Salameh Patrick

Publié le par Mémoires de Guerre

Patrick Salameh, né le 21 avril 1957, est un tueur en série et criminel français. Il fut surnommé «Jack l'éventreur de Marseille.» En 2008, dans la cité phocéenne de nombreuses femmes disparaissent sans laisser de trace. Malgré les efforts fournis par les scientifiques, aucun corps n'est retrouvé. Une témoin-clé va venir relancer l'enquête en affirmant que Patrick Salameh est l'auteur de ces disparitions. Lorsque Patrick Salameh se retrouve mêlé à ces disparitions, les enquêteurs vont découvrir son lourd passé judiciaire, l'accablant directement. Il sera condamné en 2014 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans pour enlèvement, séquestration, et viol entrainant la mort. 

Salameh Patrick

Origine

Patrick Salameh est né le 21 avril 1957 à Fréjus dans le Var. Il est issu d’une grande famille d'origine libano-syrienne, composée de 9 frères et sœurs. Lorsqu'il est enfant, ils déménagent dans la région de Marseille. A l'âge adulte, Patrick Salameh se marie et devient père de deux enfants. Dans les années 1980, il tient un restaurant situé au cœur des quartiers sensibles de Marseille.

Passé judiciaire

Toute la vie de Patrick Salameh fut rythmée par la délinquance. Entre septembre 1988 et février 1989, Patrick Salameh avec une bande d'amis vont réaliser de nombreux cambriolages. Ils sévissent dans la région varoise. Ils s’introduisent chez des particuliers, les agressent et volent leur fortune. Ils seront surnommés La Horde Sauvage dans la presse et dans les médias. Finalement, ils seront arrêtés et incarcérés à la prison des Baumettes. Patrick Salameh sera accusé par ses complices d’être l’auteur des violences, mais il n’avouera jamais avoir commis ces infractions.

Le 10 mai 1996 a eu lieu son procès à la cours d’assise de Draguignan. Il y comparait accompagné de ses complices. À l’issue d’une semaine de procès, les jurés vont délibérer pendant quatre heures afin de déterminer les peines. L’avocat général requiert 20 ans de prison contre Patrick Salameh. Il écope donc de la peine maximale pour vol à main armée, séquestration, torture et attentat à la pudeur. Il va passer 16 années en prison suite à ce procès.

Durant ses années d’incarcération, Patrick Salameh va écrire et notamment peindre, se révélant un réel talent. Il peint des toiles qui seront exposées dans plusieurs galeries. Elles sont révélatrices d’un personnage torturé. À sa sortie de prison en 2005, sa vie reprend son cours, il retrouve sa famille, expose ses œuvres et travaille également comme chef de chantier. Sa liberté va durer tout juste 3 ans puisque retourne en prison dès novembre 2008, arrêté pour la disparition des 3 prostituées de Marseille. 

L'affaire de l'éventreur de Marseille

Les victimes

En 2008, dans la cité phocéenne de mystérieuses disparitions vont avoir lieu. En l’espace d’un seul mois, 3 prostituées vont être portées disparues.

  • La première victime se nomme Iryna Sytnyk. C’est une ukrainienne de 42 ans qui disparaît durant la soirée du 5 octobre 2008.
  • Deux semaines plus tard, le 22 octobre 2008, Cristina Bahulea une jeune prostituée de 23 ans, originaire de Roumanie, se volatilise à son tour sans laisser de trace.
  • Le 7 novembre 2008 au soir, Zineb Chebout, une prostituée algérienne de 28 ans, sort de chez elle pour faire une course et ne rentrera jamais.

Une témoin-clé

La première piste des enquêteurs fait référence à un tueur en série qui sévit sur Marseille. Il enlève et tue des femmes du même profil, des prostituées étrangères. Les enquêteurs n'ont pas d'indice et n'ont pas de potentiel suspect. Cependant, une révélation va venir bouleverser le cours de l’enquête. Une prostituée marocaine, Soumia El Kandadi va donner aux enquêteurs le nom d’un homme qui se peut être le coupable. Il s’agit de Patrick Salameh, qui dans la nuit du 5 au 6 octobre 2008, la séquestre et la viole. Lorsque son calvaire prend fin, elle remarque qu’un corps inerte gît dans la baignoire de son agresseur. Ce dernier lui aurait précisé : « voilà le sort que je réserve aux femmes qui ne m’obéissent pas. »

Les déclarations de Soumia mettent les enquêteurs sur la piste de Patrick Salameh. Une autre piste va les conforter dans leur suspicion. Le téléphone de l’une des prostituées continue d’émettre un signal après sa disparition. Les services de police localise ce dernier et le retrouve dans un quartier de Marseille. C’est un enfant qui a récupéré la carte SIM, qui lui a été remise par un certain Patrick Salameh. Patrick Salameh s’est emparé des cartes SIM de ses victimes et les a données. Cette technique permet de faire croire aux policiers que les disparues sont toujours en vies, puisque leur numéro de téléphone continue d'émettre un signal localisable. 

Les indices

Les enquêteurs vont chercher le corps des disparues au domicile de Patrick Salameh, dans les quartiers Nord de Marseille, à Saint-Mitre. Soumia, la jeune femme qui a subi les sévices de Patrick Salameh et qui a pu s’en échapper, va aider les enquêteurs. Elle les guide sur le lieu où elle aurait aperçu le cadavre d’une femme, lieu où Patrick emmenait également les prostituées avec qui, il passait la nuit. Il s'agit de sa garçonnière, petit studio adjacent à son domicile principal. La garçonnière va être passée au peigne fin. Les enquêteurs ne vont pas trouver de corps, mais de nombreux indices comme par exemple, les ADN des 3 femmes disparues vont être retrouvés, ainsi que certains de leurs effets personnels comme des bijoux et des sous vêtements. Les prostituées ont bien fréquenté la garçonnière de Patrick Salameh, en revanche aucune trace de sang ne sera découverte. Durant ses auditions, Patrick Salameh niera les meurtres des prostituées et gardera le silence. Les corps n'ont jamais été retrouvés. 

Lien avec une autre affaire

Les enquêteurs élargissent leurs recherches et se demandent si Cristina, Zineb et Iryna sont les seules victimes de Patrick Salameh. Ils font alors le lien avec Fatima Saiah. C'est une jeune étudiante de 20 ans, qui a disparu à Marseille quelques mois plus tôt avant la disparition des prostituées. Fatima publie une annonce pour proposer ses services de babysitting. Un homme divorcé la contacte pour garder ses enfants le samedi après-midi 7 mai 2008. L’homme donne rendez-vous à Fatima à 15h au Métro Malpassé. Il ne lui indique pas son nom. Il lui précise que c’est sa femme qui viendra la chercher au volant d’une volkswagen grise à la sortie du métro. Ce dernier se situe non loin de la garçonnière de Patrick Salameh. Ce jour là, le petit-ami de Fatima l’accompagne sur les lieux, puis ils se quittent peu avant le rendez-vous. 

Ils conviennent ensemble de se rappeler dans quelques heures. 2H plus tard, son petit-ami reçoit un étrange texto spécifiant « j’ai rencontré une ancienne amie, je serai de retour ce week-end ». Ne reconnaissant pas le comportement de sa copine, il s’inquiète directement et tente de la joindre. Il n’y parvient pas car le téléphone de Fatima est éteint et il le restera pour toujours. Le lendemain, sa famille et son petit ami inquiets de ne pas avoir de nouvelles se rendent au commissariat pour signaler la disparition de la jeune fille. Les enquêteurs vont retracer l’appel téléphonique que Fatima a reçu pour le babysitting. L’appel a été émis depuis une cabine à la gare Saint-Charles de Marseille. Ce sera le seul élément que la police disposera pour résoudre l’enquête. Une personne sans domicile fixe ayant pour habitude d’utiliser la cabine téléphonique de la gare va être interrogée et va formellement reconnaître Patrick Salameh. 

Son arrestation

Le soir du 15 novembre 2008, les enquêteurs arrêtent Patrick Salameh, leur seul suspect. Après son l’arrestation, plus aucune disparition inquiétante ne sera signalée à Marseille. Le passé de Patrick Salameh ne va pas jouer en sa faveur puisqu’il s’agit d’un repris de justice. En novembre 2008, lorsqu'il est arrêté, Patrick vient tout juste de sortir de prison. Il purgeait une peine de 16 ans, condamné pour vol avec port d’armes et séquestrations accompagnés de tortures corporelles.

Le procès

Son premier procès a lieu en mars 2014, à la cour d’assises d’Aix-en-Provence. Patrick Salameh est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Il est reconnu coupable d’enlèvement, de séquestration, de viol suivis de mort sur la personne d’ Iryna Sytnyk, de Cristina Bahulea et de Zineb Chebout. Ce sont les trois prostituées qui furent portées disparues en 2008. Il est également jugé pour la séquestration et le viol de Soumia El Kandadi, la principale témoin dont le témoignage avait conduit à l’arrestation de Patrick Salameh. C’est en octobre 2015 qu’a lieu son deuxième procès à la cour d’assises des Bouches-du-Rhône. Patrick Salameh est jugé pour l'enlèvement suivi de la mort de Fatima Saiah, jeune lycéenne, dont le corps n'a jamais été retrouvé. Il est également condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans. 

Publié dans Banditisme

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