La maire de Marseille, Michèle Rubirola, annonce démissionner pour raisons de santé

Publié le par Le Monde par Gilles Rof (Marseille, correspondant)

Elue en juin 2020, l’édile a annoncé son souhait de laisser sa place à son premier adjoint, Benoît Payan, et de prendre la sienne.

Michèle Rubirola, le 4 juillet à Marseille. CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Michèle Rubirola, le 4 juillet à Marseille. CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

Six mois après sa prise de fonctions, le 4 juillet, la maire de Marseille, Michèle Rubirola, a annoncé mardi 15 décembre avoir présenté sa démission en raison des épreuves de santé auxquelles elle fait face et a souhaité que son premier adjoint, Benoît Payan lui succède. La maire de Marseille a d’abord reçu sa deuxième adjointe, l’ex-socialiste Samia Ghali, avec qui elle avait conclu un accord de gouvernance pour être élue à la tête de la deuxième ville de France. Puis elle a convoqué en mairie une réunion de l’ensemble des conseillers municipaux élus sous l’étiquette du Printemps marseillais, une coalition de gauche citoyenne et écologiste, pour leur annoncer sa décision.

« J’ai connu dès l’été les premières difficultés liées à ma santé. (...) Ces épreuves limitent l’énergie que je peux mobiliser. Etre maire de Marseile c’est 300 % de son temps », a ensuite déclaré la maire de gauche lors d’une allocution devant la presse. C’est une « démission pour question de santé », avait précisé à l’Agence France-Presse Julien Bayou, le secrétaire national d’EELV, parti de Michèle Rubirola, dont elle avait été suspendue plusieurs semaines pour avoir concouru au premier tour contre la liste officielle du parti écologiste.

L’élue de 64 ans, qui avait fait basculer la municipalité à gauche après vingt-cinq ans de mandat de Jean-Claude Gaudin, devenant alors la première femme à diriger la ville, prendra la place de première adjointe.

La rumeur d’un départ anticipé courait depuis plusieurs semaines, mais Mme Rubirola l’avait une nouvelle fois personnellement démentie au Monde jeudi 10 décembre. A la mi-octobre, Le Monde avait publié une enquête revenant sur les débuts difficiles de la maire, qui, plus de trois mois après son élection, n’avait toujours pas investi de bureau au sein de la mairie.

Conseil municipal le 21 décembre

Un conseil municipal doit se tenir lundi 21 décembre. A l’origine, cette séance plénière était programmée le 14 mais décalée d’une semaine, officiellement en raison des contraintes sanitaires, elle pourrait être le théâtre de l’élection d’un nouveau maire par les 101 conseillers municipaux marseillais. Benoît Payan apparaît favori pour lui succéder, mais l’équilibre de la coalition Printemps marseillais, qui réunit des élus du PS, du PC, d’EELV et de nombreuses autres formations de gauche, ainsi que des citoyens non encartés et des soutiens de Samia Ghali, est fragile. La personnalité de Mme Rubirola en était l’un des ciments. En son absence, d’autres candidatures pourraient se faire jour, comme celle d’Olivia Fortin, créatrice du mouvement citoyen Mad Mars et quatrième adjointe de Mme Rubirola, chargée des services municipaux.

L’installation de Mme Rubirola dans le fauteuil de Jean-Claude Gaudin, ne s’est jamais réellement faite. Projetée tête de liste en janvier 2020, après la mise en retrait du socialiste Benoît Payan, la conseillère départementale EELV a répété tout au long de la campagne que son objectif personnel n’était pas d’être maire de Marseille. Cette médecin, qui travaillait pour l’assurance-maladie dans un dispensaire des quartiers nord de la ville, se voyait plutôt « adjointe à la santé » de la coalition de gauche qu’elle a contribué à créer.

Elue à sa grande surprise face à la candidate Les Républicains Martine Vassal, présidente de la métropole et du conseil général des Bouches-du-Rhône, Michèle Rubirola n’a pas cherché à s’imposer. Elle a laissé beaucoup de place à son ambitieux et très réactif premier adjoint, un élu rodé aux dossiers municipaux par son activité de président du groupe socialiste pendant la dernière mandature Gaudin. « Benoît et moi, c’est un peu le yin et le yang. Il est très politique ; moi, je n’apprécie pas la tambouille électorale. Fonctionner en binôme, déléguer, faire confiance, c’est une vision écolo de la politique. J’aimerais porter une autre façon d’être maire », expliquait Mme Rubirola au Monde en octobre.

Dans la coulisse pourtant, le poids pris par M. Payan et le peu d’entrain mis par la maire à marquer son territoire, troublaient de plus en plus les membres de la majorité municipale. Absente près d’un mois, de la mi-septembre à la mi-octobre, pour subir une intervention chirurgicale, Mme Rubirola avait depuis son retour de convalescence affirmé sa détermination à tenir son rôle. Quatre semaines durant, M. Payan l’avait remplacée, comme un maire par intérim. « Au nom de Michèle Rubirola », s’effaçait-il avec précaution dans les réunions. Dans une interview au journal Libération, le 25 octobre, elle assurait ainsi : « Oui, je reste, j’assume, mais on travaille en binôme. » Une détermination qui n’a pas tenu plus d’un mois.

Publié dans Articles de Presse

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