Vernay Denise

Publié le par Mémoires de Guerre

Denise Vernay, née Denise Jacob le 22 juin 1924 à Paris et morte le 4 mars 2013 à Paris, est une résistante française. Arrêtée en 1944 pendant qu'elle transportait deux postes émetteurs et des finances pour le maquis des Glières, elle est torturée par la Gestapo puis déportée à Ravensbrück. Rescapée, elle témoigne de l'horreur des camps. Elle est la sœur de Simone Veil

Vernay Denise

Enfance

Denise Jacob est la fille d'André Jacob, architecte, et d'Yvonne Steinmetz. Elle est la deuxième fille de leurs quatre enfants : Simone Veil, Jean et Madeleine. La famille habite à Nice au début de la Seconde Guerre mondiale. Sous l'Occupation, Denise Jacob, en terminale, inscrit tôt le matin au tableau noir les mots d'ordre et les messages entendus la nuit à la radio de Londres. 

Participation à la Résistance intérieure française

Elle s'engage à 19 ans dans la Résistance lyonnaise au sein du mouvement Franc-Tireur, sous le pseudonyme Miarka, et reprend la mission de Nicole Clarence, qu'elle avait connu via les Éclaireurs de France. En temps qu'agent de liaison, elle se charge à bicyclette de glisser du courrier clandestin dans les boites aux lettres. Devenue agent de liaison de l'Armée secrète, elle se rend à Annecy après le débarquement de Normandie. Elle est volontaire pour récupérer en Saône-et-Loire deux postes émetteurs et des subsides qui y ont été parachutés, pour les acheminer vers le maquis des Glières

Arrestation et déportation

Elle part pour la Saône-et-Loire, effectue les 240 km à bicyclette jusqu'à Cluny, où elle récupère les postes émetteurs et les finances, et les achemine en taxi jusqu'à Caluire. Le lendemain, dans un autre taxi, elle part pour les Glières. Arrêtée à un barrage avec son matériel, elle est remise à la Gestapo de Lyon, place Bellecour, où elle subit la torture de la baignoire. Elle est déportée au camp de Ravensbrück le 26 juillet 1944 car les Nazis ne savent pas qu'elle est juive. 

Là, malgré sa propre fatigue, elle prend volontairement à plusieurs reprises la place de l'une ou l'autre des Polonaises exténuées par les expériences médicales, pour endurer à leur place les interminables appels ; elle n'en parle pas elle-même, c'est Germaine Tillion, dont elle fut l'amie et la secrétaire à l'École des hautes études en sciences sociales (ex-École pratique des hautes études), qui en témoigne. 

Ensuite transférée à Mauthausen en mars 1945, elle est libérée le mois suivant. Elle témoignera au sein de la Fondation pour la mémoire de la déportation. En 1947, elle épouse Alain Weill dit Alain Vernay (1918-2015), résistant, journaliste, conseiller économique, avec qui elle aura trois enfants et sept petits-enfants. Elle meurt en 2013, âgée de 88 ans. 

Distinctions

  • Commandeur de la Légion d'honneur.
  • Grand'croix de l'ordre national du Mérite.
  • Croix de guerre 1939-1945 avec palmes.
  • Médaille de la Résistance avec rosette.

Publié dans Résistants

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