Royaume-Uni : décès en prison de l’Eventreur du Yorkshire

Publié le par Le Parisien

Peter Sutcliffe avait terrorisé l’Angleterre de 1975 à 1980, tuant sauvagement 13 femmes et tentant d’en assassiner 7 autres.

Peter William Sutcliffe avait été entendu pas moins de neuf fois, avant d’être arrêté pour une fausse plaque d’immatriculation. AFP

Peter William Sutcliffe avait été entendu pas moins de neuf fois, avant d’être arrêté pour une fausse plaque d’immatriculation. AFP

L'un des pires criminels de l'histoire du Royaume-Uni, Peter Sutcliffe, surnommé l'Eventreur du Yorkshire pour le meurtre de 13 femmes et condamné à la prison à vie, est décédé vendredi, a annoncé un porte-parole du ministère de la Justice.

« Peter Sutcliffe était un individu dépravé et malfaisant, dont les crimes ont causé des souffrances inimaginables et consterné le pays », a déclaré un porte-parole du Premier ministre Boris Johnson en ajoutant : « Rien n'effacera jamais le mal qu'il a causé, mais il est juste qu'il soit mort derrière les barreaux pour ses meurtres barbares. »

Sutcliffe, 74 ans, avait été récemment testé positif au nouveau coronavirus, selon les médias britanniques, maladie s'ajoutant à divers problèmes de santé. Le ministère de la Justice a refusé de commenter, indiquant simplement qu'il était décédé à l'hôpital.

Il avait été condamné en 1981 à la prison à vie pour avoir tué 13 femmes dans le Yorkshire et le nord-ouest de l'Angleterre entre 1975 et 1980, et avoir tenté d'en tuer sept autres.

Sutcliffe mutilait le corps de ses victimes en utilisant un marteau, un tourne-vis et un couteau, ce qui lui avait valu son sinistre surnom.

20 000 maisons fouillées

Il avait prétendu être chargé d'une « mission divine » le poussant à tuer des prostituées, même si toutes ses victimes n'étaient pas des travailleuses du sexe.

Diagnostiqué comme un schizophrène paranoïaque, il avait passé trente ans interné dans un hôpital psychiatrique avant d'être détenu dans une prison à Durham (nord-est).

Sutcliffe avait réussi à échapper aux enquêteurs pendant des années grâce notamment à une série d'erreurs de la police. Il avait été entendu pas moins de neuf fois comme suspect par les enquêteurs. A chaque fois, il a été relâché sans être poursuivi. Il avait finalement reconnu ses crimes en 1981 après avoir été arrêté parce que sa voiture portait une fausse plaque d'immatriculation.

Selon l'ex-inspecteur Bob Bridgestock, qui avait travaillé sur l'enquête a expliqué sur la BBC que les officiers supérieurs « portaient des oeillères pendant l'enquête.»

Dans cette affaire, l'équipe d'enquêteurs, surnommée The Ripper Squad (« le groupe de l'Eventreur ») a tout de même interrogé en cinq ans près de 250 000 personnes et fouillé 20 000 maisons.

Pour Richard McCann, le fils de Wilma McCann, première victime reconnue du tueur, assassinée en 1975 lorsque son fils n'avait que 5 ans, c'est une sorte de dénouement. « Chaque fois que nous entendions un reportage sur lui, où des photos de ma mère ont souvent été montrées, c'était juste un autre rappel de ce qu'il avait fait », a-t-il confié à la BBC.

De son côté, Marcella Claxton, l'une des sept victimes à avoir échappé au tueur, a expliqué sur Sky News les séquelles qu'a engendrées la tentative de meurtre subie en 1976, à Leeds (nord). « Je dois vivre avec mes blessures, 54 points de sutures dans la tête, ainsi qu'avec la perte de mon bébé, car j'étais enceinte de quatre mois », a-t-elle confié.

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