Nika Melia, l'un des chefs de l'opposition en Géorgie, arrêté lors d'une opération policière

Publié le par Le Temps

Des policiers anti-émeute ont utilisé des gaz lacrymogènes contre des partisans et des dirigeants de tous les partis d'opposition qui campent devant un bâtiment depuis mercredi. Le pays est plongé dans une crise politique depuis les élections législatives de l'année dernière.

Nika Melia, le 17 février 2021, au siège de son parti à Tbilisi. — © AFP /Vano Shlamov

Nika Melia, le 17 février 2021, au siège de son parti à Tbilisi. — © AFP /Vano Shlamov

La police géorgienne a arrêté mardi Nika Melia, le chef du principal parti d'opposition en Géorgie, le Mouvement national uni (MNU), lors d'un violent raid au siège de son parti, selon les images en direct de la télévision Mtavari. Il a été sorti des locaux de sa formation politique pour être placé en détention provisoire.

Des centaines de policiers anti-émeute ont alors utilisé des gaz lacrymogènes contre ses partisans et des dirigeants de tous les partis d'opposition qui campent devant le bâtiment depuis mercredi. Des dizaines de soutiens de l'opposition ont également été interpellés.

L'ambassadeur britannique «choqué par les scènes au siège du MNU»

L'opération policière fait suite à la démission du premier ministre Giorgi Gakharia jeudi, qui a cité un désaccord au sein du parti au pouvoir concernant l'application d'une ordonnance judiciaire visant à placer Nika Melia en détention provisoire.

Le raid a suscité l'indignation de l'opposition et les avertissements des alliés occidentaux de l'ex-pays soviétique. «Choqué par les scènes au siège du MNU ce matin», a écrit l'ambassadeur britannique Mark Clayton sur Twitter. «La violence et le chaos à Tbilissi sont la dernière chose dont la Géorgie a besoin en ce moment. J'exhorte toutes les parties à agir avec retenue, maintenant et dans les jours à venir.»

Nika Melia a rejeté les accusations portées contre lui pour «organisation de violences de masse» lors des manifestations anti-gouvernementales en 2019, estimant qu'elles étaient de nature politique.

Inquiétude de la communauté internationale

L'ordre de d'arrêter Nika Melia a aggravé une crise politique qui sévit dans la nation du Caucase depuis les élections législatives d'octobre dernier. Les partis d'opposition ont affirmé que le scrutin avait été truqué après que le Rêve géorgien a revendiqué une courte victoire. Dans la foulée de la démission de Giorgi Gakharia, ils ont appelé à des élections anticipées.

La semaine dernière, les Etats-Unis et l'Union européenne avaient exprimé leur inquiétude face à cette décision d'arrêter un dirigeant de l'opposition, appelant le gouvernement géorgien à résoudre la crise de manière pacifique et à garantir que son système judiciaire reste libre de tout parti pris politique.

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