Mort de Valéry Giscard d’Estaing : les 5 dates marquantes de son septennat

Publié le par France 3 Auvergne Rhône-Alpes par Catherine Lopes

Valéry Giscard d’Estaing est mort le mercredi 2 décembre à l'âge de 94 ans. De 1974 à 1981, il a été président de la République. Retour sur 5 dates marquantes de son septennat.

Avec une longévité exceptionnelle,Valéry Giscard d'Estaing a marqué l'histoire politique française. • © THOMAS SAMSON / POOL / AFP

Avec une longévité exceptionnelle,Valéry Giscard d'Estaing a marqué l'histoire politique française. • © THOMAS SAMSON / POOL / AFP

Valéry Giscard d’Estaing est mort le mercredi 2 décembre à l'âge de 94 ans. De 1974 à 1981, il a été le plus jeune président de la cinquième République. Retour sur 5 dates qui ont marqué son septennat.

8 avril 1974 : sa déclaration

Nous sommes le lundi 8 avril 1974. Le septennat de VGE n’a pas encore commencé. La mairie de Chamalières est bondée. Seulement 6 jours après la mort de Georges Pompidou, Valéry Giscard d’Estaing choisit ce jour pour se déclarer candidat à l’élection présidentielle. S’il a choisi Chamalières, c’est parce qu’il en est le maire depuis 1967. Il annonce : «  Il y a moins d'une semaine disparaissait le président Georges Pompidou. J'ai pensé, je pense encore, que ceux qui s'inspirent de sa mémoire, devaient s'associer au deuil du peuple français avant de se préoccuper de sa succession. Je m'adresse à vous aujourd'hui, ici, dans cette mairie de la province d'Auvergne, pour vous dire que je suis candidat à la présidence de la République française… ». A 48 ans, il est candidat et veut « regarder la France au fond des yeux ». Sa candidature intervient après celle du Premier Ministre Jacques Chaban-Delmas qui s’était lancé avant même les obsèques officielles du président Pompidou. Le 19 mai 1974, Valéry Giscard d’Estaing est élu avec 50,8 % des voix face au socialiste François Mitterrand.

5 juillet 1974 : la majorité est abaissée à 18 ans

La campagne de Valéry Giscard d’Estaing avait été placée sous le signe de la jeunesse. Il n’avait pas hésité à présenter son adversaire François Mitterrand comme un « homme du passé ». Afin de marquer son action en faveur de la jeunesse, la première réforme de VGE est donc l’abaissement de la majorité à 18 ans. Car depuis 1792, la majorité est fixée à 21 ans.  Certains y ont vu la conséquence de mai 1968, pour que la jeunesse s'exprime dans les urnes plutôt que dans la rue. A l'origine, le garde des Sceaux, Jean Lecanuet, avait proposé d'accorder le droit de vote à 18 ans et de maintenir la majorité civile à 21 ans. Mais c'est l'Assemblée Nationale elle-même, au moment de la discussion du projet de loi, qui est allée plus loin en accordant la majorité à 18 ans.

28 novembre 1974 : la loi sur l’IVG est adoptée

La deuxième réforme emblématique de la présidence de Giscard est la légalisation de l’avortement. Cette légalisation était réclamée par de nombreux mouvements féministes comme le MLF (Mouvement de Libération des Femmes). A l’époque il y avait entre 500 000 et 1 million d’avortements clandestins par an. Le projet de loi légalisant l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) a été confié à une magistrate, nommée Ministre de la Santé, Simone Weil. Ministre depuis six mois, elle est peu connue du grand public. Pour la première fois en France, les débats à l'Assemblée sont retransmis à la télévision. Et l'inconnue crève l'écran pendant vingt-cinq heures d'échanges virulents, passionnels. Le 26 novembre 1974 à 16 h, Simone Veil monte à la tribune. L'ambiance est électrique. « Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement. Il suffit d'écouter les femmes. » Pendant près d'une heure, la ministre détaille un projet qui veut mettre fin « au désordre. Et surtout, à l'injustice et à l'inégalité insupportables » qui frappent les femmes de milieux modestes. Les opposants les plus acharnés sont des députés de la majorité. Le dernier round a lieu à l'Assemblée le soir du 28 novembre 1974. Le 29 novembre, à 3h40, la loi est adoptée par 284 voix pour et 189 contre. Cas rarissime: le texte est approuvé grâce à l'opposition, aux 179 votes des socialistes, des communistes et des radicaux de gauche. Les sénateurs, ensuite, l'approuveront par 185 voix contre 88.

10 octobre 1979 : l’affaire des diamants de Bokassa

Le 10 octobre 1979 commence une affaire qui va empoisonner le septennat de Valéry Giscard d’Estaing : le scandale des diamants de Bokassa. Il s’agit d’un cadeau présidentiel qui va vite se transformer en cadeau empoisonné. L’affaire est révélée par le Canard enchaîné. En 1973, alors que VGE était ministre des Finances, il aurait reçu en cadeau de la part de l’Empereur de Centrafrique des plaquettes de diamants. Le journal satirique les estime à 150 000 euros. Valéry Giscard d’Estaing refuse de s’expliquer. Ce silence ne fait qu’empirer la situation. C’est finalement plus d’un mois plus tard, le 27 novembre 1976, que le président s’explique face aux caméras. Il indique : « C’est désobligeant pour moi de répondre à des questions de cette nature ». Il ajoute : « A la question posée sur la valeur de ce que j’aurais reçu comme ministre des Finances, j’oppose un démenti catégorique et j’ajoute méprisant ». Cette affaire sera au cœur de la campagne présidentielle de 1981.

19 mai 1981 : son « Au revoir »

« Au revoir » est la locution qui clôt le discours télévisé du président de la République française, Valéry Giscard d'Estaing, le 19 mai 1981, deux jours avant qu'il ne quitte le palais de l'Élysée après la passation de pouvoir à François Mitterrand. Cette allocution est restée célèbre car, après l'« Au revoir » prononcé à l'issue d'un long silence, le président se lève et, laissant à l'écran une chaise vide, se dirige vers la sortie de la pièce de tournage cadrée dans un plan d'ensemble d'environ une minute, tandis que retentit La Marseillaise. Cette allocution intervient exactement 7 ans après son élection. À propos de cette intervention télévisée, Jean d'Ormesson a écrit dans Le Figaro : « Ce soir-là, cet admirateur de Louis XV avait pris l'allure du roi Lear ». En 2006, dans ses Mémoires, Valéry Giscard d'Estaing s'interroge : « En ai-je trop fait dans ce mot de la fin ? Sûrement ni le décor ni le texte qui n'avaient rien de mélodramatiques ! Peut-être le court ballet de la fin me sera-t-il reproché ? Peut-être aura-t-il causé de la peine à certains de ceux qui m'ont regardé ? Peut-être n'aurais-je pas dû leur tourner le dos après les avoir regardés dans les yeux en 1974 ? »

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