cédé la place aux bouteilles de vin et de parfum. Avec le temps, le quartier est devenu la base arrière du trafic de stupéfiants."

Alors que Le Havre est devenu première porte d’entrée de la cocaïne en France, selon les rapports des services d’enquêtes spécialisés dans la lutte contre le trafic des stupéfiants, et que les autorités tentent de le sécuriser, les trafiquants ont de plus en plus besoin de la complicité du personnel habilité à ­circuler sur le port pour faire sortir leur marchandise, autrement dit des dockers.

"Pièce maîtresse du dispositif, le docker touche un beau pourcentage des 1 000 euros par kilo de drogue sorti (...) Chacun des cinq terminaux a sa grille tarifaire, car certains sont plus difficiles à pénétrer que d’autres, tous disposant de leur propre système de sécurité. Les conducteurs de cavaliers (les grues géantes qui déchargent les conteneurs des bateaux) sont les plus demandés. Ce sont ces dockers qui vont chercher les conteneurs pour les placer aux bons endroits, dans les angles morts des caméras par exemple. Ils peuvent ­toucher entre 50 000 et 80 000 euros pour trente minutes de travail", détaille Le Monde.

Une réunion a eu lieu en juin entre les directeurs de cabinet du ministère des transports, de l’intérieur et de l’action et des comptes publics (douanes). Preuve que l’ampleur du trafic sur le port du Havre préoccupe en haut lieu.

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