Chassaigne André

Publié le par Mémoires de Guerre

André Chassaigne, né le 2 juillet 1950 à Clermont-Ferrand, est un homme politique français, membre du Parti communiste français. Il a été conseiller général du canton de Saint-Amant-Roche-Savine, conseiller régional d'Auvergne, maire de Saint-Amant-Roche-Savine. Il est député de la 5e circonscription du Puy-de-Dôme depuis 2002 et président du Groupe de la Gauche démocrate et républicaine à l'Assemblée nationale depuis 2012. 

Chassaigne André

Origines, famille et études

André Marcel Chassaigne est le fils d’un ouvrier chez Michelin, marié à la fille d'un polisseur à domicile de la montagne thiernoise. Il commence sa carrière professionnelle comme professeur de lettres et d'histoire-géographie, de 1972 à 1981, à sa sortie de l'École normale primaire de Clermont-Ferrand. Puis, il devient principal du collège de Saint-Amant-Roche-Savine, un bourg du Haut Livradois dans le sud-est du Puy-de-Dôme, de 1981 à 2002. 

Parcours politique et prises de position

En 1977, il devient adjoint au maire de Saint-Amant-Roche-Savine, puis maire de 1983 à 2010. Il est également élu conseiller général du Puy-de-Dôme en 1979 et conseiller régional d'Auvergne de 1998 à 2000. Aux élections législatives de 2002, alors que le PCF perd quatorze sièges de députés, il a été le seul à en conquérir dans une nouvelle circonscription, la Cinquième circonscription du Puy-de-Dôme, dite circonscription de Thiers-Ambert, les deux principales villes d'elle englobe. Il est élu au second tour avec 20 944 voix, soit 51,34 % des suffrages exprimés. Il quitte son mandat de conseiller général, lors des élections cantonales de 2004. Il est depuis régulièrement cité parmi les députés les plus actifs de l'Assemblée nationale. Lors de la campagne référendaire sur le projet de Constitution européenne en 2005, il se prononce pour le Non et tient une réunion commune de réflexion à Clermont-Ferrand avec notamment Jean-Luc Mélenchon (PS) et Olivier Besancenot (LCR). Le 14 octobre 2006, il est élu président de l'Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR), en remplacement de Bernard Birsinger, décédé.

En 2007, lors des élections législatives, il est réélu député du Puy-de-Dôme, en nette progression par rapport à 2002 puisqu'il remporte 27 819 voix, soit 65,90 % des suffrages exprimés, avec une participation sensiblement identique à celle de 2002 (65,32 % de votants au lieu de 65,21 %). En avril 2008, il dépose un amendement (dit « amendement 252 ») au projet de loi sur les OGM, permettant de restreindre la culture d'OGM dans de nombreuses zones, comme les régions de culture d'AOC. Cet amendement est adopté par surprise, provoquant une crise au sein du gouvernement et de la majorité parlementaire. Tête de liste du Front de gauche en Auvergne pour les élections régionales de 2010, il remporte, avec 14,2 % des suffrages exprimés, le meilleur résultat de sa formation toutes régions confondues. Pour le second tour des élections régionales, le 21 mars, sa liste fusionne avec celles de René Souchon (PS-PRG-MRC) et de Christian Bouchardy (Europe Écologie). Il figure lui-même en troisième place parmi les 22 candidats pour le Puy-de-Dôme. Il démissionne alors de son mandat de maire de Saint-Amant-Roche-Savine, son fils François Chassaigne lui succédant, et de la présidence de l'Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR), remplacé par Dominique Adenot.

En juin 2012, il est élu président du groupe Gauche démocrate et républicaine, qui regroupe les députés du Front de gauche et des députés d'Outre-mer à l'Assemblée nationale. Le 15 octobre 2013, il vote contre la réforme des retraites présentée par le gouvernement Ayrault, dénonçant « un projet anti-social, indigne d'un gouvernement de gauche ». Lors d'une séance de questions au gouvernement en mai 2016, il dénonce le recours à l'article 49.3 pour faire adopter la loi travail. Il qualifie le procédé de « triple coup de force » contre « le monde du travail », contre « nos compatriotes » et contre « la représentation nationale privée de son rôle de législateur ». En juin 2016, il est l'un des deux députés, avec le député Les Républicains Nicolas Dhuicq à voter contre la ratification de l'accord d'association entre la Géorgie et l'Union européenne et contre celui avec l'Ukraine. Il explique sa position par le fait qu'il ne veut pas que cet accord envenime les relations entre la Russie et l'Ukraine, et favorise un « scénario à la grecque » économiquement. Il propose avec les autres députés du Front de gauche une plus grande régulation dans l’agriculture afin de garantir des prix d'achat aux agriculteurs. Le 31 juillet 2018, il défend la motion de censure déposée par la gauche, en rapport avec l'Affaire Benalla, qualifiant les députés LREM de « simples digéreurs », d'« intestins silencieux de la bouche élyséenne » à la suite de leur refus de faire « émerger la vérité ». En octobre 2018, un vote des militants place en tête le texte d'orientation qu'André Chassaigne et Fabien Roussel ont présenté en vue du congrès du Parti communiste en novembre. Il fait partie de la liste « Pour l'Europe des gens, contre l'Europe de l'argent » menée par Ian Brossat pour les élections européennes de 2019 en France. Il figure en 79e et dernière position dans la liste. 

Élections présidentielle et législatives de 2012

Le 10 septembre 2010, il se porte candidat à l'investiture du PCF pour représenter le Front de gauche à l'élection présidentielle de 2012. Lors de la consultation interne qui a lieu au PCF du 16 au 18 juin 2011, il obtient 36,82 % des voix des militants communistes et est battu par le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier est ensuite désigné comme candidat du Front de gauche pour l'élection présidentielle. Candidat à sa propre succession dans la Cinquième circonscription du Puy-de-Dôme sous l'étiquette Front de gauche pour les élections législatives de juin 2012, il est facilement réélu député, avec 41,2 % des suffrages exprimés au premier tour — malgré la concurrence de Martine Munoz, la candidate du PS — puis 67,5 % au second tour contre Maxime Costilhes, le candidat UMP. Il est le député le plus actif de la XIVe législature selon le classement établi par le magazine Capital. 

En avril 2017, selon le site Capital.fr, se basant sur les données recueillies par le collectif Regards citoyens, il est désigné comme « meilleur élève » parmi les députés sortants de l’Assemblée nationale, pour son assiduité et son implication dans le travail parlementaire. Il est à l'origine d'une proposition de loi devant garantir aux agriculteurs une retraite équivalente à au moins 85 % du salaire minimum. Celle-ci est adoptée par l'assemblée nationale en février 2017, mais en mai 2018, le nouvel exécutif dépose un amendement pour bloquer le vote. Il explique avoir « proposé que ces retraites soient financées par une recette qui ne plaît pas : l’augmentation de la taxe sur les transactions financières de 0,1 %. Cela ferait une recette de 500 millions d’euros par an, et ils n’en veulent pas ». Il défend également la création d’un statut pour les conjointes qui exercent au coté de leur mari afin de leur assurer des droits pour leurs retraites. 

Élections présidentielle et législatives de 2017 et mandat consécutif

Il se prononce contre un soutien du PCF à la candidature présidentielle de Jean-Luc Mélenchon lors de la consultation interne en 2016 et défend une candidature communiste autonome, se déclarant lui-même « disponible » pour la porter. Il est ainsi le seul communiste à déclarer ouvertement sa candidature contre le candidat de la France insoumise. Toutefois, les adhérents choisissent majoritairement de soutenir Mélenchon à 53,50 %. Candidat à l'élection législative dans la 5e circonscription du Puy-de-Dôme, André Chassaigne obtient 34,85 % des suffrages au premier tour, étant devant le candidat LREM, Sébastien Gardette qui obtient 29,27 % des suffrages. 34,85 % des suffrages, c'est moins qu'à l'élection de 2012 où il avait obtenu 41,16 % des suffrages, mais si l'on prend en compte les voix de Sara Perret (FI, 6,82 %), la gauche radicale obtient alors 41,67 % des suffrages. André Chassaigne remporte le deuxième tour avec 63,55 % des suffrages face à Sébastien Gardette qui obtient 36,45 % des voix.

André Chassaigne est réélu président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) le 26 juin 2017. Lors du 38e congrès du PCF à Ivry-sur-Seine en 2018 il est l'un des principaux défenseurs du texte alternatif, « Pour un manifeste du Parti communiste du XXIe siècle » qui vise à réaffirmer l'identité du PCF, tout en se distançant de La France insoumise. Ce dernier texte parvient à mettre en minorité la direction de Pierre Laurent avec 42,14 % des voix des adhérents. En mars 2020, il est testé positif au coronavirus. En juin 2020, il est rapporteur d'une proposition de loi, initialement déposée durant le précédent mandat, visant à revaloriser les petites retraites agricoles pour qu'aucune ne soit inférieures à 85% du SMIC avec un financement assuré par une augmentation de 0,1% de la « taxe sur les transactions financières ». 

Détail des mandats et fonctions

Conseiller municipal et maire

  • 21 mars 1977 : adjoint au maire de Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme)
  • 14 mars 1983 : maire de Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme)
  • 20 mars 1989 : maire de Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme)
  • 19 juin 1995 : maire de Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme)
  • 19 mars 2001 : maire de Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme)
  • Mars 2008 : maire de Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme) (mandat interrompu le 21 avril 2010 à la suite de son élection au conseil régional d'Auvergne)
  • 1er janvier 2001- 16 mars 2008 : vice-président de la communauté de communes du Haut-Livradois

Conseiller général

  • 26 mars 1979 : conseiller général du Puy-de-Dôme (canton de Saint-Amant-Roche-Savine)
  • 18 mars 1985 : conseiller général du Puy-de-Dôme (canton de Saint-Amant-Roche-Savine)
  • 17 septembre 1985 : vice-président du conseil général du Puy-de-Dôme (fonction arrivée à échéance le 29 mars 1992)
  • 30 mars 1992 : conseiller général du Puy-de-Dôme (canton de Saint-Amant-Roche-Savine)
  • 23 mars 1998 : conseiller général du Puy-de-Dôme (canton de Saint-Amant-Roche-Savine) (ne s'est pas représenté en mars 2004)

Conseiller régional

  • 16 mars 1998 : conseiller régional d'Auvergne (mandat interrompu le 1er juin 2000)
  • 22 mars 2010 : conseiller régional d'Auvergne (mandat achevé en 2015)

Député

  • 19 juin 2002 : élu député du Puy-de-Dôme avec 51,34 % dans la 5e circonscription, dite de Thiers-Ambert (suppléant : Claude Nowotny)
  • 20 juin 2007 : réélu député du Puy-de-Dôme avec 65,90 % dans la 5e circonscription, dite de Thiers-Ambert (suppléant : Claude Nowotny)
  • 17 juin 2012 : réélu député du Puy-de-Dôme avec 67,53 % dans la 5e circonscription, dite de Thiers-Ambert (nouveau suppléant : Éric Dubourgnoux)
  • 18 juin 2017 : réélu député du Puy-De-Dôme avec 63,55 % dans la 5e circonscription, dite de Thiers-Ambert (suppléant : Éric Dubourgnoux)

Autres fonctions

  • 14 octobre 2006 - 3 octobre 2010 : président de l'Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR)

Décorations

  • Chevalier de la Légion d'honneur (2001)
  • Chevalier de l'ordre national du Mérite
  • Officier de l'ordre des Palmes académiques
  • Officier de l'ordre du Mérite agricole
  • Récipiendaire de la médaille du tourisme (échelon inconnu)

Publications

  • Pour une terre commune, Arcane 17 association, septembre 2010 (ISBN 978-2918721055)
  • Et maintenant, Monsieur le Président ? - 10 interpellations à Emmanuel Macron, Éditions de l'Atelier, 31 août 2017 (ISBN 978-2708245570)
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