Ennadre Dalila

Publié le par Mémoires de Guerre

Dalila Ennadre, née le 12 août 1966 à Casablanca (Maroc) et morte le 14 mai 2020 à Paris (France), est une réalisatrice marocaine, connue pour ses documentaires sur la vie quotidienne au Maroc et ses portraits de femmes, et dont les œuvres ont été plusieurs fois primées. 

Ennadre Dalila

Jeunesse

Dalila Ennadre est née le 12 août 1966 à Casablanca au Maroc. Elle grandit en France, chemin de Marvilles à Saint-Denis puis dans la cité des 4000 à La Courneuve. Son frère aîné, Touhami Ennadre, se passionne pour la photographie et devient artiste-photographe. Elle arrête ses études à 16 ans, et de 1985 à 1996, elle séjourne successivement en Guyane, en Allemagne, au Maroc et au Québec. Pendant cette période, elle étudie le cinéma en autodidacte, et travaille comme chargée de production sur des séries TV ou des films de commande pour des institutions.

Carrière

Elle décide de se consacrer à la réalisation de films documentaires, souvent sur des thèmes issus de rencontres et tournant autour de la vie quotidienne au Maroc. En 1987, elle réalise un premier documentaire Par la grâce d'Allah, sur un meunier des montagnes marocaines, puis en 1994, Idoles dans l'ombre. De 1996 à 1999, elle intervient pour la société L'Yeux ouverts comme chargée de production et comme monteuse, notamment sur La Ballade des sans papiers en 1997, et Nous retournerons un jour en 1999. Cette même année 1999, elle revient à la réalisation. Elle commence notamment le tournage de El Batalett, Femmes de la médina, y dressant le portrait chaleureux de quelques femmes marocaines qui habitent le quartier pauvre de l'ancienne médina de Casablanca, où elle est née, ainsi que le portrait de leurs enfants et ados.

Les réalisations s’enchaînent ensuite dans les années 2000, dont La caravane de Mé Aïcha en 2003 sur la vie d'une poétesse dans le désert, Fama, une héroïne sans gloire en 2004 sur une militante démocratique, Je voudrais vous raconter en 2005 sur la réalité de la vie des femmes au moment de la réforme du droit de la famille, et J'ai tant aimé… en 2008 sur une ancienne prostituée de l'armée française. En 2012, elle est également actrice dans un film de Brahim Fritah, Chroniques d’une cour de récré. Elle est en 2013 en résidence artistique à l'Espace 1789 de Saint-Ouen. Elle est ensuite de retour à l’ancienne médina de Casablanca pour tourner Des murs et des hommes. Sa dernière œuvre est un documentaire consacré à Jean Genet, qui a vécu les dix dernières années de sa vie à Larache, et où il s'est fait enterrer, dans le vieux cimetière espagnol. Elle s'était vu attribuer en 2018 une aide du CNC pour cette réalisation.

Décès

Elle meurt le 14 mai 2020 des suites d'une longue maladie. 

Quelques distinctions

Les réalisations d'Ennadre ont été primées à plusieurs reprises. Dès 2002, le Grand Prix aux rencontres documentaires Traces de vies de Clermont-Ferrand et Vic-le-Comte est décerné à El Batalett, Femmes de la médina. En 2009, son film J'ai tant aimé… reçoit le prix du meilleur documentaire du Festival de Cinéma Africain de Tarifa, en Espagne. Et en 2014, Des murs et des hommes est récompensé du Grand prix documentaire du Festival du cinéma maghrébin d'Alger, et du Grand Prix TV 2M au Fidadoc (festival international du film documentaire) d'Agadir. 

Filmographie

Comme réalisatrice

  • 1987 : Par la grâce d’Allah
  • 1994 : Idoles dans l’ombre
  • 1999 : Loups du désert
  • 2001 : El Batalett, Femmes de la médina
  • 2003 : La caravane de Mé Aïcha
  • 2004 : Fama, une héroïne sans gloire
  • 2005 : Je voudrais vous raconter
  • 2008 : J'ai tant aimé…
  • 2014 : Des murs et des hommes
  • 2019 : Jean Genet, notre père des fleurs

Comme actrice

  • 2012 : Chroniques d'une cour de récré. Elle y interprète la mère.

Publié dans Réalisateur

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article