Georges Pernoud, présentateur historique de « Thalassa », est mort

Publié le par Le Monde avec AFP

Le journaliste avait été aux commandes du « magazine de la mer » sur France 3 pendant plus de quarante ans. Il est mort « des suites d’une longue maladie » à l’âge de 73 ans, a annoncé sa famille.

Georges Pernoud, ici en juin 2004 devant le bateau « Thalassa ». PIERRE VERDY/AFP

Georges Pernoud, ici en juin 2004 devant le bateau « Thalassa ». PIERRE VERDY/AFP

Le journaliste Georges Pernoud, à la barre de l’émission télévisée « Thalassa » pendant plus de quarante ans, est mort à l’âge de 73 ans, a annoncé sa famille, lundi 11 janvier. « Il est décédé dans un hôpital en région parisienne des suites d’une longue maladie », a annoncé sa fille Fanny Pernoud.

Georges Pernoud avait créé le « magazine de la mer », à la longévité exceptionnelle, en 1975 et l’a animé de 1980 à 2017, sur FR3 devenu ensuite France 3. Il a longtemps rassemblé des millions de téléspectateurs chaque semaine, avec cette émission préparée sur une péniche-studio amarrée en bord de Seine.

En 1989, au plus fort de son succès, « Thalassa » avait – chose rare – bénéficié d’une diffusion hebdomadaire (chaque vendredi) en première partie de soirée après avoir fait ses classes au fin fond de la grille de FR3, devenue France 3 en 1992.

Surfant sur l’audience, le capitaine Pernoud et son équipage avaient même obtenu d’installer leurs bureaux sur une péniche accostée sur les berges de la Seine en bas du siège de France Télévisions. En 2004, « Thalassa » s’était offert le luxe de louer une goélette pour un tour de France, avec arrêt chaque vendredi soir dans un port d’où l’émission était diffusée en direct.

1 704 numéros de « Thalassa »

A partir de 2011, « Thalassa », qui connaissait des tensions internes et un certain vieillissement, changea de rythme avec une diffusion trois vendredis sur quatre, en alternance avec le magazine « Faut pas rêver », lui aussi créé par Georges Pernoud. Puis, à partir de 2016, l’émission, en perte d’audience, ne fut proposée qu’une fois par mois.

Malgré l’arrivée de nouveaux journalistes et d’une rédaction en chef orientée vers l’investigation, « Thalassa » (1,58 million de fidèles seulement cette saison, se­lon Médiamétrie) n’a pas encore trouvé son nouveau public. Ces ­déprogrammations brutales avaient provoqué la colère de Georges Pernoud qui, en avril 2017, avait décidé de passer la main et avait présenté son dernier numéro le 30 juin, en duplex de Saint-Malo, ville chère à l’émission.

France 3 avait alors rendu hommage « à celui qui, à travers ses 1 704 numéros de “Thalassa” depuis le 25 septembre 1975, a mené avec la rédaction de “Thalassa” des reportages et des enquêtes de grande qualité sur le monde de la mer et ceux qui en vivent ».

« Georges Pernoud a beaucoup contribué à la prise de conscience écologique »

« Grâce à Thalassa, Georges Pernoud avait réussi à faire connaître et aimer la mer à la France entière. Grand homme de télévision, il avait choisi #Marseille pour sa première émission, en 1975 ! », s’est souvenu Renaud Muselier, président LR de la région Alpes-Côte d’Azur, sur Twitter.

« Son “bonsoir” de ténor restera. Son engagement pour la planète aussi. Pendant quarante ans d’émission, Georges Pernoud a beaucoup contribué à la prise de conscience écologique. Par la mer, il a révélé à des millions d’entre nous que nous sommes des terriens », a salué sur le même réseau Eric Piolle, le maire EELV de Grenoble.

Rencontre avec des pêcheurs, découverte d’archipels, portrait du père Jaouen qui pratiquait la réinsertion de jeunes par la mer, reportages sur la Route du rhum, mais aussi sur le sauvetage de migrants, la pêche au thon ou les delphinariums... L’émission a abordé « tous les domaines sur fond bleu », se plaisait à dire l’animateur aux cheveux gris.

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