Disparition de Benjamin Orenstein, l’un des derniers rescapés de la Shoah

Publié le par Le Parisien avec AFP

Il avait passé une grande partie de sa vie à servir le devoir de mémoire. Il s’est éteint à Lyon, à 94 ans.

Pendant de très nombreuses années, Benjamin Orenstein a écumé les collèges et les lycées notamment pour raconter l’une des périodes les plus sombres de l’Humanité. Youtube/Organisation des Nations Unies

Pendant de très nombreuses années, Benjamin Orenstein a écumé les collèges et les lycées notamment pour raconter l’une des périodes les plus sombres de l’Humanité. Youtube/Organisation des Nations Unies

L'Histoire a perdu l'un de ses grands témoins. Benjamin Orenstein, l'un des derniers survivants de la Shoah, qui avait consacré une grande partie de sa vie à raconter aux nouvelles générations l'horreur de la Shoah, est décédé mercredi à Lyon (Rhône), à l'âge de 94 ans, a annoncé le Crif Auvergne-Rhône-Alpes.

« Après s'être tu des années, sidéré par ce qu'il avait vécu », Benjamin Orenstein n'avait cessé depuis le procès de Klaus Barbie en 1987 - « un électrochoc » pour lui - de témoigner dans les collèges et lycées sur ce passé et d'en porter sans relâche l'histoire, souligne le Conseil représentatif des institutions juives de France régional dans un communiqué.

« Sa disparition laisse un très grand vide »

Né le 4 août 1926 à Annopol dans une famille juive polonaise, déporté à Auschwitz à l'âge de 18 ans (matricule « B4416 »), il était jusqu'à peu président de l'Amicale des rescapés d'Auschwitz, précise le Crif, confirmant des informations de la presse régionale. Il avait reçu des mains du président du Consistoire de Lyon Marcel Dreyfuss en 2015 les insignes de Chevalier de la Légion d'honneur.

Il s'était installé à Lyon après la deuxième guerre mondiale. « Sa disparition laisse un très grand vide que seuls, peut-être, pourront combler tous les jeunes qui auront eu le très grand privilège de l'entendre », souligne la présidente du Crif Auvergne-Rhône-Alpes Nicole Bornstein, citée dans le communiqué.

Une pièce de théâtre, créée pour commérer les 70 ans de la libération d'Auschwitz, et un livre, « Ces mots pour sépulture », relatent sa vie et son engagement. Le Crif Auvergne-Rhône-Alpes annonce par ailleurs le décès mardi à Lyon d'un autre militant de la mémoire de la Shoah et de la lutte contre l'antisémitisme, Pierre Lévy.

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