Mort du patron de presse Jean-Louis Servan-Schreiber à 83 ans

Publié le par Le Monde avec AFP

Mort du Covid-19, il s’était imposé comme un puissant patron de presse à l’américaine, à la tête de « L’Expansion » et de « Psychologies ».

Mort du patron de presse Jean-Louis Servan-Schreiber à 83 ans

Mort du patron de presse Jean-Louis Servan-Schreiber à 83 ans

Le journaliste et patron de presse Jean-Louis Servan-Schreiber, qui avait notamment fondé L’Expansion, est mort samedi 28 novembre, à l’âge de 83 ans, a annoncé dimanche Psychologies Magazine, une de ses plus célèbres publications. Il est mort des suites du Covid-19, a affirmé sa famille à l’Agence France-Presse (AFP), confirmant une information de Paris Match.

Né dans une célèbre famille de presse aux côtés notamment de son frère Jean-Jacques, fondateur de L’Express, Jean-Louis Servan-Schreiber était un « journaliste et essayiste à la curiosité insatiable », a rapporté Psychologies Magazine sur son site. Il avait dirigé le mensuel axé sur le bien-être et le développement personnel pendant dix ans, le transformant en publication à succès, déclinée à l’étranger.

« “JLSS” a marqué l’histoire de la presse française », a réagi la ministre de la culture, Roselyne Bachelot, en référence à ses initiales, tandis que la maire de Paris, Anne Hidalgo, a rendu hommage à un « grand humaniste ».

Sur Twitter, le président du Festival de Cannes et journaliste Pierre Lescure a salué un « grand homme de presse », qui a « travaillé sans cesse sur la nature humaine et sa richesse ». « Ses conseils ont été précieux pour la relance de L’Express », selon le patron de presse Alain Weill, qui a rendu hommage à un « homme de presse exceptionnel ».

Le directeur exécutif de Human Rights Watch (HRW), Kenneth Roth, s’est, lui, dit attristé par la nouvelle de son décès : « Il a été un pionnier de la présence aujourd’hui vibrante de HRW en France (…) apportant son intelligence, sa passion et ses principes à la cause des droits de l’homme. »

Il rêvait d’être psychanalyste

Né le 31 octobre 1937 à Boulogne-Billancourt, Jean-Louis rêve, adolescent, de devenir psychanalyste. Mais, dans ce clan, la presse est une affaire de famille. Aussi, à sa sortie de Sciences Po en 1960, il intègre tout naturellement, comme journaliste, le quotidien économique Les Echos, cofondé par son père, avant de rejoindre L’Express de son frère.

Fasciné par les Etats-Unis où il séjourne régulièrement – il enseignera même à l’université Stanford –, Jean-Louis en importe une certaine vision du management et de la presse. Les deux frères transforment l’hebdomadaire en premier « newsmagazine » de France.

L’héritier décide vite de voler de ses propres ailes en créant son entreprise de presse, en 1967. Ce sera, au côté de Jean Boissonnat, L’Expansion, qui devient un groupe puissant et incontournable de la presse économique (L’Entreprise, La Vie financière, La Lettre de l’Expansion, La Tribune…).

« Je fais du surf sur les évolutions sociales »

Dans les années 1970, le jeune loup à la raie impeccable et à l’allure de premier de la classe se fait aussi connaître du grand public en intervieweur du « Questionnaire », émission mensuelle sur TF1. Il interroge notamment le président Valéry Giscard d’Estaing. On le retrouve aussi à la même époque chroniqueur sur France Inter et Europe 1. « Je fais du surf sur les évolutions sociales. Quand un phénomène émerge, je crée un journal », explique en 1979 Jean-Louis Servan-Schreiber, qui se voit comme « architecte en journal ».

Après le succès de son groupe économique, il reprend en 1997 Psychologies, dont il fait, avec sa seconde épouse, Perla, un grand succès. La diffusion de ce titre, renommé Psychologies Magazine, passe vite de 75 000 à 350 000 exemplaires. En dix ans, le titre devient, derrière Marie Claire, le deuxième mensuel féminin haut de gamme français en diffusion et en recettes de publicité. Il le vendra ensuite au groupe Lagardère.

Il est également l’auteur d’une vingtaine d’essais, dont 80 ans, un certain âge, sur la vieillesse, paru au début de 2019. Chez les Servan-Schreiber, les initiales sont une tradition. A côté de JJSS (mort en 2006), le cadet JLSS aura lui aussi réussi à imposer les siennes.

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