Russie : une proche de l'opposant Alexeï Navalny poursuivie pour "menace" contre un agent présumé du FSB

Publié le par franceinfo avec AFP, France Télévisions

L'enquête "pour violation du domicile" et "menaces" vise Lioubov Sobol. Elle s'était rendue lundi chez un agent présumé qu'Alexei Navalny dit avoir piégé au téléphone pour lui faire avouer la tentative d'assassinat.

L'opposante russe Lioubov Sobol, le 15 juillet 2019, à Moscou. (ALEXANDER NEMENOV / AFP)

L'opposante russe Lioubov Sobol, le 15 juillet 2019, à Moscou. (ALEXANDER NEMENOV / AFP)

L'équipe d'Alexeï Navalny a annoncé, vendredi 25 décembre, qu'une enquête visait Lioubov Sobol, une proche de l'opposant russe, pour "violation du domicile" et "menaces" envers Konstantin Koudriavtsev, un agent présumé du FSB. Le détracteur du Kremlin accuse celui-ci d'avoir participé à son empoisonnement et dit l'avoir piégé au téléphone pour lui faire avouer la tentative d'assassinat.

Avocate de formation, Lioubov Sobol s'était rendue lundi devant l'immeuble où l'agent présumé habitait selon elle. Elle a diffusé son adresse sur internet, et de nombreux journalistes étaient venus alors sur les lieux. La police anti-émeute avait aussi été déployée. Elle a finalement interpellé la jeune femme à la suite d'une plainte de Konstantin Koudriavtsev. La peine maximale encourue pour le délit dont elle accusée est de deux ans de prison.

Selon son entourage, la police russe a arrêté vendredi matin Lioubov Sobol à son domicile moscovite et l'a ensuite emmenée au Comité d'enquête de Russie, puissant organe chargé des principales investigations criminelles. "C'est la police", dit Lioubov Sobol, dans une vidéo tournée dans son appartement et filmant sa porte en train d'être tambourinée. Une vidéo de surveillance, à l'extérieur de l'appartement, montre des hommes casqués et cagoulés sur le palier, qui neutralisent ensuite la caméra avec du ruban adhésif.

Alexeï Navalny avait publié lundi une vidéo d'une conversation téléphonique avec un membre présumé du FSB, Konstantin Koudriavtsev, dans laquelle ce dernier, pensant parler à un responsable du renseignement, explique que les services spéciaux russes ont bien empoisonné l'opposant. Les autorités ont qualifié cette conversation de "falsification", mais n'ont jamais démenti que l'interlocuteur de l'opposant était bien un agent ni que celui-ci était membre de l'équipe chargée de filer l'intéressé.

Publié dans Articles de Presse

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