Yvelines. Le ciné-club de Rambouillet rend hommage à Michel Robin, son président d'honneur

Publié le par actu par Florence Chevalier

Le décès du comédien Michel Robin laisse le ciné-club de Rambouillet (Yvelines) bien triste. Son président se souvient.

En mai 2018, Michel Robin avait accordé une interview aux Nouvelles. (©Thierry Nélias pour 78actu)

En mai 2018, Michel Robin avait accordé une interview aux Nouvelles. (©Thierry Nélias pour 78actu)

Jeudi 19 novembre, l’acteur et le sociétaire de la Comédie française Michel Robin est décédé.

Il avait fêté ses 90 ans le 13 novembre. Il était installé aux Jardins d’Arcadie, maison de retraite de Rambouillet (Yvelines) depuis 2018.

On le voyait aller chercher son journal chaque matin à la Presse de la gare, du moins tant qu’il a pu marcher. Chaque fois qu’on lui demandait des nouvelles de sa santé, il répondait invariablement que cela n’allait pas si mal. Il ne s’ennuyait pas, passant son temps à écouter de la musique classique, à lire, à revoir de vieux films.

Michel Robin avait accepté de devenir président d’honneur du ciné-club Jean-Vigo.

« Nous étions très heureux d’avoir trouvé en Michel Robin le successeur de notre ancienne présidente, Sophie Tatischeff, fille de Jacques Tati », salue Michel Cotonnec, le président du club. Et d’ajouter, « Michel avait ce grand avantage, sur tous ses autres concurrents pressentis, de résider à Rambouillet et nous pouvions l’avoir ainsi sous la main ».

« Il était surtout connu de nous, grand public, par ses second rôles au cinéma et dans certaines séries télé mais, homme discret, dont il fallait arracher les confidences, il n’en parlait guère. Pour lui, sa véritable vocation était le théâtre et se félicitait d’avoir été dirigé par de grands metteurs en scène tels Planchon, Serreau, Vincent…

    Son entrée à la Comédie-Française peut être considérée comme le couronnement de sa carrière. Pourtant, il n'en faisait pas une gloire, même s'il y avait été très heureux.

Il nous avait raconté qu’il avait été sollicité à plusieurs reprises par Jean-Pierre Miquel qui venait d’être nommé administrateur avant d’accepter. C’est une performance que d’apprendre et tenir des rôles jusqu’à quatre-vingt ans à un âge où beaucoup d’entre nous ont pris leur retraite depuis longtemps. Sa dernière apparition (Dans la brume) remonte à 2016 et il avait décliné une proposition l’année dernière », rappelle Michel Cotonnec.

Rares confidences

« Il nous livrait parfois des confidences, jamais méchantes, sur ses camarades du Français et avait en général beaucoup d’affection pour eux.

    Cyrano de Bergerac ne lui avait laissé un bon souvenir, ayant passé tout le temps des représentations à changer de nombreuses fois de costume pour interpréter de multiples petits rôles.

Dans une pièce, Le Misanthrope, le metteur en scène lui avait attribué un rôle muet mais constamment présent ; c’est, dit-il, celui que les spectateurs regardaient le plus.

Il s’agaçait curieusement , après avoir tourné dans des séries TV populaires, d’être reconnu dans la rue et salué par des gens qui le confondaient avec le personnage joué. »

« Michel, né à Reims, nous avait aussi raconté qu’il n’avait pas brillé à l’école, incapable de se souvenir d’une date. Son goût ne le portait que vers les planches. Il avait été pourtant un joueur de tennis classé, moins talentueux cependant que son frère, avait fait beaucoup de vélo, notamment dans la vallée de Chevreuse. »

Michel Cotonnec espère que sa famille réunira les documents qui permettront de reconstituer sa carrière.

Il se souviendra longtemps d’une belle journée de juin où Michel Robin avait rencontré l’équipe du ciné-club pour « projection mémorable de Les Petites Fugues, film suisse dont il interpréta le premier rôle et qui lui valu la récompense du meilleur acteur au festival de Locarno ».

« Il est parti paisiblement mais nous n’en sommes pas moins tristes », avoue Michel Cotonnec.

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