Mort de Georges Pernoud, l’amoureux de la mer à l’origine de «Thalassa» à la télévision

Publié le par Le Figaro par Sarah Lecoeuvre et Élisabeth Perrin

Le présentateur historique de l’émission de France 3 s’est éteint dimanche à l’âge de 73 ans. Il détient l’un des records de longévité à la télévision.

 Georges Pernoud en 2004. PIERRE VERDY/AFP

Georges Pernoud en 2004. PIERRE VERDY/AFP

Une figure du paysage audiovisuel s’en est allée. Georges Pernoud est décédé dimanche dans un hôpital de région parisienne «des suites d’une longue maladie», a annoncé sa fille Fanny Pernoud à l’AFP. Cet amoureux de la mer a marqué les esprits en créant et présentant «Thalassa», magazine emblématique de FR3 puis de France 3.

C’est le 4 juin 1975 qu’il propose le projet de «Thalassa» à la direction de FR3 qui sera accepté deux jours plus tard. La première émission est diffusée le 27 septembre suivant et est consacrée au «poids de la mer» à Marseille. À l’époque pas de plateau, donc encore moins de présentateur à l’écran. De simples reportages s’enchaînent dans l’émission qui dure alors 30 minutes. Producteur et voix off dès ses débuts, Georges Pernoud n’apparaîtra à l’image que le 4 janvier 1980.

Malgré les orages, les tempêtes ou les baisses de régime, le capitaine de ce rendez-vous a tenu bon la barre sur sa péniche-studio amarrée en bord de Seine. Quarante ans à sa tête! Avec «Le Jour du Seigneur» et «Des chiffres et des lettres» , «Thalassa» figure parmi les programmes de la télévision à la longévité la plus longue. Grâce à cette belle lucarne sur le monde maritime et sur ceux qui en vivent, Georges Pernoud a sensibilisé au fil des années ses fidèles à la défense du patrimoine et du littoral. Avec des enquêtes pointues, il les a informés sur nombre de catastrophes écologiques et humaines (mer d’Aral, drame de l’Estonia ou scandale des «boues rouges» du parc des Calanques). Il les a aussi fait rêver grâce à des paysages sublimes et des rencontres avec des stars de la voile ou d’anonymes passionnés. C’est ainsi qu’il a imaginé une autre émission, «Faut pas rêver», en 1990.

Chevalier de la légion d’honneur

Avec des millions de téléspectateurs rassemblés chaque semaine, on se bousculait sur le plateau de «Thalassa». Parmi les invités, des défenseurs de la nature comme le réalisateur et acteur Jacques Perrin, l’explorateur Jean-Louis Étienne et Ségolène Royal, dans l’une des enquêtes consacrée aux boues rouges au large de Cassis. Lorsque la femme politique est devenue ministre de l’Environnement et de la Mer, elle a remis à Georges Pernoud la médaille de chevalier de la Légion d’honneur. C’était en 2017.

Cette année-là, après 1704 numéros, et parce que les audiences se faisaient plus timides, Georges Pernoud a choisi de quitter le navire de «Thalassa». Et c’est sans fièvre que l’animateur avait préparé son ultime rendez-vous, le 30 juin à Saint-Malo, avec notamment «L’Expédition La Pérouse», l’un de ses reportages préférés. À France Télévisions, on lui avait réservé, quelques jours avant, une jolie fête de départ avec notamment Xavier Couture, l’ancien patron des programmes du groupe, l’explorateur Jean-Louis Étienne, le ministre Jean-Yves Le Drian, l’écrivain Érik Orsenna, les journalistes Patricia Loison et Carole Gaessler et Delphine Ernotte-Cunci, présidente du groupe. Beau joueur, il avait souhaité bon vent à «Thalassa» qui avait continué avec Fanny Agostini à la présentation. Trois ans plus tard, l’émission a perdu sa case mensuelle et est aujourd’hui présentée chaque dimanche par Sabine Quindou.

Au moment de son départ, Georges Pernoud nous avait fait part de son envie de sortir un livre pendant sa retraite bien méritée pour y raconter les grandes rencontres de sa carrière. Il avait également d’autres idées de concept pour la télévision. Le temps lui aura finalement manqué.

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