Funérailles modestes au mont des Oliviers pour le milliardaire Sheldon Adelson

Publié le par The Times of Israël

Netanyahu a rendu hommage au magnat des casinos avant les funérailles : "Il restera dans les mémoires comme un grand patriote juif"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rend hommage au regretté milliardaire juif américain Sheldon Adelson après l'arrivée de son cercueil à l'aéroport Ben Gurion, le 14 janvier 2021. (Crédit : Ami Shooman/Israël Hayom)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu rend hommage au regretté milliardaire juif américain Sheldon Adelson après l'arrivée de son cercueil à l'aéroport Ben Gurion, le 14 janvier 2021. (Crédit : Ami Shooman/Israël Hayom)

Le milliardaire juif américain Sheldon Adelson a été enterré vendredi au mont des Oliviers, et seuls les proches du défunt ont pu assister à la modeste cérémonie d’inhumation. Le cercueil de cet important donateur pro-Israël et républicain était arrivé en Israël jeudi soir.

Le cercueil, enveloppé de drapeaux américain et israélien, a été exposé à l’aéroport, où le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Miriam Adelson, sa veuve, ainsi que d’autres proches, sont venus rendre un dernier hommage.

« Il restera dans les mémoires comme un grand patriote juif, c’est une perte immense pour le peuple », a déclaré Netanyahu, selon des propos relayés par le quotidien Israel Hayom, qui appartenait à Adelson et à son épouse. 

Les familles juives enterrent leurs morts sur le Mont des Oliviers depuis des temps immémoriaux. On estime à 150 000 le nombre de personnes qui y sont enterrées. En 2012, les autorités qui gèrent le cimetière ont déclaré qu’il n’y avait presque plus de place.

Adelson, à la tête de l’empire du jeu Las Vegas Sands, a succombé à des complications liées au traitement d’un lymphome non-hodgkinien, ont annoncé Sands et Miriam Adelson mardi.

Miriam Adelson se tient au-dessus du cercueil de son mari, le regretté milliardaire juif américain Sheldon Adelson, à l’aéroport Ben Gurion, le 14 janvier 2021. (Crédit : Ami Shooman/Israël Hayom)

Miriam Adelson se tient au-dessus du cercueil de son mari, le regretté milliardaire juif américain Sheldon Adelson, à l’aéroport Ben Gurion, le 14 janvier 2021. (Crédit : Ami Shooman/Israël Hayom)

Adelson, fils d’immigrés juifs, était un fervent soutien de Netanyahu et force motrice dans le programme pro-Israël du président américain sortant Donald Trump, notamment sur la question du transfert de l’ambassade américain de Tel Aviv à Jérusalem.

Adelson était aux premières loges quand l’administration Trump a inauguré l’ambassade à Jérusalem en mai 2018 et a assisté en janvier dernier à l’annonce du plan de paix pour le Moyen-Orient, qui a été considérée comme favorable aux Israéliens au détriment des Palestiniens,

L’année dernière, Adelson a renforcé la décision des États-Unis de transférer leur ambassade en achetant la résidence de l’ambassadeur à Herzliya, près de Tel Aviv, rendant ainsi plus difficile pour les futurs présidents d’inverser la décision. La propriété majestueuse, située sur la côte méditerranéenne, aurait coûté plus de 67 millions de dollars, ce qui en fait la résidence la plus chère jamais vendue en Israël.

Adelson a également fait récemment la une des journaux lorsque l’espion Jonathan Pollard et sa femme Esther sont arrivés en Israël à bord de son jet privé.

Le président américain Donald Trump (à droite) tape sur le bras de Sheldon Adelson, directeur général de la Las Vegas Sands Corporation et méga-donateur républicain, avant de s’exprimer lors du sommet national du Israeli American Council [Conseil israélo-américain] à Hollywood, en Floride, le 7 décembre 2019. (Patrick Semansky/AP)

Le président américain Donald Trump (à droite) tape sur le bras de Sheldon Adelson, directeur général de la Las Vegas Sands Corporation et méga-donateur républicain, avant de s’exprimer lors du sommet national du Israeli American Council [Conseil israélo-américain] à Hollywood, en Floride, le 7 décembre 2019. (Patrick Semansky/AP)

Son attachement à Israël est si profond qu’il a dit un jour qu’il aurait souhaité que son service militaire se fasse dans un uniforme israélien plutôt qu’américain.

Interrogé lors d’une conférence sur les jeux d’argent sur ce qu’il espérait laisser en héritage, Adelson a répondu que ce n’était pas ses casinos ou ses hôtels clinquants, mais plutôt son impact en Israël. Il a fait don de 25 millions de dollars, une somme record pour un citoyen privé, au Mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jérusalem. Il a également créé un think-tank dans la capitale et financé de nombreux projets éducatifs et culturels.

Aux États-Unis, Adelson a contribué au financement de voyages de membres du Congrès en Israël, a aidé à la construction d’un nouveau siège pour le groupe de pression American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), et a été l’un des principaux partisans du Conseil israélo-américain, dont les conférences ont attiré des Républicains (le vice-président Mike Pence) et des Démocrates (la présidente de la Chambre Nancy Pelosi) de haut niveau. Il a parrainé des voyages Birthright en Israël pour de jeunes adultes juifs.

Sa générosité envers l’État hébreu a largement bénéficié à Benjamin Netanyahu par le biais du quotidien gratuit Israel Hayom, fondé par le milliardaire en 2007 et aujourd’hui l’un des plus diffusés en Israël.

Il a créé avec sa femme la Fondation Adelson dont « le but principal » est « de renforcer l’État d’Israël et le peuple juif », selon le site internet de l’organisation.

Il n’a jamais caché son opposition à une solution à deux États pour régler le conflit israélo-palestinien, qui prévoit un État palestinien viable aux côtés d’Israël, longtemps préconisé par la communauté internationale.

Adelson, dont le groupe emploie 50 000 personnes et détient notamment deux luxueux complexes hôteliers à Las Vegas, était aussi un pilier financier du Parti républicain américain ainsi qu’un partisan fidèle du président sortant Donald Trump.

Il a farouchement combattu la politique du président démocrate Barack Obama, avant de devenir le principal donateur des campagnes électorales de Trump en 2016 et en 2020.

Sa fortune était estimée mardi à 35 milliards de dollars (28,7 milliards d’euros), selon le magazine Forbes qui l’a classé au 28e rang des milliardaires 2020.

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