Golden State Killer

Publié le par Mémoires de Guerre

Le Golden State Killer, ou GSK (Tueur du Golden State, le Golden State étant le surnom de l'État de Californie), est le nom donné à Joseph DeAngelo, un ancien officier de police et tueur en série américain qui a sévi dans les années 1970 et 1980, et qui n'a été appréhendé qu'une quarantaine d'années plus tard, en avril 2018, confondu par son ADN. Accusé d'être l'auteur de treize meurtres, d'une cinquantaine de viols et d'environ 120 cambriolages, tous commis en Californie entre 1976 et 1986, le criminel est connu des médias américains sous plusieurs surnoms : « East Area Rapist » (le violeur du secteur est), « Original Night Stalker » (le premier harceleur nocturne) ou « Diamond Knot Killer » (le tueur au nœud de diamant), et peut-être « Visalia Ransacker » (le saccageur de Visalia). Il a fallu en effet une quarantaine d'années pour que les enquêteurs parviennent à établir que ces différentes identités désignaient le même homme, les crimes ayant été commis à différents endroits de Californie et à différentes époques.

L'appellation de « Golden State Killer », plus récente, vient du livre, Et je disparaîtrai dans la nuit..., que lui a consacré une spécialiste de true crimes, Michelle McNamara, publié à titre posthume en février 2018 au terme de plusieurs années de recherches. Après des années de recherche infructueuses, alors que ni son ADN, ni celui d'un membre de sa famille n'avait pas été retrouvé dans les fichiers ADN des polices américaines, un ADN d'un cousin éloigné est finalement identifié dans une base de données d'une société proposant des services de santé et de généalogie par ADN aux particuliers, première fois au monde où une telle recherche est entreprise, permettant ensuite par d'autres recherches de remonter jusqu'à lui. Le 25 avril 2018, la police procède à l'arrestation dans la banlieue de Sacramento de Joseph DeAngelo, âgé alors de 72 ans et il est inculpé de meurtres. Le 29 juin 2020, il plaide coupable pour 13 meurtres et reconnait des dizaines de viols, prescrits. À la suite de cet accord avec le procureur, il échappe à la peine de mort. Le 21 août, il est condamné à onze peines de prison à perpétuité consécutives sans possibilité de libération. 

Golden State Killer

Les faits

Les crimes du tueur en série se situent entre 1976 et 1986. Le premier viol date du 18 juin 1976, et les deux premiers meurtres de février 1978. Mais il se peut également que les viols et le meurtre commis par le « Visalia Ransacker » un peu plus tôt, en 1974-1975, lui soient imputables : la police poursuit ses investigations sur ce point. La plupart de ces crimes se produisent dans les environs de Sacramento, la capitale de l'État, mais quelques-uns ont lieu dans la région de la baie de San Francisco et plus au sud, jusque dans le comté d'Orange. Pendant de nombreuses années, peu d'éléments permettent de relier les viols et les meurtres de l'« East Area Rapist », qui prennent place avant 1979, et ceux de l'« Original Night Stalker », en 1979-1981 puis une dernière fois en 1986. Le modus operandi, cependant, ne varie pas : l'homme s'introduit par effraction chez ses victimes, en pleine nuit, les traits dissimulés par un passe-montagne, puis il les aveugle en braquant une lampe de poche sur leur visage, avant de les ligoter. 

L'enquête

Recherches infructueuses

Le Golden State Killer disparaît après ses derniers agissements, en 1986. En 2001, des traces contenant son ADN sont analysées. Ces dernières démontrent que les tueurs surnommés le « premier harceleur nocturne » et le « violeur du secteur est » sont la même personne. La police n’est cependant pas en mesure d'établir un lien avec le « saccageur de Visalia », manquant de traces. À ce stade, les policiers envisagent que la fin des crimes coïncide possiblement avec la mort de l'hypothétique tueur en série. Toutefois, les enquêteurs reçoivent le témoignage d'une ancienne victime, qui signale avoir reçu un coup de fil du criminel, lui demandant si elle se souvenait de son agression. À partir de 2016, le FBI promet 50 000 $ pour qui aurait des informations menant à l'arrestation du tueur. 

Analyses ADN

Le « plus froid des cold cases », selon la formule de Michelle McNamara, est rouvert en 2016 par la procureure du comté de Sacramento Anne Marie Schubert après 40 ans de recherches infructueuses. Les enquêteurs utilisent des échantillons d'ADN recueillis sur les lieux des crimes pour déterminer le profil génétique du tueur, puis entrent ce profil dans une base de données généalogiques en ligne, GEDmatch. Ils examinent ensuite les arbres généalogiques afin de trouver des correspondances avec ce profil. Si le tueur n'a pas transmis son ADN sur Internet, au moins un membre de sa famille l'a fait. Le 18 avril 2018, les recherches se concentrent sur un ancien policier californien, Joseph James DeAngelo, 72 ans. 

Selon le Los Angeles Times, les investigations ont permis de retracer un ADN qui correspond à des cousins éloignés du suspect, aux troisième, quatrième ou même cinquième degrés, en remontant les arbres généalogiques jusqu'à ses arrière-arrière-arrière-grands-parents. Les services du shérif le placent alors sous surveillance et récoltent un nouvel échantillon d'ADN, prélevé sur la portière de sa voiture : ils constatent qu'il est identique à celui découvert sur une dizaine de lieux de crime. Pour plus de sûreté, un deuxième échantillon est prélevé (sur un mouchoir ramassé dans la poubelle du suspect devant son domicile), apportant confirmation du premier. Joseph DeAngelo est arrêté devant son domicile de Citrus Heights dans la banlieue nord de Sacramento en Californie le 25 avril 2018. 

Le suspect

Joseph DeAngelo, né le 8 novembre 1945 dans l'État de New York, a servi dans l'armée américaine pendant la guerre du Vietnam avant de devenir policier en Californie, d'abord à Exeter de 1973 à 1976 puis à Auburn de 1976 à 1979, date à laquelle il est renvoyé de la police pour avoir volé du matériel. Il travaille ensuite comme mécanicien dans un entrepôt de Roseville, près de Sacramento, entre 1990 et 2017, puis prend sa retraite. Divorcé, père de trois filles, il vit avec l'une de ses filles et une petite-fille lors de son arrestation. DeAngelo fait l'objet de nombreux chefs d'accusation dans plusieurs comtés californiens, dont ceux d'Orange et de Ventura. Les enquêteurs le soupçonnent d'être l'auteur de 12 meurtres, d'une cinquantaine de viols, parfois avec circonstances aggravantes, et d'environ 120 cambriolages. Il a été placé en détention à la prison du comté de Sacramento. 

Publié dans Banditisme

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