Valéry Giscard d'Estaing, un Européen convaincu et un "modernisateur"

Publié le par La Nouvelle République

La mort à 94 ans de l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, des suites du Covid-19, a suscité une pluie d’hommages en France et à l’étranger.

L’ancien chef d’État avait participé aux Rendez-vous de l’histoire de Blois en 2013. © (Photo archives NR, Sébastien Gaudard)

L’ancien chef d’État avait participé aux Rendez-vous de l’histoire de Blois en 2013. © (Photo archives NR, Sébastien Gaudard)

Valéry Giscard d’Estaing a présidé la France de 1974 à 1981. Mercredi soir, il s’est éteint dans sa résidence d’Authon, dans le Loir-et-Cher, des suites du Covid-19.

Conformément aux vœux du défunt président, ses obsèques se dérouleront « dans la plus stricte intimité familiale », selon sa famille. Mais une messe à Paris sera organisée à sa mémoire. Il sera enterré à Authon, samedi matin, auprès de sa plus jeune fille Jacinte, décédée en 2018, sur un terrain privé qui borde le cimetière communal.

Valéry Giscard d’Estaing et son épouse Anne-Aymone sont aussi parents de Valérie-Anne, Henri et Louis.

« Frustration de l’œuvre inachevée » Hospitalisé à plusieurs reprises ces derniers mois, l’une des dernières apparitions publiques de VGE, comme il était surnommé, remonte au 30 septembre 2019, lors des obsèques à Paris de Jacques Chirac, qui fut à la fois son premier ministre et son successeur indirect à la tête de l’État.

Malgré les différends notoires entre les deux hommes, la veuve de Jacques Chirac, Bernadette, a écrit une lettre de condoléances à Anne-Aymone Giscard d’Estaing.

Le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Jean-Baptiste Lemoyne, en déplacement en Auvergne, a déposé une gerbe à la mi-journée dans le fief historique de VGE à Chamalières, dont le maire actuel est son fils Louis.

Né à Coblence, en Allemagne, en février 1926, Valéry Giscard d’Estaing, pur produit de l’élite française, diplômé de Polytechnique et de l’Ena, s’est imposé dans le paysage politique dès les débuts de la Ve République, en occupant différents postes ministériels à partir de 1959.

C’est pourtant en opposition au gaullisme qu’il parvient à conquérir l’Élysée en 1974, en s’imposant d’abord à droite face à Jacques Chaban-Delmas, héritier revendiqué du général de Gaulle, puis en battant sur le fil le candidat socialiste François Mitterrand.

Celui qui ambitionne de réunir « deux Français sur trois » derrière sa politique multipliera alors les réformes sociétales : abaissement de la majorité à 18 ans, légalisation de l’IVG ou création d’un secrétariat d’État à la Condition féminine.

Giscard impose également un style nouveau, qui entend alléger la pompe présidentielle, au risque de nourrir les procès en démagogie lorsqu’il s’invite à dîner chez les Français ou joue de l’accordéon.

Mais c’est surtout la deuxième moitié de son septennat, plombée par la crise née des chocs pétroliers, et marquée par le soupçon des affaires qui donne du souffle à ses contempteurs.

Le 10 mai 1981, il échoue à se faire réélire face à François Mitterrand, avec qui il tissera au fil du temps une estime réciproque, alors que sa rivalité avec Chirac restera tenace.

Après son célèbre « au revoir » et la chaise laissée vide lors d’une ultime allocution télévisée, VGE traversera une profonde dépression, avec « la frustration de l’œuvre inachevée ».

Publié dans Articles de Presse

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