Le maître du roman d’espionnage John le Carré est mort à l’âge de 89 ans

Publié le par Le Monde par Franck Nouchi

« L’Espion qui venait du froid » le rendit célèbre dans le monde entier. Après une carrière de diplomate, brièvement espion lui-même, John le Carré s’est consacré à l’écriture et laisse derrière lui plus d’une vingtaine de romans.

John le Carré (de son vrai nom David Cornwell). RALPH CRANE / THE LIFE PICTURE COLLECTION / GETTY IMAGES

John le Carré (de son vrai nom David Cornwell). RALPH CRANE / THE LIFE PICTURE COLLECTION / GETTY IMAGES

Durant plus d’un demi-siècle, il fut notre compagnon d’insomnie. Le maître du roman d’espionnage. Témoin engagé d’un monde en fusion perpétuelle, il se définissait ainsi : « Je suis juste un écrivain qui fut, brièvement, espion. » Auteur de plus d’une vingtaine de romans, John le Carré est mort samedi 12 décembre, a annoncé son agent.

« C’est avec une grande tristesse que je dois annoncer que David Cornwell, connu dans le monde sous le nom de John le Carré, est décédé après une courte maladie (non liée au Covid-19) en Cornouailles samedi soir. Il avait 89 ans. Nos pensées vont à ses quatre fils, à leurs familles et à sa chère épouse, Jane », a indiqué Jonny Geller, PDG du groupe Curtis Brown, agence artistique basée à Londres.

Jamais il ne succomba à l’exercice convenu des Mémoires. « Mon autobiographie, disait-il, je l’ai faite de façon codée, “chiffrée”. Les épisodes de ma vie sont plus ennuyeux, plus monotones que ma fiction. » Il ajoutait cependant : « Si l’enfance constitue le patrimoine d’un écrivain, alors je suis né millionnaire. »

Des preuves ? En voici quelques-unes. « Depuis ma plus tendre enfance, j’étais un espion », a-t-il dit un jour. Avant d’ajouter : « J’ai toujours eu l’impression d’être né en territoire ennemi. Mon enfance a été plombée par une incertitude constante. Sans cesse, il fallait être sur le qui-vive, flairer les embrouilles, les mensonges, décoder les discours à double fond, faire semblant d’être un garçon “normal” de la classe moyenne. »

Son père, « escroc magnifique »

David Cornwell naquit à Poole, dans le Dorset, le 19 octobre 1931. Son père était, disait-il, « un escroc magnifique. Un homme brillant, bienveillant, mais formidablement toxique et absolument imprévisible. Je me suis inspiré de lui pour le personnage de Tiger Single dans Single & Single. Un jour, il arpentait les champs de courses ; le lendemain, il se réveillait en prison. Il faisait la “une” des journaux pour détournement de sommes colossales, puis réapparaissait, flamboyant, plein de projets mirifiques – acheter des maisons qui n’étaient pas à vendre, créer une banque, racheter des casinos à Singapour… Il connaissait mille astuces pour gruger les financiers et inventait des histoires dignes des meilleurs polars. »

« Ce qui me fascinait chez lui, ajoutait-il, c’était les dizaines de noms qu’il avait et dont il changeait comme de femmes. C’est de là que vient, je crois, mon goût des pseudonymes. Moi, j’ai choisi le mien en passant devant la devanture d’un cordonnier. » Le jour où David Cornwell devient John le Carré

Mais n’allons pas trop vite. Sa mère, maintenant. Lasse des frasques de son époux, elle abandonna ses deux fils sans la moindre explication alors que le jeune David avait 5 ans. « Sa disparition eut sur moi un effet étrange. Je ne me souviens pas avoir pleuré, ni qu’elle m’ait manqué. J’étais comme gelé intérieurement. » Il ajoutait :

« Quand je demandais où elle était, on me disait qu’elle était malade ou qu’elle allait bientôt revenir. Moi, je pensais qu’elle était morte. En réalité, je l’ai revue plus tard, sur un quai de gare, j’avais 21 ans. J’ai parlé avec elle, je voulais comprendre comment on peut, du jour au lendemain, abandonner son fils. Aujourd’hui encore, cela reste pour moi une énigme. »

« Tout tient au hasard des rencontres »

Forts d’un tel contexte parental, son frère et lui grandirent dans un internat pour garçons. « Dans tous les domaines du féminin, j’ai dû entreprendre de m’éduquer moi-même », confiera John le Carré, précisant que son premier mariage à 23 ans, fut « un désastre » : « Nous étions l’un comme l’autre totalement ignorants du sexe opposé. »

Après avoir songé un temps à devenir moine – il fit un certain nombre de séjours à l’abbaye bénédictine de Cerne Abbas, dans le Dorset –, le jeune Cornwell quitta l’Angleterre à l’âge de 16 ans. Direction Berne.

« J’y suis resté de 1948 à 1949. Je venais de fuir le système d’éducation britannique avec le sentiment d’être “incomplet”. J’avais un besoin urgent de m’inventer. Berne était pour cela un endroit très excitant. Un haut lieu du renseignement. »

A Berne, Cornwell étudie la culture allemande.

« Je prenais des cours d’allemand avec une vieille dame qui m’a convaincu de me rendre en Allemagne. C’est à cette époque que j’ai vu Bergen-Belsen, qui sentait encore la mort. Je n’ai jamais compris comment un pays doté d’une culture aussi remarquable avait pu ainsi détruire le monde. »

Et c’est à Berne, dans ces années 1948-1949, qu’il est approché pour la première fois par les services secrets britanniques. Il expliquera plus tard :

« L’espionnage, c’est comme les histoires d’amour, tout tient au hasard des rencontres. Un jour que je me sentais particulièrement seul et mélancolique, je m’étais rendu à l’église. Il y avait là un couple étrange qui, me voyant à ce point désemparé, m’a invité à prendre une tasse de thé, puis m’a convaincu que mon pays avait besoin de moi. J’étais trop jeune pour avoir connu la seconde guerre mondiale, mais j’étais habité par un fort sentiment de patriotisme. Et surtout, le monde du secret m’attirait. Je dois dire qu’en le pénétrant, j’y ai découvert un refuge ! »

Une couverture de diplomate

Après des études à Oxford, le voici enseignant à Eton.

« C’était une période où je ne tenais pas en place. J’avais l’impression d’attendre que ma vie commence. En passant de Eton, le haut lieu de formation de l’establishment britannique à l’espionnage, j’ai appris à étudier les fondements secrets de la société. Les rapports entre les hommes et les institutions m’ont toujours fasciné. »

De 1959 à 1964, secrétaire d’ambassade à Bonn, puis consul à Hambourg, il assiste à la partition de l’Allemagne. Sous sa couverture de diplomate, il transmet des messages à des agents, visite discrètement des appartements, lance des opérations de désinformation contre le camp ennemi. Sa carrière d’espion est vraisemblablement ruinée le jour où le fameux agent double, Kim Philby, passé à l’Est, révèle au KGB le nom de l’agent secret Cornwell et de quelques dizaines d’autres…

De son travail d’espion, le Carré parlera très peu. En 2000, quelques jours avant Noël, il se livra cependant à quelques confidences. Il avait 69 ans. Ce soir-là, à la BBC, David Cornwell, alias John le Carré, reconnut qu’il avait été dans sa jeunesse un agent secret au service de Sa Gracieuse Majesté. Lorsqu’il était étudiant à Oxford, il espionnait ses camarades dont il pensait qu’ils étaient susceptibles d’être recrutés par les Soviétiques.

Juste un écrivain

En 1961, il s’était rendu à Berlin aux premières heures de la construction du mur.

« J’avais vu la Friedrich Strasse hérissée de fils de fer barbelés, les chars russes et américains se faire face en se menaçant. En rentrant chez moi, je me suis mis à écrire “L’Espion qui venait du froid”. Je noircissais des carnets en allant au travail ou pendant les heures creuses à l’ambassade. Ma famille devenait folle. Tous les matins, je me levais vers 4-5 heures pour écrire. J’avais l’impression de vivre une chose qui n’arrive qu’une fois dans une vie : une combinaison unique de circonstances politiques, d’appétit féroce d’écriture, de naufrage complet de la vie privée. »

Le roman paraîtra en 1963. Un an plus tard, il quitterait le Foreign Office pour devenir écrivain. Juste un écrivain.

Avant L’Espion qui venait du froid (Gallimard), le livre qui le rendit célèbre dans le monde entier, il avait publié deux romans (chez Gallimard), Chandelles noires et surtout L’Appel du mort, un livre-clé, déjà, dans l’œuvre de le Carré.

C’est dans cet étonnant roman qu’apparaît le personnage le plus célèbre de le Carré, l’espion George Smiley. Tout au long des huit livres où Smiley apparaît, le Carré s’amusera à distiller des éléments de sa biographie :

« C’est un gentleman. Un amateur de poésie allemande, cultivé, digne, humain. Exactement le personnage que j’aurais aimé être. Lorsque je l’ai créé, je me sentais socialement désorienté et privé de modèles parentaux auxquels me raccrocher. J’ai donc inventé ce père de substitution qui est aussi mon mentor secret. »

« Je n’ai pas de plan »

A 35 ans, ce grand admirateur de Dumas, Dickens, Tolstoï, Balzac, Conrad et Greene part s’installer dans une maison, aux confins des Cornouailles, face à l’Atlantique.

« J’ai découvert cette ferme par hasard lors d’une promenade. J’avais divorcé, ma vie semblait sombrer dans un vaste chaos. Je me sentais comme exilé. Un jour, j’ai demandé à Simon Wiesenthal pourquoi il vivait à Vienne, patrie de l’antisémitisme, il m’a répondu : “Quand tu étudies une maladie, tu dois vivre dans le bourbier.” J’ai compris que je ne devais pas quitter l’Angleterre. »

Deux mots à présent de la méthode d’écriture de le Carré, cette manière si particulière de peaufiner les premières pages de ses livres. « Je n’ai pas de plan, expliquait-il. Je tâche d’introduire un texte sous-jacent qui fait que, tout en regardant en haut, le lecteur se demande ce qui se passe en bas. »

Pour se faire comprendre, il racontait cette anecdote :

« Un jour, on demande à Hitchcock combien de temps il peut faire durer une scène de baiser. Vingt, vingt-cinq minutes, dit-il. “Sacré baiser !”, dit son interlocuteur. “Dans ce cas, précise Hitchcock, j’aurais au préalable caché une bombe sous le lit.” Eh bien, la bombe sous le lit, c’est ce qui caractérise à la fois la structure d’une œuvre et le talent de son auteur. C’est le sous-texte qui en permanence menace d’exploser à la tête du lecteur. »

Des maîtres-livres

Les livres qui suivirent L’Appel du mort sont quelques-uns des plus grands classiques de la littérature d’espionnage. Des maîtres-livres.

L’espion qui venait du froid (1963), tout d’abord, l’un des plus grands romans sur la guerre froide jamais écrit. Il a été réédité en 2013 (Folio, Policier), doté d’une préface inédite – et passionnante – de le Carré. Il écrit :

« [Ce roman] posait la bonne vieille question que nous nous posons encore cinquante ans plus tard : jusqu’où sommes-nous capables d’aller au nom de la légitime défense des valeurs de l’Ouest pour les abandonner en chemin ? Mon chef imaginaire des services secrets britanniques – que j’ai appelé Control – avait visiblement la réponse à cette question : “Je veux dire que vous ne pouvez pas vous montrer moins brutal que l’adversaire sous prétexte que votre gouvernement a adopté une politique disons… euh… tolérante, n’est-ce pas ?” »

Les dés sont jetés. A la manière de Tolstoï avec les guerres napoléoniennes, le Carré donnera à la guerre froide sa grandeur littéraire. Suivirent deux romans formidables : Le Miroir aux espions (Robert Laffont, 1965) et Une petite ville en Allemagne (Robert Laffont, 1969). Dès cette époque, le Carré disait ceci de ses héros :

« Ils ont toujours été des vétérans du conformisme bourgeois qui trouvent péniblement leur place et respectent la stabilité des institutions bourgeoises. (…) Tous, me semble-t-il, étaient des romantiques qui souffraient d’être témoins de leur mort spirituelle dans la société qu’ils défendaient. »

Dès lors, tout est en place pour parachever la quête secrète de George Smiley. Trois romans, trois chefs-d’œuvre en forme de trilogie (Robert Laffont) : La Taupe (1974), Comme un collégien (1977), Les Gens de Smiley (1980).

L’heure de la glasnost

La guerre froide achevée, le rideau de fer déchiré, on donna le Carré pour mort. Littérairement s’entend. La suite prouva qu’il n’en était rien. C’est tout d’abord La Petite Fille au tambour (Robert Laffont, 1983) sur fond de conflit israélo-palestinien. « Le terroriste devient l’un des plus grands acteurs du monde », écrit le Carré, visionnaire. Avec La Maison Russie (Robert Laffont, 1989), il propose l’un des premiers romans, politiques, sur la perestroïka. « Je crois en Gorbatchev », dit le héros, l’éditeur Barley. Dans Le Voyageur secret (Robert Laffont, 1991), John le Carré se met à l’heure de la glasnost. Cela prend la forme d’une longue rencontre entre George Smiley et de jeunes apprentis espions. Sans illusion :

« Même si les gouvernements pouvaient se passer d’un service d’espionnage, ils s’en garderaient bien. Ils adorent ça. A supposer qu’un jour nous n’ayons plus un seul ennemi au monde, les gouvernements nous en inventeraient. »

Après Le Directeur de nuit (Robert Laffont, 1994) dont l’action se déroule du côté de l’Amérique centrale et des Caraïbes, paraît Notre jeu (Seuil, 1996). L’occasion, une nouvelle fois, pour le Carré de nous faire comprendre, avec un sens inouï de l’efficacité, que l’espionnage est un prétexte, une métaphore, une caricature de la réalité.

Trois ans plus tard, il publie Single & Single (Seuil), l’un de ses romans les plus autobiographiques. Il joue des parallèles entre la Russie post-communiste et l’Angleterre. Le Bien et le Mal sont partout diffus. L’espion n’est plus « ce preux chevalier » ou ce « grand détective qui démasque le vilain méchant ». Le cynisme de l’Ouest le révulse :

« Quand vous laissez un pays aussi vaste s’enfoncer dans la banqueroute, que vous le regardez, amusé, exporter tous ses actifs, et que vous en profitez pour lui fourguer tout ce qu’il est prêt à vous acheter, un jour ou l’autre, cela vous explose à la figure. »

Au lâchage de la Russie par l’Occident, s’ajoute une autre défection, celle d’un fils pour son père : Oliver Single démasque peu à peu les pratiques frauduleuses du richissime Tiger Single et passe du côté des redresseurs de torts.

Un écrivain engagé

Dès cette époque, le Carré se fit parfois commentateur de l’actualité. En 1997, une polémique l’opposa ainsi à Salman Rushdie. A le Carré qui expliquait qu’« aucune loi de la vie ou de la nature ne dit que les grandes religions peuvent être insultées impunément » ; que « le principe absolu de liberté de parole n’existe dans aucune société », l’auteur des Versets sataniques répliqua : « Un examen de la noble formulation de le Carré révèle que : 1. Il adopte la ligne islamiste philistine, réductionniste et radicale selon laquelle Les Versets sataniques n’étaient rien d’autre qu’une insulte. 2. Il suggère que quiconque déplaît à ces islamistes philistins, réductionnistes et radicaux perd le droit de vivre en paix (…) » 

Chaque point névralgique du globe passionnait le Carré : les machinations des multinationales pharmaceutiques (La Constance du jardinier, Seuil, 2001), l’exploitation de la misère en Afrique (Le Chant de la mission, Seuil, 2007), la corruption et l’activisme de diplomates obsédés par les femmes et l’argent (Le Tailleur de Panama, Seuil, 1997)…

Au centre de chaque livre, un personnage semble partager un secret avec le Carré. Ainsi, par exemple, Issa, dans Un homme très recherché (Seuil, 2008), un jeune musulman, mi-russe, mi-tchétchène, qui débarque un jour à Hambourg – la ville où Mohammed Atta participait à une cellule d’Al-Qaida. « Pris entre deux mondes, il me rappelait le temps où j’étais moi-même à la recherche d’une identité », expliqua le Carré.

« Aucune logique dans le terrorisme »

Arrêtons-nous un instant sur Une amitié absolue (Seuil, 2004), qui parachève la figure de John le Carré comme écrivain engagé. La deuxième guerre d’Irak l’a fait sortir de ses gonds. Depuis sa maison de Cornouailles, il suit avec dépit et colère les événements qui précèdent et suivent le renversement de Saddam Hussein. Dans des articles au vitriol publiés par la presse du monde entier, puis dans Une amitié absolue, il fustige le couple Bush-Blair. La bonne conscience du président américain le révulse. Ses jugements choquent. Il reproche ainsi à Washington d’avoir « pratiquement fait d’Israël le prisme de toute politique ». « Les méchants ne sont plus les espions du KGB mais ceux qui les ont vaincus », écrit le Daily Telegraph en se demandant : « Mais qu’arrive-t-il à le Carré ? »

Le 22 juillet 2005, rencontrant des journalistes étrangers, le Carré disait ceci du terrorisme :

« Il n’y a aucune logique dans le terrorisme. Lui trouver une logique serait déjà lui conférer une dignité qu’il ne mérite pas. On ne peut l’excuser. Mais on doit chercher à l’expliquer. »

Deux ans plus tard, Le Chant de la mission explore la possibilité d’apporter la démocratie et le développement au Congo oriental. « Dans cette permanente mise en regard de la politique et de la fiction qu’est l’œuvre de John le Carré, analysait Hédi Kaddour dans Le Monde (21 septembre 2007), les récits de la guerre froide disaient un “sens”. Des hommes pouvaient s’y salir les mains, dans des actions ressemblant à celles du camp d’en face, mais il y avait quand même de la victoire, fût-elle sans rédemption. Dans les récits de la seconde période, l’action ressurgissait comme possibilité d’une rédemption, fût-ce dans la défaite. Avec Le Chant de la mission, c’est quelque chose de plus pessimiste qui s’énonce, et de plus littéraire : il n’y a pas d’un côté l’action politique et de l’autre la fiction, c’est toute la politique qui est une fiction. »

Suivront encore deux autres romans (au Seuil), excellents : Un traître à notre goût (2011) et Une vérité si délicate (2013).

« J’aimerais qu’on se souvienne de moi comme d’un bon conteur qui aura vécu les passions de son temps »,

disait le Carré. Il fut mieux que cela : un immense écrivain. Tout simplement.

John le Carré en quelques dates

  • 19 octobre 1931 Naissance à Poole, au Royaume-Uni
  • 1948-1949 Etudes à Berne. Il est approché par les services secrets britanniques
  • 1959-1964 Secrétaire d’ambassade à Bonn puis consul à Hambourg
  • 1961 Premier roman, « L’Appel du mort »
  • 1964 Quitte le Foreign Office pour devenir écrivain
  • 2013 « Une vérité si délicate »
  • 12 décembre 2020 Mort en Cornouailles
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