George Blake, l’agent double britannique qui espionnait pour les Soviétiques, est mort

Publié le par Le Monde avec AFP

La célèbre « taupe », qui travaillait pour le compte des renseignements de l’URSS dans les années 1950, est morte à l’âge de 98 ans.

George Blake lors d’une conférence de presse à Moscou, le 15 janvier 1992. Boris Yurchenko / AP

George Blake lors d’une conférence de presse à Moscou, le 15 janvier 1992. Boris Yurchenko / AP

L’ancien agent double britannique George Blake, célèbre « taupe » qui espionnait pour le compte du KGB soviétique dans les années 1950, est mort à l’âge de 98 ans, ont annoncé samedi 26 décembre les agences de presse russes.« Aujourd’hui, le légendaire officier du renseignement (…) George Blake n’est plus », a déclaré à l’agence de presse publique TASS le porte-parole des services de renseignements extérieurs russes (SVR), Sergueï Ivanov.

Vladimir Poutine a présenté ses « sincères condoléances » dans un communiqué du Kremlin. « Au cours d’années de travail difficile et acharné, il a apporté une contribution réellement inestimable pour assurer la parité stratégique et maintenir la paix sur la planète », a ajouté le président russe.

Ancien membre de la Résistance aux Pays-Bas pendant la seconde guerre mondiale, puis agent du MI6, les services de renseignements extérieurs britanniques, pendant la guerre froide, George Blake a proposé ses services aux Soviétiques dans les années 1950 après avoir été témoin de bombardements américains sur les populations civiles en Corée.

« Pour moi, le communisme consistait à essayer de créer le Royaume de Dieu sur terre. Les communistes essayaient concrètement de faire ce que l’Eglise avait essayé d’obtenir par la prière », expliquait George Blake. « J’en ai conclu que je ne me battais pas du bon côté ».

Evasion à l’aide d’une échelle en corde

Il a fourni les noms de centaines d’agents au KGB et révélé l’existence d’un tunnel secret à Berlin-Est utilisé pour espionner les Soviétiques. Si le sort de ces agents n’est pas connu du grand public, George Blake assure qu’ils n’ont pas été tués par les services de renseignement soviétiques. « Je leur disais : je vous donnerais cette information à condition que vous me promettiez qu’ils ne seront pas exécutés », assurait-il.

Dénoncé par un agent double polonais, il est condamné en 1961 à quarante-deux ans de prison en Grande-Bretagne. Il parvient à s’évader cinq ans plus tard à l’aide d’une échelle de corde et de ses camarades de cellule, un voleur irlandais et deux militants anti-nucléaires. En fuite, George Blake réussit à traverser le rideau de fer via la République démocratique allemande (RDA) et passe pour toujours à l’Est.

’ancien espion déchante vite devant la réalité de « l’idéal communiste ». « L’une des choses m’ayant le plus déçu, c’est que je pensais qu’un nouvel homme était né ici », a-t-il raconté au quotidien britannique The Times. « J’ai vite compris que ce n’était pas le cas. Ce sont juste des gens normaux. Comme tout le monde, leur vie est dirigée par les mêmes passions humaines, la même avarice et les mêmes ambitions » qu’à l’Ouest.

Célébré comme héros à Moscou, il avait reçu le rang de colonel par les services de renseignements russes. Malgré la chute de l’URSS à qui il avait dédié sa vie, il n’a jamais regretté ses actes. George Blake était le dernier encore en vie d’une génération célèbre d’agents doubles britanniques que l’URSS était parvenue à recruter.

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