Qu'est-ce que le procès de Nuremberg?

Publié le par Le Journal du Dimanche par François Clemenceau

L'ANTISECHE - Chaque jour, l'antisèche du JDD répond à une question que vous vous posez sur l'actualité. Ce matin, retour sur le procès de Nuremberg, à l'occasion du 75e anniversaire de l’ouverture des débats.

 La salle de tribunal du procès de Nuremberg. (Sipa)

La salle de tribunal du procès de Nuremberg. (Sipa)

Le président de la République fédérale allemande, Frank-Walter Steinmeier, présidera vendredi la cérémonie du 75e anniversaire de l’ouverture du procès de Nuremberg. Ce procès intenté par les dirigeants des puissances alliées qui ont gagné la deuxième guerre mondiale visait à la fois à punir les plus hauts responsables du régime nazi pour les crimes contre l’humanité perpétrés pendant toute la durée du 3e Reich mais également à doter la communauté internationale de sa première juridiction apte à juger de tels crimes. 

Le procès s’est tenu du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946 dans le Palais de justice de Nuremberg, l’une des dernières villes les moins en ruine du pays, dans la zone occupée alors par les forces américaines. La nature du tribunal était militaire et de droit accusatoire anglo-saxon.

24 accusés dont Hermann Göring, Rudolf Hess et Martin Borman

Parmi les 24 accusés figuraient Hermann Göring, le plus haut dignitaire nazi vivant après le suicide d’Adolf Hitler, Rudolf Hess successeur désigné du Führer, Ernst Kaltenbrunner, chef de la police secrète du régime et de la Gestapo, Martin Borman, chef du parti nazi ou Joachim von Ribbentrop, chef de la diplomatie du Reich depuis 1938.

Le tribunal était composé de quatre juges (représentant les Etats-Unis, le Royaume Uni, la France et l’Union soviétique) et de quatre procureurs représentant les mêmes grandes puissances. Le juge français était Henri Donnedieu de Vabres, un professeur de droit public reconnu, et le procureur français, François de Menthon assisté d’une équipe au sein de laquelle figurait le futur ministre et président du Conseil Edgar Faure.

Onze condamnations à mort

Le procès fut abondamment couvert par la presse internationale, notamment par Walter Cronkite qui deviendra le présentateur du Journal télévisé de CBS pendant plus de 20 ans, Markus Wolf, qui rejoindra et dirigera plus tard la Stasi, la police politique est-allemande ou le Français Joseph Kessel.

Lors du verdict, après des semaines de délibération, onze des accusés furent condamnés à mort par pendaison, trois à la réclusion à perpétuité et les autres à des peines de dix à vingt ans de prison. Seuls Hjalmar Schacht, ministre de l’économie du Reich et Franz Von Papen furent acquittés.

La dénazification en Allemagne entraina par ailleurs une douzaine de grands procès pour juger les complices des crimes perpétrés. Plus de 5.000 personnes ont été inculpées et près de 800 condamnés à mort.

Publié dans Articles de Presse

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