Décès de George Blake, célèbre agent double britannique au service des Soviétiques

Publié le par Le Parisien

Célébré comme un héros à Moscou, il avait reçu le rang de colonel par les services de renseignement russes.

George Blake, en juin 2001, à Moscou où il s’était réfugié. AFP/Yury Martyanov

George Blake, en juin 2001, à Moscou où il s’était réfugié. AFP/Yury Martyanov

Une vie de roman. L'ex-agent double britannique George Blake, célèbre « taupe » qui espionnait pour le compte du KGB soviétique dans les années 1950, est décédé à l'âge de 98 ans, ont annoncé samedi les agences de presse russes.

« Aujourd'hui, le légendaire officier du renseignement […] George Blake, n'est plus. Il aimait sincèrement notre pays, admirait l'exploit de notre peuple au cours de la Deuxième guerre mondiale », a déclaré à l'agence publique TASS le porte-parole des services de renseignements extérieurs russes (SVR), Sergueï Ivanov.

Dénoncé et arrêté à Beyrouth, il avait été condamné à 42 ans de prison en 1961. Il s'était finalement échappé en 1966 avant de gagner l'Union soviétique. Là-bas, il est célébré comme un héros et recevra même en 2007 de l'Ordre de l'Amitié, héritier de l'ancien Ordre de l'Amitié des peuples, par Vladimir Poutine.

Dans ses Mémoires, publiées en 1990, George Behar (de son vrai nom) avait expliqué qu'il ne s'était jamais senti britannique, lui qui vint au monde en 1922 à Rotterdam (Pays-Bas). Résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, il avait gagné Londres en 1940, craignant d'être arrêté.

Entré dans les services secrets britanniques, il s'occupe d'abord de l'Europe de l'Est avant d'être envoyé à Séoul en pleine guerre de Corée. C'est là, assure-t-il, qu'il adhère volontairement aux thèses communistes. Arrêté puis finalement renvoyé au Royaume-Uni, il devient ensuite agent double. Il livre les noms de centaines d'agents au KGB et révèle l'existence d'un tunnel secret à Berlin-Est utilisé pour espionner les Soviétiques, avant d'être finalement démasqué. D'imprudences en imprudences, le filet s'est resserré autour de lui et un agent double polonais finit par le dénoncer. Blake admet être un espion à la solde des Soviétiques: après un procès à huis clos, la justice le condamne à 42 ans de prison.

Après son évasion en 1966, il réussit à passer « le rideau de fer » et à gagner l'Est pour toujours, où il sera fait colonel du KGB. Jamais l'Union soviétique, puis la Russie, à l'évidence reconnaissante des services rendus, n'accepta de le renvoyer au Royaume-Uni, qui le réclamait pour qu'il finisse de purger sa peine. Et malgré la chute de l'URSS à qui il avait dédié sa vie, George Blake n'a jamais regretté ses actes. « Je pense qu'il n'est jamais mal d'offrir sa vie à un noble idéal et à de nobles expériences, même si ce n'est pas couronné de succès », disait-il lors d'une de ses rares interviews.

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