États-Unis. Après son acquittement, quelle place occupera Donald Trump au sein du parti Républicain ?

Publié le par Ouest-France

Sept sénateurs républicains se sont prononcés, samedi 13 février, en faveur de la condamnation de Donald Trump. Un chiffre insuffisant pour empêcher l’ancien président de se représenter aux futures élections américaines mais qui démontre une certaine solidarité du parti à son égard.

Donald Trump, le 14 octobre 2020, à Joint Base Andrews dans le Maryland. | ALEX EDELMAN / AFP

Donald Trump, le 14 octobre 2020, à Joint Base Andrews dans le Maryland. | ALEX EDELMAN / AFP

Si le verdict du procès est sans surprise, l’avenir de Donald Trump au sein du parti Républicain questionne. Les Sénateurs ont acquitté, samedi 13 février, l’ancien président des États-Unis, poursuivi pour « incitation à l’insurrection » après les émeutes du Capitole le 6 janvier dernier.

Lors du premier procès en destitution de Donald Trump il y a un an - alors qu’il était jugé pour avoir fait pression sur l’Ukraine afin que le pays ouvre une enquête sur Joe Biden et son fils - l’ancien président avait obtenu une fidélité quasi-totale de son parti. Ses défenseurs conservateurs étaient ardents et nombreux, et les votes républicains pour le condamner pratiquement inexistants.

Lors de son deuxième procès, Donald Trump a reçu un soutien républicain moins féroce. Parmi les 57 voix en faveur de la condamnation, sept proviennent du camp Républicain. Un chiffre historique mais en deçà des 17 voix républicaines nécessaires pour le faire tomber.

La grande majorité des Républicains a refusé de déclarer le magnat de l’immobilier coupable. Même le chef de file du parti au Sénat, Mitch McConnell, qui a fait sursauter son camp le mois dernier en dénonçant vivement la conduite de Donald Trump, a voté l’acquittement, « en s’appuyant sur de maigres arguments de procédure » précise le New York Times.

« Il n’y a aucun doute, aucun, que le président Trump est, dans les faits et moralement, responsable d’avoir provoqué les événements de cette journée » du 6 janvier, a pourtant asséné le leader Républicain. Cette déclaration prononcée à l’issue du verdict incarne à la perfection le profond malaise de certains républicains.

Culte de la personnalité et peur des représailles

L’acquittement de Donald Trump est « un moment décisif pour le parti que l’ancien président a façonné en un culte de la personnalité » souligne le New York Times. Selon Lanhee Chen, chercheur à la Hoover Institution et conseiller politique auprès de plusieurs personnalités républicaines, « le parti devait se redéfinir comme un parti au pouvoir dont les ambitions va au-delà de la fidélité à un seul dirigeant. »

Vaincu par le président Biden, privés de réseaux sociaux, mis en accusation par la Chambre des représentants, Donald Trump reste malgré tout la force dominante de la politique de droite. Même hors ligne et hors caméra dans sa propriété de Palm Beach, l’ancien président continue de susciter une admiration sans égale de la part des électeurs conservateurs.

Cette popularité auprès de la base républicaine sont autant de bonnes raisons, pour les Républicains de ne pas aller à l'encontre du millairdaire. Tout comme la peur des représailles, qui a certainement influencé le vote. Pourtant, beaucoup de détracteurs de Donald Trump auraient souhaité que les sénateurs du parti « montrent un peu de cran » raconte un éditorialiste de CNN, Harry Enten.

Mais l’ancien président et ses conseillers ont déjà fait savoir qu’ils avaient l’intention de profiter des élections de mi-mandat de 2022 pour récompenser leurs alliés et se venger de ceux qui l’ont contrarié. Et la possibilité d’une nouvelle candidature à la Maison Blanche dans trois ans plane sur le parti.

Favori pour l’investiture présidentielle de 2024

Seuls quelques républicains de haut rang ont osé dire qu’il était temps que Donald Trump perde complètement son statut de membre du parti. La représentante Liz Cheney du Wyoming, la plus haute personnalité républicaine de la Chambre des représentants à soutenir la destitution, a déclaré dans une récente interview télévisée que Donald Trump « n’a pas de rôle à jouer en tant que chef de notre parti à l’avenir ».

Mais sera-t-elle suivie ? Rien n’est moins sûr.

Trump est en fait le favori pour l’investiture présidentielle de 2024, selon l’éditorialiste politique de CNN. Il est actuellement en tête de tous les sondages primaires. « Comme je l’ai déjà noté, Trump est le mieux positionné par rapport à tous les anciens présidents à avoir fait un seul mandat et qui ont cherché à récupérer l’investiture de leur parti pour la présidentielle » écrit Harry Enten.

Il y a peu de raisons de croire que le milliardaire n’essaiera pas de tirer parti de ces chiffres. Il aime les feux de la rampe et les foules qui l’adorent. Bientôt, Donald Trump sera probablement en campagne.

La seule leçon que Trump tirera de cette saga de ce procès est probablement qu’il contrôle le Parti. Les Républicains ont en fait laissé passer leur meilleure chance de se débarrasser de lui.

Publié dans Acteurs et Actrices

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