Vente aux enchères d’objets nazis à Lyon, le parquet saisi par le Crif

Publié le par Le Point par Aziz Zemouri

Le 16 février, un commissaire-priseur doit mettre en vente des casques, dagues avec emblèmes nazis et masques à gaz datant des années 1930.

Le Crif s'oppose à la vente d'objets nazis à Lyon (Photo d'illustration). © NICK VEASEY/SCIENCE PHOTO LIBRAR / NVY / Science Photo Library via AFP

Le Crif s'oppose à la vente d'objets nazis à Lyon (Photo d'illustration). © NICK VEASEY/SCIENCE PHOTO LIBRAR / NVY / Science Photo Library via AFP

Une vente aux enchères d'objets ayant appartenu à des nazis doit être organisée par l'étude d'un commissaire-priseur lyonnais le 16 février. Selon le Crif qui a saisi le parquet de Lyon, par l'intermédiaire de son avocat David-Olivier Kaminski, sur 216 lots mis en vente, « 22 objets font purement et simplement l'apologie de crimes contre l'humanité ».

Des casques de la Luftwaffe, l'armée de l'air nazi, une dague fasciste avec son fourreau, un insigne de police de Vichy, un masque à gaz allemand de la Seconde Guerre mondiale « en très bon état, le chiffon est encore à l'intérieur » avec les poinçons du IIIe Reich, un lot comprenant des chants allemands, trois fascicules de chants allemands période Seconde Guerre mondiale et un journal illustré de Berlin daté août 1943, le tout en bon état.

150 ventes aux enchères par an

C'est un lanceur d'alertes juriste et amateur d'art qui a signalé les faits au Crif. Il écume les sites Internet de vente aux enchères. « J'achète beaucoup de tableaux et un jour je suis tombé sur des objets nazis. Depuis, je les débusque. Peu de sites pratiquent ces ventes par idéologie. Beaucoup d'entre eux recherchent un profit immédiat. À ma connaissance, cela se vend comme des petits pains. Les mises à prix sont bidonnées. J'avais l'intention d'acheter une étoile jaune et de l'envoyer à la justice, malheureusement, je n'en ai pas eu le temps. J'ai un total soutien de Serge Klarsfeld dans ma démarche. La justice, contrairement à la presse, est peu réactive alors que la loi réprime l'exhibition d'objets nazis, sauf exposition historique ou tournage de film, assimilée à de l'apologie. Demain, ils pourront vendre un four crématoire sans que la justice ne s'en émeuve. » Selon ce spécialiste, près de 150 ventes aux enchères de ce type ont lieu chaque année.

Le Code pénal réprime en effet le fait de « porter ou d'exhiber en public un uniforme, un insigne ou un emblème rappelant les uniformes, les insignes ou les emblèmes qui ont été portés ou exhibés soit par les membres d'une organisation déclarée criminelle en application de l'article 9 du statut du tribunal militaire international annexé à l'accord de Londres du 8 août 1945, soit par une personne reconnue coupable par une juridiction française ou internationale d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité ».

Grâce à l'action de ce lanceur d'alertes, plusieurs ventes ont pu être annulées ces dernières semaines. Une vente aux enchères d'objets ayant appartenu à des SS devait se tenir à Soissons le 9 janvier dernier, à Blois le 16 janvier et à Fécamp le 6 février. Le procureur de la République de Rodez a bloqué la vente aux enchères qui devait se tenir dans sa juridiction le 4 février. Il n'a pas hésité à saisir les objets nazis et antisémites.

Publié dans Articles de Presse

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