Allemagne : la justice ouvre la voie au procès d'une ex-secrétaire d'un camp nazi

Publié le par RTL

Il s’agirait de la première femme à être jugée devant une cour spéciale pour mineurs pour des fonctions qu'elle avait assurée dans le camp de concentration de Stutthof, alors qu'elle était jeune adolescente.

L'ancien camp de concentration de Stutthof, en Allemagne. Crédit : Wojtek RADWANSKI / AFP

L'ancien camp de concentration de Stutthof, en Allemagne. Crédit : Wojtek RADWANSKI / AFP

La justice allemande a annoncé, vendredi 5 février qu’une ancienne secrétaire d'un camp de concentration nazi, aujourd'hui âgée de 95 ans, a été mise en accusation pour "complicité de meurtres dans plus de 10 000 cas". 

Le parquet d'Itzehoe a écrit dans un communiqué que "dans d'autres cas, elle est poursuivie pour complicité dans des tentatives de meurtres". Il s'agirait de la toute première femme jugée dans une procédure judiciaire contre les exactions nazies. L'accusée, dont le parquet n'a pas révélé l'identité, serait néanmoins jugée devant une cour spéciale pour mineurs car elle était encore adolescente au moment des faits.

Les faits qui lui sont reprochés remontent, entre juin 1943 et avril 1945. À cette époque, elle aurait "apporté son aide aux responsables du massacre systématique de prisonniers juifs, de partisans polonais et de prisonniers de guerre soviétiques russes dans sa fonction de sténographe et de secrétaire du commandant de l'ancien camp de concentration de Stutthof", situé à 35 km de la ville de Dantzig alors en territoire allemand.

Les investigations dans ce dossier ont été "très longues" avec des interrogations de témoins aux États-Unis et en Israël notamment, a précisé le porte-parole du parquet Peter Müller-Rakow. 

La tenue d'un procès pas assurée

Le parquet a aussi précisé que dans la mesure où "certains prisonniers ont survécu à leur séjour dans le camp malgré les conditions hostiles, certains des actes doivent être évalués judiciairement comme une tentative".

La tenue d'un procès n'est pas encore assurée car la justice doit d'abord décider si, en raison de son grand âge, elle est apte à être renvoyée devant un tribunal. Interrogé par l'AFP, le ministère public suppose actuellement qu'elle est "apte à être jugée".

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article