Zodiaque : 50 ans après, l’un des cryptogrammes du tueur en série décrypté

Publié le par Le Parisien par J.Cl. avec AFP

Il a fallu un an de travail acharné à trois amis passionnés de cryptographie. Le message décodé ne révèle malheureusement rien de l’identité du tueur.

Zodiaque : 50 ans après, l’un des cryptogrammes du tueur en série décrypté

Aussi insondable que l'identité de Jack l'éventreur, celle du Zodiaque, célèbre tueur en série des années 1960, reste un secret bien gardé, hélas. Mais cinquante ans après ses méfaits, une équipe de passionnés de cryptographie est parvenue à déchiffrer l'un de ses messages.

Ce message avait été envoyé en novembre 1969 au quotidien San Francisco Chronicle par le tueur en série présumé. Son code, constitué d'une série de lettres et de symboles énigmatiques sous forme de tableau, tenait en échec les autorités et les enquêteurs amateurs depuis lors.

À l'époque, le Concorde accomplit son premier vol, Neil Armstrong et Buzz Aldrin ont fait leurs premiers pas sur la Lune, Woodstock a réuni un demi-million de personnes, dans une communion hippie contre la guerre du Vietnam. En Californie, les revendications de la communauté homosexuelle pour jouir des mêmes droits et des mêmes libertés que les hétérosexuels tournent à l'émeute. Et dans l'Etat le plus peuplé des Etats-Unis, un tueur en série commence à sévir, suivant toujours le même mode opératoire : il s'insinue dans la voiture de couples ou de personnes, tous très jeunes, dans des recoins isolés, et les tue tout de suite ou les ligote et discute avant de les achever.

Entre décembre 1968 et octobre 1969, cinq meurtres lui ont été officiellement attribués. Lui en a revendiqué 37. Entre août 1969 et 1978, il a adressé seize lettres à la presse et à la police, dont quatre cryptogrammes.

David Oranchak, un concepteur de sites Web américain âgé de 46 ans, a commencé à travailler en 2006 sur la lettre. Il a reçu l'aide de Sam Blake, un mathématicien australien, et de Jarl Van Eykcke, un logisticien belge.

Ces trois passionnés du « Tueur au Zodiaque », qui ont probablement vu et revu le film de David Fincher consacré à ce mystère, espéraient trouver l'identité du criminel. Mais il ne s'agit que de quelques phrases dans lesquelles le tueur se vante, défie les autorités et livre quelques élucubrations sans information intéressante. « J'espère que vous vous amusez bien à essayer de m'attraper […] Je n'ai pas peur de la chambre à gaz car elle va m'envoyer au paradis très bientôt parce que j'ai maintenant assez d'esclaves pour travailler pour moi », dit ainsi le message.

Dans le premier cryptogramme, décodé par un instituteur et son épouse en 1969, le Zodiaque évoquait déjà des « esclaves » qu'il réunissait pour le servir dans l'au-delà. Il disait aussi : « J'aime tuer parce que c'est amusant. »

Si le code du « message 340 », baptisé ainsi parce qu'il contient 340 caractères (17 colonnes de 20 signes), a été si difficile à décoder, c'est parce que les caractères étaient ordonnés en diagonale en sautant chaque fois une colonne. Il fallait donc lire en diagonale, en partant du coin supérieur gauche et en décalant à chaque fois d'une case vers le bas et de deux cases vers la droite, puis revenir au coin opposé en arrivant en bas de cette diagonale, explique l'expert dans une vidéo mise en ligne sur sa chaîne YouTube.

Selon lui, ce système de codage figure notamment dans un manuel de cryptographie de l'armée américaine datant des années 1950. Mais en l'exploitant… le rédacteur a commis plusieurs erreurs dans la réalisation de sa propre chausse-trappe, qu'il fallait corriger.

Deux autres très courts cryptogrammes (« Z13 », envoyé en avril et « Z32 », envoyé en juin 1970) attendent encore d'être déchiffrés. Le Z13 commence par « c'est le Zodiac qui vous parle. Mon nom est »…

Publié dans Articles de Presse

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