Toulouse : Ce que vous allez trouver derrière les murs de la sinistre prison Saint-Michel

Publié le par 20 Minutes par Hélène Ménal

PATRIMOINE Des plus grands criminels aux heures les plus sombres de l’Occupation, la prison Saint-Michel a abrité des pans de l’histoire de Toulouse. Son Castelet, rénové, ouvre pour la première fois ses portes au public 

La cours d'honneur du castelet de la prison Saint-Michel, à Toulouse. — Patrice Nin - Ville de Toulouse

La cours d'honneur du castelet de la prison Saint-Michel, à Toulouse. — Patrice Nin - Ville de Toulouse

  • Désaffectée depuis plus de dix ans, la prison Saint-Michel de Toulouse ouvre pour la première fois ses portes au public.
  • La mairie a rénové le Castelet, le bâtiment d’entrée, et en a fait un parcours mémoriel mêlant l’histoire pénitentiaire au souvenir de la Résistance toulousaine.
  • Le projet de transformer le reste du bâtiment en Cité de la Musique est toujours d’actualité.

La grande porte et la silhouette médiévale du bâtiment ne sont qu’un avant-goût. Qu’un préambule aux tristes histoires qu’ont renfermées les murs d’enceinte de la prison Saint-Michel, de la construction de l’édifice « en étoile à cinq branches » au XIXe siècle, à la « grande évasion », sous escorte, des détenus vers la nouvelle maison d'arrêt de Seysses en 2003, en passant par la détention et l’exécution des prisonniers politiques sous l'Occupation.

Jusqu’ici la célèbre prison avait gardé ses secrets, se contentant de faire fantasmer les passants et frissonner les enfants. Ce jeudi, pour la première fois, sa porte s’entrebâille. La mairie a décidé d’ouvrir à la visite*, gratuitement, le Castelet rénové : le bâtiment de briques roses de l’entrée, avec ses tours carrés qui constituaient à la fois l’antichambre de la prison et le QG de l’administration pénitentiaire.

Poteau d’exécution

On y rentre par la cour d’honneur, l’œil immédiatement attiré par le poteau d’exécution, qui est authentique, mais dont on ne sait s’il était vraiment placé là. « Des résistants ont été exécutés ici même par l’occupant allemand et ses complices français », rappelle Jean-Luc Moudenc (LR), le maire de Toulouse. Mais le Castelet n’est pas un simple rappel mémoriel. C’est aussi un véritable musée, interactif, et à cinq branches lui aussi. Histoire de l’administration pénitentiaire, témoignages de détenus, rappel des grandes figures historiques, on peut picorer dans chaque aile des grains d’histoire ou plonger plus profond grâce aux stylets tactiles (dûment désinfectés).

« Trois médiateurs sont présents en permanence, sur le modèle canadien de la maraude », précise Francis Duranthon, le directeur des Musées de la ville de Toulouse. Il évoque même un futur Escape game, particulièrement indiqué en ces lieux.

En attendant la Cité de la musique

Pour l’instant, la découverte se cantonne au Castelet, dont la mairie a obtenu la gestion pour 99 ans. Les bâtiments gris en arrière, les cellules désaffectées, la cour de promenade sont toujours propriété de l’Etat. Et le projet, évoqué pour la première en janvier 2014 par Jean-Luc Moudenc de transformer la prison en Cité de la musique est toujours d’actualité.

Le préfet et le maire sont désormais d’accord sur un prix : 5,5 millions d’euros. « Je souhaite que les discussions en cours [avec l’Etat et la Région] puissent aboutir de manière à ce que la métropole puisse acquérir la prison », indique Jean-Luc Moudenc. Le projet prévoit notamment un auditorium de 2.000 places pour l’Orchestre national du Capitole et un jardin public, « dans un quartier où il n’y a pas beaucoup d’espaces verts ».

* Du mercredi au dimanche de 11 h à 18 h.

Publié dans Articles de Presse

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article